EVOLUTION DES SYMPTÔMES CUTANÉS
Le plus souvent le rash précoce est unique. Dans quelques cas, il peut récidiver. Cette évolution récidivante des manifestations cutanées est relatée dans trois observations (LEVA- DITI, NICOLAU et PoINcLOUX, TEISSIER et ses collaborateurs, SCHARLES et SEASTONE). L'apparition de nouveaux éléments coïncide généralement avec une exacerbation thermique.
La durée des manifestations cutanées est ainsi très variable. Le plus souvent l’éruption est assez fugace puisqu’elle demeure en moyenne six jours et peut disparaître, dans certains cas, en un à deux jours. Elle peut cependant persister quinze jours, trois semaines, quand de nouveaux éléments éruptifs apparaissent. On observe alors une p'gmentation brune et terne qui peut demeurer pendant deux à trois semaines. Une fine desquamation survient dans environ 20 % des cas (PLACE et SUTTON). « Elle est découverte à l’extrémité distale &es avant-bras et des jambes, et dans plusieurs cas elle est abondante au niveau des mains et des pieds. Elle survient quand l’éruption pâlit et accompagne la pigmentation ». Dans l’observation de TEISSIER, RIVALIER, REILLY et GARNIER, elle est tardive, constatée le vingt-huitième jour de la maladie, et prédominante au siège des éléments vésiculeux.
Cette description des signes cutanés montre que l’exanthème de l'infection à streptobacillus moniliformis est bien
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particulier : il est précoce, revêt un type le plus souvent morbilliforme, demeure localisé ou prédominant aux faces d'extension des membres, ou autour des articulations. Il constitue un des meilleurs signes de la maladie. Néanmoins, son absence ne permet pas d'éliminer l'infection streptobacillaire, puisqu'il peut manquer, comme nous l’avons noté dans notre observation.
Les symptômes articulaires
Les manifestations articulaires au cours de la maladie sont remarquables par leur fréquence, leur sévérité, leur ténacité. L’atteinte des jointures constitue le symptôme le plus pénible, le plus durable de la maladie.
FRÉQUENCE
A Chester, comme à Haverhill, l’atteinte des articulations apparaît comme un des traits caractéristiques de la maladie épidémique. Dans cinq cas sporadiques, les manifestations articulaires tiennent également une grande place dans la symptomatologie.
DATE D’APPARITION
Les manifestations articulaires apparaissent après les symptômes cutanés. Leur début coïncide le plus souvent avec la réascension thermique. D’après les constatations faites à Haverhill, par PLACE et SUTTON, leur date d’apparition s’échelonne du deuxième au treizième jour de la maladie, avec un maximum de fréquence vers le quatrième et le cinquième jour. Les symptômes articulaires débutent le quatrième jour dans l’observation de LEVADITI, NICOLAU et PorncLoux ; le septième jour dans l’observation de TEISSIER, RIVALIER, REILLY et GARNIER ; le sixième jour dans le cas rapporté par SCHARLES et SEASTONE. Les douleurs dans les jointures sont précoces dans l’observation de HazarDp et GoopkiNp, dont le début est assez imprécis, et constituent
le symptôme qui amène le malade à se faire hospitaliser, Chez notre malade, c’est à partir du dixième jour que commence à se manifester l’atteinte articulaire : successivement le coude et le poignet droits, le coude et le poignet gauches, puis toutes les articulations des membres deviennent douloureuses en quelques jours. Ces symptômes articulaires, en l’absence de signes cutanés, représentaient les premiers symptômes objectifs de la maladie.