‹ Les Septicémies à Streptobacillus moniliformisChapitre 70 sur 95 · SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES

Le caractère principal des arthrites est la douleur. Elle est presque toujours très vive, parfois atroce. Les douleurs siègent au niveau de l'articulation elle-même, mais se propagent également à distance le long des gaines synoviales et de la diaphyse osseuse. Elles sont spontanées, mais surtout réveillées et exagérées par la pression et par le moindre mouvement spontané, ou provoqué. Les calinants! usuels (aspirine, pyramidon) ont peu d’action. Le salicylate de soude intraveineux pratiqué chez notre malade n’atténue que modérément ces algies.

L'impotence fonctionnelle accompagne les douleurs et les articulations malades sont immobilisées dans les attitudes de relâchement des muscles et des capsules articulaires.

L'examen des articulations dans un certain nombre de cas est pauvre en symptômes objectifs. Il n’existe pas de tuméfaction appréciable. La peau, en dehors des éléments propres aux manifestatoins cutanées, n’est pas rosée. On ne constate pas d’augmentation appréciable de la chaleur locale. Le palper seul permet de localiser des points douloureux tant au niveau des régions périarticulaires, qu’au niveau même des surfaces articulaires.

Dans d’autres cas les signes d’arthrite sont plus manifestes : l’article est tuméfié, la chaleur locale est augmentée, la peau ne présente pas cependant de modifications de coloration. Au palper, on décèle en certaines occasions une induration des téguments. Les points douloureux présentent les mêmes sièges périarticulaires et articulaires. Enfin on peut mettre en évidence, au niveau des grosses articulations, l’existence d’un épanchement articulaire plus ou moins important. Au niveau du genou, le choc rotulien peut être décelé. Ce symptôme est rapporté six fois à Haverhill, dans l’observation de HazaRD et GoopkiNp, et dans notre cas personnel.

La ponction permet de retirer un liquide de couleur jaune Paille, d’aspect nuageux, riche en fibrine et coagulant rapidement. L’examen cytologique révèle la présence exclusive de polynucléaires neutrophiles : 8000 par mm dans le liquide articulaire retiré de la tibio-tarsienne par SCHARLES et SEASTONE. L’examen direct ne permet pas de déceler la présence du germe, mais en deux occasions, à Haverhill, dans le cas rapporté par SCHARLES et SEASTONE, la culture a permis de mettre en évidence Haverhillia multiformis.

L’examen radiologique des articulations malade révèle des altérations légères et apparemment insignifiantes au niveau du cartilage et au niveau de l’os. Le film d’une arthrite du genou au 26° jour révèle à PLACE et SUTTON un aspect irrégulier de la surface articulaire supérieure du tibia, et une

image d’érosion du bord du condyle externe. Un cliché du même genou pratiqué le 3% jour de la ‘1aladie montre une accentuation de la destruction osseuse du condyle externe. Chez un autre malade l’examen radiologique d’une articulation au 35° jour de la maladie est normal.

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