EVOLUTION
Ces manifestations pharyngo-laryngées pénibles ont une durée variable. Quelquefois passagères, elles peuvent, dans quelques cas, demeurer durant toute l’évolution de la maladie. PLACE et SUTTON notent leur persistance de un à vingt-cinq jours, en moyenne pendant six à sept jours. En réalité, elles peuvent être plus tenaces, c’est ainsi que dans l’observation de LEVADITI, NICOLAU et PoiINcLoux, la pharyngalgie prolonge la convalescence de cinq semaines. Elle est d’abord continue, puis discontinue. Chez notre malade, les signes pharyngés persistent pendant six semaines, présentant assez peu de variations. Les signes laryngés sont beaucoup moins tenaces et s’atténuent en général au bout d’une semaine.
L'existence de ces symptômes pharyngo-laryngés pose le problème de leur nature microbienne. Les résultats des ensemencements de gorge pratiqués n’ont pas permis de mettre en évidence le streptobacillus moniliformis dans le pharynx des malades. PLACE et SUTTON, chez 17 malades, n’ont isolé que des staphylocoques, des pneumocoques, des streptocoques. ARMSTRONG, au cours de l’épidémie de Chester, chez 18 malades qui présentaient un mal de gorge plus ou moins intense, a décelé dans 61 % des cas un streptocoque qui présentait d’ailleurs des variations considérables dans son pouvoir hémolytique. Hazarp et GoopKkiINb n’ont découvert que des germes banaux : streptocoques « viridans », pneumocoques, staphylocoques.
Les symptômes viscéraux
La fièvre, l’exanthème maculeux ou polymorphe, la polyarthrite, les signes pharyngo-laryngés constituent toute la Symptomatologie de la maladie.
HET
L'examen systématique des différents appareils est pauvre de constatations
CŒœuUR :
Les bruits du cœur demeurent normaux ou peuvent être légèrement assourdis comme chez notre malade. À Haverhill, PLACE et SUTTON relèvent quatre fois l’existence d’un souffle à l’auscultation. Chez trois malades, il s’agissait d’un souffle fonctionnel et dans le quatrième cas, le souffle témoignait d’une lésion orificielle constituée antérieurement. Ces auteurs n’ont pas noté d’élargissement de la matité cardiaque.
Nous avons signalé par ailleurs la lenteur relative du pouls, l’hypotension artérielle légère. La fréquence des lésions du myocarde au cours de l'infection expérimentale de la souris nous autorise à penser que ces signes témoignent vraisemblablement d’une même atteinte chez l’homme.
POUuMONS :
L’auscultation des poumons révèle rarement des symptômes de bronchite (PLACE et SUTTON). Deux malades de lépidémie d’Haverhill ont présenté des symptômes de pneumonie pendant l’évolution de la maladie. Il s'agissait vraisemblablement d’infection secondaire.
FOtE :
Le foie demeure de volume normal, n’est pas sensible. Dans Pobservation de Hazarp et Goopxinp, le foie déborde de quatre travers de doigt le rebord costal, mais le malade est un Cthylique avéré. Le subictère des conjonctives n’est signalé dans aucune observation. Les urines peuvent cependant contenir de l’urobiline.