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germes ou du passage d’un de ces germes dans le milieu sanguin à une phase préagonique, voire après la mort. Dans un certain nombre de cas, l’autopsie était pratiquée plusieurs heures après la mort, chez des souris en état de décomposition cadavérique et une faute de manipulation pouvait également être à l’origine de la souillure de la culture. Dans les expériences ultérieures nous avons remédié à la cause d’erreur que youvait entraîner une faute de manipulation en pra: tiquant l’ensemencement de plusieurs produits organiques. Nous avons pu ainsi obtenir des résultats positifs par culture de la rate, du foie, du rein ou d’un exsudat articulaire alors que l’hémoculture se révélait « souillée ».
Le mélange du sang de 3 rats ne nous permettait pas de savoir avec quelle fréquence ces animaux sont porteurs de germes. Cest pourquoi dans une deuxième série d’expériences, qui a porté sur 12 rats d’égout, 5 rats de campagne et 8 rats blancs de laboratoire, sacrifiés de la même façon que les précédents, nous avons prélevé isolément le sang de chacun de ces animaux, et nous l’avons injecté dans le péritoine d’une série de souris.
Voici les détails de ces recherches
Rats d'égout
Les 12 rats sacrifiés ont été pris dans des pièges tendus près des cages des animaux du laboratoire, du mois de juin au mois de septembre. Ces rats étaient en apparence bien portants et l’ensemencement du sang du cœur pratiqué chez quelques-uns d’entre eux s’est montré constamment négatif. Le sang obtenu par hémorragie nasale et buccale a été inoculé à 26 souris : 17 sont mortes ou ont dû être sacrifiées, 8 sont demeurées bien portantes et pendant un mois d’observation n’ont présenté ni tuméfaction des pattes, ni symptômes généraux de maladie, une a disparu. Sur les 17 souris mortes ou sacrifiées, 2 seulement ont présenté des signes de polyarthrite : la plupart sont mortes ou ont dû être sacrifiées dans les cinq jours qui ont suivi l’inoculation, et même
chez 6 d’entre elles, la mort est survenue en 48 heures. Nous avons pratiqué chez ces 17 souris l’ensemencement du sang du cœur, qui nous a révélé 14 fois la présence du streptobacillus moniliformis, 5 fois en association avec du staphylocoque, 9 fois en culture pure. Trois fois la culture du sang nous a révélé des germes variés, parmi lesquels toute identification était impossible. L’ensemencement de la pulpe hépatique pratiqué 9 fois nous a permis de déceler à 6 reprises le streptobacillus moniliformis, 2 fois en culture pure, 4 fois associé à du staphylocoque. La culture de la pulpe splénique nous a donné 7 résultats positifs, 4 fois en culture pure sur 10 ensemencements pratiqués. Nous avons ensemencé 5 fois la pulpe rénale et obtenu 3 fois un résultat positif, 2 fois en culture pure. L’exsudat ou le pus d’arthrite nous a servi 2 fois de matériel d’ensemencement et nous a révélé le streptobacille de LEvApITI, NICOLAU et PoIncLoux. Le fait le plus intéressant de ces recherches sur les rats d’égout réside incontestablement dans le résultat global des investigations qui démontrent que 11 rats sur les 12 sacrifiés étaient porteurs du streptobacillus moniliformis dans leur nasopharynx et leur cavité buccale.
Voici le protocole de ces investigations
Matériel et inoculation : Sang d’un gros rat d’égout obtenu par une hémorragie nasale et buccale et recueilli dans 1 cc. de citrate de soude au 1/10. Inoculation à 3 souris.
Souris 17 : reçoit 4/10 cc. par voie intrapéritonéale.
— Présente tuméfaction des pattes 9 jours après l’inoculation.
— Sacrifiée le onzième jour.
— Culture du sang du cœur : streptobacillus moniliformis en culture pure.
— Culture de l’exsudat articulaire : streptobacillus moniliformsi en culture pure.
Souris 18 : reçoit 4/10 cc. par voie intrapéritonéale.
— Présente tuméfaction des quatre pattes 9 jours après.
— Sacrifiée le neuvième jour.
— Culture du sang du cœur : streptobacillus moniliformis en culture pure.
— Culture du pus articulaire : streptobacillus moniliformis en culture pure.
Souris 19: recoit 4/10 cc. par voie sous-cutanée.
— Demeure bien portante après un mois d’observation.