ORGANES SENSORIELS
Nous avons déjà signalé que la photophobie est rapportée dans quelques observations au début de la maladie. Elle est isolée, ne s'accompagne d’aucune manifestation oculaire objective.
PLACE et SUTTON ont observé une otite moyenne, mais l'examen de l’exsudat auriculaire ne révélait pas le streptobacillus moniliformis.
En somme, l’examen des différents organes se révèle négatif. Néanmoins la connaissance de lésions du myocarde dans la maladie expérimentale montre l’intérêt d’une surveillance
attentive du cœur, d’autant plus que LEvaprrr et ses collaborateurs ont également relevé chez l’animal des lésions de l’endocarde.
Les signes hématologiques
Les numérations globulaires ne montrent qu’une faible diminution des globules rouges. PLACE et SUTTON ont examiné le sang de vingt-trois malades d’Haverhill. Les chiffres extrêmes relevés sont 3.728.000 et 4.456.000. Le chiffre moyen est de 4.000.000.
Le taux d’hémoglobine varie de 65 à 95, et sa moyenne est de 80. La valeur globulaire est donc normale.
La numération des éléments blancs et le pourcentage leucocytaire ne donnent pas, d’après PLACE et SUTTON, des renseignements très particuliers. Ces auteurs donnent les chiffres suivants comme correspondants à une formule moyenne :
Globules blänestin mr sie s RTE RÉCENT 11.500 Polynucléaires neutrophiles ............ e 70 Polynucléaires éosinophiles .............. 2 Polnucléairembasophiléss eg". ue. 1 LUDO YO SR UN ON ME RdnoN à Eroee eue ere 21 GrAndSAMONDCNEEs ANNE rer een Le. (
Les chiffres extrêmes à la numération des éléments blancs sont 5.680 et 18.800. Le nombre des polynucléaires varie entre 62 et 86 % ; le nombre des monocytes de 4 à 6 % ; J’éosinophilie est de 0 à 6 %. Les éléments basophiles sont rares : de 0 à 2 %.
Dans d’autres observations, l’hyperleucocytose et la polynucléose neutrophile apparaissent beaucoup plus nettes. Dans le cas rapporté par Dopp», le chiffre des globules blancs est de 14.000. TEISSIER, RIVALIER, REILLY et GARNIER trouvent
chez leur malade 12.500 globules blancs, une polynucléose
neutrophile à 85 %. Chez notre malade, des examens successifs ont permis de relever les chiffres suivants : 14.000 leucocytes et 88 % de polynucléaires neutrophiles, 14.000 leucocytes et 78 % de polynucléaires neutrophiles, 24.000 leucocytes et 80 % de polynucléaires neutrophiles, 20.000
leucocytes et 76 % de polynucléaires neutrophiles. À l’inverse, dans une autre observation, celle de HazArp et GOODKIND, l’hyperleucocytose est très légère : 9.600 globules blancs à un premier examen et 10.500 à un deuxième examen : la polynucléose neutrophile est de 66 %.
En somme, le syndrome hématologique peut être résumé de la façon suivante : peu ou pas d’'anémie, hyperleucocytose souvent modérée avec polynucléose neutrophile et parfois persistante des éosinophiles.
PLACE et SUTTON, d'autre part, font remarquer que la formule sanguine varie peu d’un bout à l’autre de l’évolution de la maladie. ScHARLES et SEASTONE ont pu pratiquer chez leur malade quatre numérations globulaires et les résultats donnés montrent qu’en réalité l’équilibre leucocytaire se modifie aux différentes étapes de la maladie.
__ Phase d’invasion (premier jour de la maladie) :
Globules Mb lANCS EE EEE CEE 18.400
Polynucléaires neutrophiles ............ 85 Polynucléaires éosinophiles ............. 0,5 Lymphocyies Pere RER EE EEE 7,5 MOnOCy LES RE eR R EEE LEPASE STE 6,5 Myélocytes nn re ner DORE RS PRE 0,5 __ Période de rémission thermique (du % au 6° jour) Globules = blanes 2 ee RAR RER EEE 9.700 __ Lors de la réascension thermique (6° jour) Globülésablanes et RAM LEE TARA 15.600 Période des manifestations articulaires :
Globtleskbhlanes C2 FRE 14.000 et 18.000
Dans cette observation, l’hyperleucocytose demeure un témoin plus fidèle du processus infectieux que la température : elle persiste pendant l’évolution des manifestations articulaires, alors que la température est tombée à la normale.
Durée de la période d'état et évolution
La durée de la période d’état des septicémies à streptobacillus moniliformis est variable. Elle est fonction de la persistance des symptômes généraux. Dans les cas les plus
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favorables, l’apyrexie est observée au bout de douze jours
(observations de LEVADITI, NICOLAU et PoINcLoUx de SCHARLES et SEASTONE). Dans les formes sévères, la phase fébrile de la maladie est beaucoup plus longue. Elle dure un mois dans l’observation de TEISSIER, RiIvVaLIER, REILLY et GARNIER, cinq semaines dans l'observation de Hazarp et GGopKkiND. Dans le cas que nous rapportons, le retour de la température à la normale n’est observé qu’au bout de six semaines de maladie et semble avoir été heureusement influencé par une injection intraveineuse d’argent colloïdal. En règle la chute de température est progressive, en 1ysis, s’accompagne de latténuation puis de la disparition des difrérents symptômes généraux. La langue se dépouille de son enduit saburral. Le taux des urines augmente.
L’évolution des différents symptômes observés au cours de la maladie n’est pas toujours parallèle à l’évolution du syndrome infectieux. Nous avons vu chemin faisant que les signes cutanés d’apparition très précoce sont fréquemment transitoires. Le rash unique disparaît en moyenne en six jours. Il peut récidiver, l’exanthème persiste alors autant que dans le syndrome infectieux. La desquamation apparaît ainsi tantôt comme un symptôme de la période d’état, tantôt comme un signe de la convalescence. Les manifestations pharyngo-laryngées inconstantes sont capricieuses dans leur apparition, dans leur durée et toute schématisation de leur évolution demeure impossible. Quant aux symptômes articulaires qui dominent la scène clinique, ils ont une évolution fréquemment prolongée, tenace, persistant dans âe nombreux cas au delà de la phase septicémique de la maladie.