Recherches antérieures
L'étude bactériologique de Miss TUNNICLIFF a porté principalement sur des rats blancs qui présentaient une bronchopneumonie aiguë ou chronique, maladie dont HEKTOEN (6) a montré la fréquence et décrit les lésions variées. Chez 57 de ces rongeurs, sur 60 examinés, Miss TUNNICLIFF constatait à l'examen direct des préparations d’étalement des lésions pul-
(5) Ruth TunnicziFr : Streptothrix dans la bronchopneumonie des rats semblable à celui de la fièvre par morsure de rats, Journal of infectious diseases, 1916, t. 19, p. 767.
(6) KegTOEN : Tr. Chicago Path. Soc., 1916.
monaires ou du mucus bronchique, un organisme filamenteux, long, fin, droit ou onduleux, Gram négatif. Chez 24 rats normaux, les mêmes investigations demeuraient négatives. Fait plus intéressant, Miss TUNNICLIFF réussissait à isoler 20 fois par culture de fragments de tissu pulmonaire prélevés aseptiquement un streptothrix qui, par ses caractères morphologiques et culturaux, était identique au streptothrix muris ratti de ScHorTrMuLLER et de BLAKE. Ce streptothrix était obtenu en culture pure 13 fois. Chez 33 rats, les cultures demeuraient stériles.
La bronchopneumonie n’est pas une maladie spéciale aux rats blancs. Elle atteint également les rats sauvages. Miss TUNNICLIFF, examinant 28 rats sauvages, trouvait chez l’un d’eux les mêmes lésions pulmonaires et constatait la présence du streptothrix.
Se basant sur une augmentation du taux des opsonines et des agglutinines dans le sérum des animaux infectés, Miss TuNNICLIFF considérait que le streptothrix était l'agent étiologique de la bronchopreumonie des rats.
Dans la deuxième partie de son travail, Miss TUNNICLIFF étudiait le pouvoir pathogène du streptothrix sur le rat blanc. Elle s’adressait à de jeunes rats, auxquels elle inoculait 2 cc. de culture par voie intrapéritonéale. L’un d’eux mourait en 24 heures avec des lésions pulmonaires aiguës. Les cultures du sang et des poumons étaient positives. Un deuxième rat, tué le surlendemain de l’inoculation, présentait des lésions de pneumonie bilatérale, mais les cultures du sang du cœur et des poumons restaient négatives. Deux autres rats, sacrifiés le 6° et le 8° jour, présentaient des lésions pulmonaires discrètes. Le dernier rat, tué le 5° jour, avait des poumons normaux. En utilisant des rats adultes et en injectant des doses considérables de cultures dans le péritoine (20 ce. de culture sur bouillon ascite), l’auteur obtenait chez un rat une congestion aigu& et des hémorragies des poumons et de la plèvre. Le second rat demeurait normal.
Ces expériences l’autorisaient à conclure que le streptothrix était légèrement pathogène pour les rats, produisant fréquemment des lésions aiguës du poumon.
L'importance du travail de Miss TUNNICLIFF résidait surtout dans la preuve qu’il apportait du rôle joué par le streptothrix muris ratti dans l’étiologie des fièvres par morsure de
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rat. L'identité du germe isolé dans la bronchopneumomié des rats avec l’organisme trouvé par SCHOTTMULLER et BLAKF dans le sang de malades présentant une septicémie consécutive à la morsure du rongeur, autorisait les conclusions de l’auteur : « Comme la trachée des rats infectés est pleine de mucus contenant un grand nombre d’organismes, il est
facilement concevable que la morsure d’un tel rat puisse être infectante ».
Le point de départ du travail de Miss STRANGEWAYS est l’observation d’une maladie des souris de laboratoire, caractérisée par des signes d'infection générale et un gonflement des pattes, dont le stfreptobacillus montiliformis était bientôt reconnu l'agent responsable. Recherchant l’origine de l’infection, Miss STRANGEWAYS observait que la maladie frappait seulement les souris qui avaient été infectées avec un trypanosome (frypanosoma équiperdum). Cette trypanosomiase était transmise aux souris par l’inoculation de sang de rats eux-mêmes infectés. Ces circonstances étiologiques limitaient les hypothèses sur l’origine de l'infection : ou bien les souris présentaient une infection latente qui se développait sous sa forme virulente à la suite de l’infection trypanosomienne, ou bien les rats étaient les vecteurs du streptobacillus moniliformis qui était alors inoculé aux souris en même temps que la trypanosomiase.
L'hypothèse d’une infection latente chez les souris était bientôt écartée. Les souris non inocuiées ne présentaient pas l'infection bactérienne. Des souris normales mises en cohabitation avec une souris malade démeuraient bien portantes. La recherche du streptobacillus moniliformis par culiure du sang du cœur, du foie, de la rate, pratiquée chez 29 souris appartenant à deux lots différents était négative, alors que les souris des mêmes lots qui avaient reçu le sang de rats infectés de trypancsomes présentaient la maladie et mouraient au bout d’un temps plus ou moins long. Ces constatations permettaient de suspecter que la deuxième hypothèse sur l’origine de l’infection était la plus probable.
Miss STRANGEWAYS entreprenait alors une série d’expériences pour déceler le sfreptobacillus moniliformis dans
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l'organisme des rats. Elle établissait d’abord que les cultures du sang, du cœur, du foie, de la rate, du cerveau de rais normaux ou infectés de trypanosomes demeuraient stériles, et était ainsi amenée à incriminer le mode de prélèvement du sang à l’origine de l’infection bactérienne des souris. Le sang injecté aux souris était obtenu en provoquant une hémorragie nasale et buccale abondante consécutive à un coup violent porté sur la tête des rats, et pouvait ainsi être souillé lors de son passage dans le rhino-pharynx et la bouche des rats. Une première épreuve plaidait en faveur de cette manière de voir. Sur 15 rats dont le sang était recueilli par cette méthode et injecté à autant de lots de 30 à 40 souris, 9 étaient capables de provoquer l'infection bactérienne chez les souris. Par contre, l'infection due au streptobacillus moniliformis n’apparaissait que dans deux lots de souris sur onze qui avaient recu une injection de sang du cœur provenant d’autant de rats.
A la suite de cette première expérience, Miss STRANGEWAYS s’adressait à des rats normaux, non infectés par Trypanosoma équiperdum et inoculait à des souris d’une part le sang provenant d’une hémorragie buccale ou nasale, d’autre part le liquide, ou les cultures du liquide provenant d’un lavage du naso-pharynx pratiqué chez des rats asphyxiés par le gaz d'éclairage. Ces différents matériels étaient injectés à la souris par diverses voies : sous-cutanée, intrapéritonéale, au niveau des pieds. Un même matériel était inoculé à un lot de » souris.
Onze rats étaient sacrifiés en leur portant un coup violent sur la tête et leur sang inoculé à un nombre égal de lots de 5 souris. En outre, des cultures du sang de 4 des 11 rats étaient également inoculées à autant de lots de souris. Le sang et les cultures du sang provenant de 7 rats sur 11 étaient capables de provoquer l'infection bactérienne. Cette méthode des inoculations se révélait plus sensible que la méthode des ensemencements. En effet, les cultures du sang souillé des sécrétions rhino-pharyngées de 4 rats ne donnaient qu’un résultat positif, alors que l'injection du même sang de 3 de ces rats provoquait l'infection bactérienne chez la souris. À titre de contrôle, Miss STRANGEWAYS inoculait le sang du cœur de 7 rats blancs à autant de lots de souris sans aucun résultat.
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L’inoculation aux souris du liquide provenant d’un lavage du rhino-pharynx ou des cultures de ce liquide donnait des résultats superposables. L'expérience portait sur 14 rats. L'inoculation des cultures du liquide du lavage naso-pharyngé donnait deux résultats positifs par voie intrapéritonéale et un résultat positif par inoculation des cultures au niveau d’une patte. L'inoculation du liquide du lavage était moins rapidement mortelle et l’infection se développait dans cinq lots de souris. En résumé, cette méthode permettait de déceler le streptobacillus moniliformis dans Île naso-pharynx de 7 rats
sur 14.
D’autres expériences étaient encore pratiquées. Prenant 15 rats, dont 10 rats normaux et 5 rats infectés de tryÿpanosomes, Miss STRANGEWAYS inoculait d’une part à autant de lots de souris le liquide provenant du lavage du naso-pharynx, d'autre part à un nombre égal de souris le sang du cœur. Ces expériences complémentaires confirmaient les précédentes et permettaient de déceler 10 fois sur 15 le streptobacillus moniliformis dans le naso-pharynx et la bouche des rats, alors que les inoculations du sang du cœur ne donnaient
aucun résultat.
Toutes ces investigations avaient porté sur des rats blancs de laboratoire. La recherche du streptobacillus moniliformis dans le naso-pharynx des rats sauvages se révélait également positive chez 2 rats de ville sur 3, et sur 1 rat de compagne
Ie tableau suivant résume les investigations de Miss
sur 3.
STRANGEWAYS :
DESCRIPTION RSR DES RATS Rats blancs normaux. 11 id. 14 id. PRET Rats blancs infectés 5 par trypanosomes.
Rats sauvages. 6