Rôle du rat comme réservoir de virus
Le streplobacillus moniliformis est peut-être l’agent étiologique de la broncho-pneumonie des rats, comme tend à le prouver le travail ancien de Miss TUNNICLIFF, mais surtout Ü vit à l’état saprophyte dans le naso-pharynx et la bouche des rats sains. La fréquence de ce commensalisme du germe nous autorise à attribuer au rat le principal rôle dans la propagation de l'infection & l'homme, même lorsque celle-ci survient en dehors de toute morsure. I est infiniment probable que l'infection spontanée de la souris ne relève pas d’une étiologie différente de celle de la maladie humaine.
C. -- RECHERCHE DU SAPROPHYTISME DU STREPTOBACILLUS MONILIFORMIS DANS LE NASOPHARYNX ET LA BOUCHE DE DIVERS ANIMAUX ET DE L'HOMME
Poursuivant nos expériences, il nous a paru intéressant de rechercher si d’autres espèces animales que le rat étaient susceptibles d’héberger le streptobacillus moniliformis dans leur naso-pharynx et leur cavité buccale. Toutes les recherches poursuivies dans ce sens sont demeurées négatives.
Souris saine
Miss STRANGEWAYS, recherchant le streptobacillus moniliformis dans le naso-pharynx et la bouche des souris, n’a enregistré que des résultats négatifs. Nous avons pratiqué l’'ensemencement du sang souillé des secrétions rhino-pharyngées et buccales de 6 souris saines. Le sang recueilli dans 1/4 de cc. de citrate de soude, à sa sortie du rhino-pharynx, a été inoculé par voie péritonéale à autant de souris qui sont demeurées bien portantes. D’autre part, nous avons ensemencé en bouillon ascite le mucus pharyngé et le mucus trachéal de souris infectées. Les cultures demeurées à l’étuve pendant 48 heures ont révélé la présence de germes variés parmi lesquels il nous a été impossible de déceler le streptobacillus moniliformis.
Cobaye
Nous avons sacrifié 6 cobayes en leur portant un coup violent sur la tête. Le sang recueilli à sa sortie des narines dans
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[ cc. de citrate a été inoculé par voie péritonéale à autant de lots de 3 souris. Sur les 18 souris inoculées, 4 seulement sont mortes, mais les cultures du sang du cœur et des viscères ne nous ont pas permis de découvrir le streptobacillus moniliformis. Les autres souris sont demeurées bien portantes.
Loir
Un loir a été sacrifié de la même façon que les rats et les cobayes, et le matériel recueilli a servi à l’inoculation intrapéritonéale de 3 souris qui sont demeurées bien portantes.
Furet
Le sang souillé des secrétions rhino-pharyngées de cet animal a été inoculé par voie sous-cutanée à 3 souris, et par voie péritonéale à 3 autres souris. Parmi ces dernières, 2 sont mortes en 24 heures d'infection polymicrobienne, mais sans streptobacillémie apparente à la culture du sang du cœur. Les 4 autres souris sont demeurées bien portantes.
Chat
Nous avons badigeonné le pharynx et les narines de 5 chats à l'aide de porte-cotons préalablement trempés dans du sérum physiologique. Nous avons fait barbotter les portecotons pendant 10 minutes dans 1 cc. de sérum physiologique. Chacune des solutions de sérum a été inoculée par voie péritonéale à autant de lots de 2 souris. Sur les 10 souris inoculées, 6 sont mortes en 48 heures, 2 ont survécu 10 et 16 jours, enfin 2 sont demeurées bien portantes après un mois d’observation. Les cultures du sang du cœur et des viscères des souris mortes en 48 heures ont révélé la présence de petits cocci-gram négatifs en amas et en chaînettes. La souris morte le 10° jour présentait une septico-pyohémie à streptocoques avec abcès dans les poumons, la rate et le foie. Aucun prélèvement n'a pu être pratiqué chez la souris morte le 16° jour.
Nous avons pratiqué un prélèvement naso-pharyngé chez 2 chiens et inoculé à 4 souris les solutions salées dans lesquelles avaient barbotté les porte-cotons. Des 4 souris, 2 sont demeurées bien portantes ; les 2 autres sont mortes le 8- et le 14° jour d'infection streptococcique avec déterminations viscérales.
Ces résultats négatifs d’investigations malheureusement trop restreintes montrent l'impossibilité de découvrir le streptobacillus moniliformis dans le nasopharynx et la bouche des espèces animales suivantes : souris, cobaye, loir, furet, chat, chien. Il n’est pas impossible néanmoins que d’autres animaux, des rongeurs en particulier, puissent être des porteurs sains du germe. Nous avons déjà signalé que SCHOTT- MULLER a décrit un streptothrix taraxexi cepapi isolé chez un malade présentant une fièvre par morsure d’écureuil, que Dick et TunNiczirr ont isolé chez un enfant mordu par une belette et atteint d’affection fébrile, un streptothrix putorit. La recherche des germes saprophytes du rhino-pharynx et de la bouche de l’écureuil et de la belette aurait pu nous fixer sur les rapports de ces gerimes avec le streplobacillus moniliformis. Seules les difficultés rencontrées pour nous procurer ces animaux ne nous ont pas permis de pratiquer ces investigations. L'identité des germes décrits par SCHOTTMULIER el par Dick et Tunniczirr avec le streptobacillus moniliformis reste douteuse, et le rôle de l’écureuil et de la beletie dans la transmission à l’homme de infection strepiobacilla re demeure hypothétique.
Nous avons complété nos investigations par la recherche du streptobacillus moniliformis dans le pharynx de l’homme. Nous avons pratiqué dix prélèvements pharyngés chez des malades convalescents d’affections diverses et inoculé le sérum dans lequel avaient barbotté les porte-cotons à autant de souris. Parmi celles-ci, 5 sont demeurées bien portantes.
Les autres sont mortes en moins d’une semaine, 2 de pneumococcie, 83 de streptococcie.
Les résultats également négatifs des prélèvements pratiqués chez l’homme malade à Haverhill ne nous permettent pas de penser que le streptobacille de LEVADITI puisse être un saprophyte du naso-pharynx de l’homme.