‹ Les sépultures de l'église Saint-Remi de ReimsChapitre 1 sur 2 · REIMS · texte numérisé non relu

REIMS

Obcb BRISSART, Libiaiiioi la Sociiri oBtBiiLiopHiLcs Il DCCC \UI,

BEIMS.— L JACQUET, IMPRIMEUR.

'église Saint -I\eiiii Ae Reimê, cette ancienne basilique ^ dont le nom se rattache anz premiers jours de notre histoire , allait périr « quand la main protectrice du goUTcrnement est Tenue soutenir ses murs chancelants. Aujourd'hui Saint-Remi se relèfe* et les flèches de ses clochers remontent au ciel| ses admirables soûles, son cloître à deux étages, prêts à s'écrouler , se consolident et abritent de nouveau le riche qui s'humilie défaut Dieu, et le pauvre qui lui demande secours.

La main de lliominc détrait TÎte ; il faut de longues années , des sommes considérables pour remédier aaz déTasta lions d'un jour : il en est sur lesquelles on pleure et qu'on ne rc'pare pas , parce que, pour y parvenir , il faudrait faire à l'impôt un large emprunt : et , à une époque oà l'on demande à chaque dépense proposée : A quoi sert*ellc? que rapportera- 1 elle? il faut être sobre de réparations qui ne seraient faites que pour plaire aux beaux- arts.

Cependant le travail que je publie a pour but de provoquer des réédîGcations qui ne peuvent se faire par miracle.

Je voudrais voir les anciennes sépultures de Saint-Remi sortir du néant auquel les a coudamnées le vandalisme révolutionnaire. Ce que je demande , ce n'est pas de faire revivre le mausolée thaumaturge ou la statue qui faisait des prodiges; ce que je veux, c'est que les monuments de l'histoire que nous avaient transmis

nos pères, f oient par nous remis à nos descendants; ce qae je tcujl, c'est que la reconnaissance, des nations ne se demande pas si les services qu'on leur a rendus sont déjà loin d'elles, pour les oublier froidement, dans le cas oh. des siècles auraient déjà passé sur la tombe de leurs bienfaiteurs. RelcTer la pierre tumnlaire d'un homme qui a bien servi son pays , c'est payer une dette sacrée, c'est encourager les générations présentes à les imiter , c'est leur promettre qu'un jour aussi la mémoire du bien qu'elles feront sera pieusement conservée. Mon , ce n'est pas là une dépense inutile : elle doit rapporter quelque chose à la patrie. L'ingratitude et Hudifférence tuent l'émulation , étouffent le désir de bien faire. Ma pensée est celle qui fit ouvrir le Panthéon dans une autre siècle: c'est elle qui, de nos jours, a fait du palais des rois l'asile de toutes les gloires nationales.

Humbles enfants de saint Benoit, vous qui avez donné au monde tant de savants , tant de sajges

philosophes, tant de princes de fEgUse; irons qni avei ouTert les iroûtes de tos cloîtres aux arts, ans sciences et aux lettres, je Tondrais Tons Toir élever le monument qui tous est dû. Les serrices par TOUS rendus à la civilisation sont toujours \h, debout et viTants; qu'une pierre surgisse, décore Totre antique église, et raconte aux voyageurs Tos noms , vos titres à la reconnaissance pu« bHque.

Réédifier les monuments qui enstaient à Saint- Rcmi , en ériger un h la mémoire de tous les Bénédictins qui ont fait la gloire du vénérable monastère , et que la volonté du ciel fil mourir loin des bords de la Vesle , voilà mon double but.

Occupons-nous d'abord des anciennes sépuU tnres.

Saint-Remi, dont le toi fut un cimetière dans les premiers si^les de l'ère chrétienne, a con»

•crfé les traditions de son origine : la piocLe du fossojeur depuis quinze cents ans n'a cessé de remuer cette terre, qui n'est que débris de corps humains ; chaque époque , chaque siècle a m ses morts descendre sous les dalles de ce noble monastère.

Là dorment côte à côte des saints et des soldats; des rois» des reines , des princes, des princesses, des bourgeois et de simples artisans, des archcTêqucs et des moines, des grands prieurs et de modestes ecclésiastiques.

Cette terre funèbre a tant de fois été remuée pour donner aux nouyeauz Tenus la place de leurs devanciers , tant de fois elle s'est prêtée aux changements éprouvés par l'édifice luimême , que de nos jours la trace des tombes les plus illustres a disparu d'une manière complète.

Aujourd'hui que la main de l'oumer repasse sur celte terre d'ossements en poudre, faisons un

dernier appel au passé, interrogeons encore une fois ces mines tamalaires et demnndons-leor leur date et leor nom.

L>es auteurs qui ont écrit sur Saînt-Remi ont parlé de ce champ de funérailles comme si sa surface dcTait être éternelle , comme si Ton devait toujours Toir après eux le spectacle qui les avait frappés. Souvent on sourit en voyant l'homme décrire le monument qu'on vient d'achever . et l'artiste copier des lignes d'architecture encore vierges , des murs que le temps et le climat n'ont pas encore noircis. Un jour viendra cependant où l'historien, l'archéologue ^ l'ami des arts, l'homme religieux béniront celui qui a travaillé pour l'avenir. La vénérable église de Saint-Remi, visitée tant de fois et depuis si longtemps, n'a trouvé personne jusqu'au jour de sa profanation qui ait pris la peine d'en lever le plan et de reproduire les mille détails qui formaient les pages de son histoire. Des descriptions incohérentes , des descriptions confuses ,

parfois contradictoires, voilà les matériaux k l'aide desquels il faut reconstruire le passé.

Si le monastère de Saint- Rémi n'eût été < ntre les mains des Bénédicdus, on eût pu supposer que , par mépris pour les choses de ce monde , les moines auraient laissé périr des monuments, des épitaphes qui n'auraient été que les dernières exigences de l'orgueil et de la vanité ; mais les enfants de saint Benoit, savaient mieux que personne, de quel secours sont pour l'histoire de pareils souvenirs. Aussi, dans le siècle dernier, on leur reprochait la négligence avec laquelle ils entretenaient et laissaient même disparaître les tombes de leurs bienfaiteurs, de leurs frères, des hommes illustres qui dormaient près d'eux du sommeil étemeL Cette imputation avait , il faut le reconnaître , quelque chose de fondé. Dom Ghastelaio,dont nous avons maintes fois consulté les, manuscrits a voulu défendre ses frèi'es contre cette grave accusation : mais de sou ouvrage même résulte la preuve de cette insouciance, aussi nui-

lO

sible aux mouniDeals de l'art et de riiiattoûrc que le marteaa qui brise ou la flamme qui dévoie.

Dom Chastelama fait it^|i»z cpie^défendlre une maoTai»o cause , il a tooIq réparer le pahsé; il'a réani des notes tar tout ce qui exktail encore k .la fin du siècle dernier; il a recueilli les souvenirs de ceux qui Tentouraient sur les objets qu'aucun d'eux n'avait tus ; il a fait ce qu'on aurait dû faire dans cliaque siècle , et si ce dernier témoin de la gloire du vieux Saint-Remi n'eût suivi qu'un exemple donné par ses devanciers , l'on ne cher* cherait ))lus aujourd'hui au milieu des décombres la place où dorment nos rois et les pères de l'église gallicane.

Les circonstances, je l'avoue, ont singulièrement facilité les pertes que nous déplorons ; le sol do la sainte basilique a subi des révolutions de tous les genres et à toutes les époques.

Saint Rémi mourut vers 53o , et fut inhumé

dans réglise Siûul-Ghrislophe. C'était. une petite cbapellfl élevée but an cimetière, entourée de sépultorea antiques qui remontaient aux premîen jours àvL cliristianâime en France, et peut-être ao^'deU.

En 655 on démolit cette chapelle ; on élera sur ion emplacement un plus vaste édifice , qui devint l'église Saint>Reim. Une partie du champ funèbre entra dans l'enceinte sacrée : déjà furent changées les positions respecUves des tombeaux ; déjà l'ouTrier et l'architecte durent en détruire un certain nombre.

En 85a , Hincmar donna à l'église une face nouvelle, et y fit faire de grands travaux : le champ du repos fut encore remué; les cendres, les ossements durent se mêler; et, pour la seconde fois, Ja confusion put s'introduire dans ce royaume des morts.

L'églbe se faisait vieille , et, en ioo5, quand

on crut (trc sûr qau le monde n'allait pas finir, l'abbé Airard fil démolir la basilique pour la réédifier sur un plan immense. 11 commença cette Taste entreprise, et son début dut couvrir de mines les pierres tumulaires qui se trouvèrent sans toiture ; les unes furent brisées et disparurent, les autres purent être mises h l'écart jusqu'à nouvel ordre. Furcut-olles replacées là où les cendres qu'elles recouTraieul les attendaient eu silence? Qui peut le dire?

L'abbé TLierry, effrajé du gigantesque dessein d'Airard , comprit qu'on ne pouvait le mettre à fin. 11 fit démolir partie de ce qui était fait, et recon^truîsît l'édifice dans des proportions pins modestes. 11 fut consacré en io49 * encore des changements, des bouleversements dans le sol.

C'est à peu près à cette époque qu'on entend parler, pour la première fois, de la belle mosaïque qui décorait le pave du cbœur et du sanctuaire de Téglise. Nous cbcrcherons à en donner une idée plus loin.

SdÎTaDt lo8 uns, elle fut faîte ou réparée en 1090 par Wido moînc et religieux de Faint ftemi ; suivant les autres , elle fui composée par Tordre de Tabbé Odon, qui mourut en 1 ]5i. La France Uftéraire (lom. 13, pag. a34 ) adopte celle dernière opinion. Je ne cherche pas ici h vider celte importante cpestion; mais je constate un fait, c'est qne, pour créer ou réparer la mosaïque, on fit disparaître toutes les tombes élevées, sculptées en saillie et ornées de figures qui se trouvaient dans le chœur et le sanctuaire^ On les remplaça plus tard par des pierres plalrs, sur lesquelles on remit les épilaphes, et qu'on incrusta dans la mosaïque. Elles durent gôner les lignes et les dessins tracés par l'artiste. Les remit-il juste au lieu où elles devaient être, ou plutôt ne chercha* t-il pas à ménager son œuvre? Ce quil y a de certain , c'est que l'aspect du chœur et du sanctnaîre fut changé complètement.

En 1170, Pierre de Celles, abbé de Saint- Rémi, refit le portail, releva le rond -point , et

fit 1« tour des diapc^ltt. U fai CaDoi eaeore nmaer le fol : ce f ut cftooic ase a cw i w Bre casse de pertes , d'eman el de c— fiMÎoa.

Pendant pcèt de «pntn. âècks on fit pea de changements an monn a nU qni maam iMrape^ et les cendres des morts pnmit ae r rpn a rr sans être troubléen.

En 1678, on ékfa , ii l'entrée dn clMBor, nn jubé qui fut modifié et même remplacé en 1649* il avait dooxc pieds de profondeur : il faUnt en jeter les fondations , et malhenreosement on les assit près du point où saint Rémi avait été înhumé la première fois ; c'était, dans l'orig^e sortoul, la place dlionnenr dans l'église, la |Jaee enviée par tous les illustres mourants ; c'était ti qu'étaient venus se ranger les archevêques successeurs de saint Rémi , les abbés et les grands prieurs du monastère. Des épitaphes historiques, d'illustres tombes furent déplacées et brisées ^ cette occasion.

Eu 1610, on consliiiisU lu graïul auld. En 1725, on réédifîa une partie de l'église, qui tombait en ruine. En 1735, on plaça des stalles dans le chœur; en 1737, on l'entoura de grilles. Au milieu de toutes ces réparations, les souvenirs s'altéraient , les traditions s'effaçaient : on perdait la mémoire des distances , des positions relatives des monuments funèbres.

En 1756, on creusait au milieu de la nef le caveau destiné aux moines, et il fallut détruire encore des tombeaux et des plus curieui.

On ne donne pas un coup de piocke h Saint- Rémi , sans découvrir une épitaphe historique un débris de mausolée, souvent très-ancien ; et presque toujours l'inscription » le marbre mis au jour étaient enfouis depuis long-temps , et par suite entièrement oubliés. Ce qui est de tout temps arrîvét arrive encore au^urd'bui : depuis quelques mois, depuis quelques jours, des objet»

1\ JOft-

depuis huit cents ans» comme des pierres tumn* laires placées sur la cendre de grandes princesses, de prélats et de moines dont le nom était tombé depuis long-temps dans l'oubli » étaient nécessairement noisibles au bonheur du peuple , il se hâta de les briser la première fois qull eut la permission de pourvoir lui-même à sa félicité. Les tombes furent presque^ toutes violées s et , comme pour anéantir les noms et les dates, les dalles furent dispersées: les pierres chargées dlnscription devinrent des matériaux, l'église devint un manège, et pour les besoins de l'industrie qui l'envahit, on arracha tout ce qui couvrait le sol. Lorsque plus tard le clergé rentra sous ces voûtes profanées , il marcha sur un terrain brisé, broyé , sur des débris sans forme et des ossements sans nom.

Chercher à triompher de toutes ces difficultés* vouloir indiquer avec précision la place) de chacun, serait tenter llmpossible et Dlenseul le poavrait : il ne faut demander aux hommsi ({oecocpii est èi la portée de leurs efforts. a

Des manuscrits ont été étudiés , les historienB ont été consultés^ des fouilles ont été faites, des souvenirs ont été recueillis : aujourd'hui je publie le résultat de toutes ces recherches.

Il est des points sur lesquels j'ai trouvé tout le inonde d'accord : il en est d'autres sur lesquels règne une obscurité que je n'ai pu dissiper.

J'aurais touIu pouvoir donner une liste complète des personnes inhumées à Saînt-Remy, surtout de celles qui pouvaient espérer que leur mémoire serait conservée ; je n'ai pu faire ce cfue je désirais. Je me suis donc borné à réunir les faits à peu près certains et à grouper les noms suivant leurs classes sociales.

Les familles bourgeoises de Reims couvraient le sol de Saiut*Remy et ses environs de leurs pierres funéraires : elles avaient fourni an monastère grand nombre de religieux qui en avaient fait l'honneur.

On lisait sur les dalles de Feglise , sar les mars du dollre, dans le cimetières de la paroisse les noms des Moët, annoblis par Charles tu; des Gauchon, des Golbert, des Ravineau, des Levêques» des Âiigier, des Cocquault, des Noël, des LespagQol, des Ghevalier, des Soain , des de Launois* des Coquebert, des le Paige, des Bourgeois, des Frison, des Chertemps, des Fcret » des Roland, des Saubinet, des Lejay, des Pregent» des Bignicourt, des Maillefcrt, des Lebœuf , des d'Orignj, des Chastelain, des de la Salle, des Bleryache,des Jacquesson, des Morel , des Coquillart, des Oudinel, des Hajmard, des Hécart, des Blanchebarbe, des Lempereur, des Soyer des Âllart^ des Lacourt, des Briois, des Brodeau, des Clément , deé Gharller, des Lécuyer, des TLierrj, des Âdnet , des Leleu, des Greyin et de bien d'autres' races aussi honorables qu'anciennes.

On distinguait parmi tous ces souvenirs dei anciens jours les tombes d'un Eustache qui, avait fait décorer l'ancienne chasse Saint-Remj, mort

en 1979; d'an Amaold k Ckwitar àt Genon, mort le i4 lepleaibre i4o4; ^^^ IK&er Baal* clerc et argentier; de R. de LewMKoart . «oft pittf que centenaire le i5 février 1607.

lia famille Labarbe daoa la ckapdle Saint- Marcoul avait plotienn inhoiBaiîoiftf rfoatant

Nout parlerons plus loin da tombeau des Vor- Itt'CliAr (mordcf camem) , bourgeois de Reims an su* êïhcïo,

liHii races nobles n'avaient pas dédaigné lliontiitiir (lu donner des religieux au monastère de Mttlnt-Uflini , et sur son nécrologe nous vqjons llgiirt^r, d6s io xui* siècle , des membres des fa- NiUt«N dn Sacy , de Navarre , de GhâtSlon , de DritiiU , do Montfancon, de Reims, de Rouçy, et d'un grand nombre de maisons dont les do- Hialttti» couvraient le sol de notre ancienne provlu««.

ai

La noblesse était aussi Tenae chercher son lit de repos auprès dn tombeau de saint Rémi. Là se trouvaient inhumés :

Hugues, fils d'un comte Robert, mort en 961 ^ Burchard, fils d'Algar, comte anglais, mort en

1060, et transporté à Saint-Remi , Salon, chcTalier, mort en ii5o, Herlobode, dame noble^ mort en laoo»

Gauthier, fils de Raoul, comte de Grépj, tué

en 1070', près de Reims, en conduisant des

secours an roi Philippe i*', Halade ouHadwidc, mère ou nièce de Pierre

de Celles, morte en ii5o,

Âzeline et Ringarde, dames nobles, mortes k

une époque inconnue, Guiburge, dame distinguée, morte en laao^ Thierry deRaunâj, médecin de Philippe-le-Bel,

mort le 17 janvier i3o5, Henri d'Orléans-LongueyiHe, marquis de Ro>

thelin, gouTemeur de Reims, mort le 4 mai i65 1 , Thibault de Thuisj, mort en i36o,et Rémi de

Thnisy, sénéchal de Reims, mort le 5 1 mars 1 23 1, Pierre de Lenoncoort, abbé de Mouliers-en-

ArgODDO, mort le 5 janyier i6ii»

Et bien d'autres^ sans doute , dont le soavenir

s'est perdu dans le gouffre des âges.

Suivant Tusage des monastères , les abbés , les grands prieurs , les dignitaires , les religieux de Saint-Rcmi qui mouraient sous le cloître, où ils avaient vécu , y trouvaient une sépulture. Cependant, comme on va le voir, nous ne pouvons indiquer qu'un bien petit nombre de tombes monacales : l'inhumation la plus ancienne de ce genre, que nous allons faire connaître , est celle du premier abbé régulier, mort en 967.

Que sont donc devenus tous ses devanciers?

où reposent donc tous ces religieux si doctes et si patients , qui ont recueilli et fait tant de précieux manuscrits , ces professeurs qui tenaient à Saint- Rémi des écoles déjà célèbres sous Charlemagne , tous ces hommes de Dieu , dont la vie a dû se

mêler ii celle de nos premiers rois? le néant des choses de ce monde a été pour eux une Téiité absolue; le soutenir de leurs tombeaux a luimême péri; le hasard seul peut les faire retrou- -ver. Hâtons-nous d'arriter aux abbés dont on croyait connaître la sépulture à la fin du sièicle dernier, et nommons :

Hincmar, deuxième du nom , premier abbérégulier, mort le 4 mars 967,

Hugues , second du nom , premier abbé régUf lier, mort le 4 août 970,

Raoul ou Rodolphe , troisième abbé , mort le 3o août 985,

Lethard, quatrième abbé, mort le 19 septembre 989,

Ârbode, cinquième abbé régulier, mort en 1009,

Âirard, son successeur, mort le a8 janvier io36,

Thierry, septième abbé, mort le 6 octobre 1048,

Hérimard , huitième abbé , mort le 7 wpiembre 1071, Azenaire, douzième abbé, morl le 3o jaillot

Odon, son successeur, mort en ii5i>

Hugues , deuxième du nom , quatorzième abbé, mort le 18 a^rii 116a,

Simon, seizième abbé, mort le a4 juillet ii94«

Pierre , deuxième du nom, dix-septième abbé^ mort le 3o juillet iao5 ,

Guy, vingtième abbé, mort en laia,

Pierre , quatrième du nom , dit de Sacj, mort le i5 octobre ia5i,

Gislcbert, tingt- quatrième abbé , mort le a 4 mars ia53,

Odon, deuxième du nom , vingt-cinquiènkc abbé, mort le 11 janvier laSg,

Jean de Clinchàmp, vingt-septième abbé, mort le 3o avril ia97,

Roger, vingt- huitième abbé, mort le 17 octobre i3i7,

Jean trois , dit TEscot, trentième abbé , mort le 39 décembre i36a,

Pierre cîttq, dît de MarciJty , trente et unième abbé , mort le 3 jantier i363,

Jean quatre» dit Canard, trente- deuxième abbé, mort en i45o,

Nicolaê Robiilart^ trente* troisième abbé , mort le 20 juillet 1461,

Guillaume de Villcrs , trente-cinquième abbé , mort en octobre 147^*

Nicolas d'AuxeuTillers , qui lui succéda, fut dépossédé, et après lui Tabbaye passa de règle en commande. Ces nouTcaux abbés ne résidant plus, moururent en d'autres lieux t les grands prieurs devinrent les vrais cbefs de la communauté. Voici la liste de ceux dont la tombe était indiquée :

D. Obole : inhumation sans date connue,

D. Théobalde, mort le 17 septembre iSoq ,

D. Guillaume de Verrières, mort le i4 janvier

D. Briotin, mort en i536,

D. Nicolas Lepage, mort en i54it

D. Guillaume Moët, mort le i3 mars i554»

D. Claude de Laonob, mort en i574, D, Adam RaTÎneao, mort le a décembre i58o, D. ÂDgostin Souio, mort le 26 mai 1693, D. Lebœuf. mort le igjaDTier 1697, D. Jean Lespagnol, mort le 26 avril 1619, D. Jean Ravinean, mort le 16 mai i64it D. Oudart-Bourgeois, mort le 3o juin 1649 ' D. Jacques Bignicourt mort le a6 décembre i65a,

D. Etienne Wilquin , mort le 8 mars 1668.

Pour ne pas allonger celte nécrologie , nous arrêterons là nos citations en ce qui toucbe les religieux de Saint-Remi.

Des noms plus illustres réclament l'attention du lecteur : des petits-fils de Gharlemagne, quelques-uns des derniers princes de sa race-Toulurent que leurs cendres fussent déposées près des reliques de saint Rémi. Suivent leurs noms :

Carloman, roi de Soissons , fils de Pépin d'Hé-

ristal , frère idc Charlemagne , mort en 77 1 » li Samonzj , maison royale près de Laon.

Frédéronne ou Frédémne , sœur de Béate , é?êque de Cbftlons-sur- Marne , deuxième femme de Gharles-le-Simple, qui l'épousa en 907; morte le 10 février 917, sans enfant.

Louis-d'Outremer, quatrième du nom ; roi de France , fils de Charles-le-Simplc et d'Ogive sa troisième femme, mort à Reims, le 10 septembre

Gerbei*ge , fille de Henri de Saxe , surnommé rOiseleur, et êœur d'Otbon I*', tous deux empereurs , femme en premières noces de Gillebert , duc de Lorraine , et en deuxièmes , de Louisd'Outremer, qui l'épousa en 969, morte à ce que l'o<L4>résume, vers 969.

Lolbaire, roi de France, fils de fjouis d'Outremer et de Gerberge, mort en 986 : il avait été sacré à Saint-Remi.

Âlbrade, sœur de Lotbaire, fille de Louis d'Outremer et de Gerberge, femme de Renauld, comte de Reims et de Roucy.

le

Rm-iM. t^imiiB crmMtsàit ftcÛM et deRoncj»

etmi d'AHMb, sort a 9li3.

iîaidKTt. lev dk et pTCUMiMlqumt petik-â»

AçBte, âife d'UennaBinide et par sa mère

Lamm ê^ntmaer.

^bouBMW encore BœoiL, ârère de Raoai, d'a-

bord dvc de BoBrç>9ie. po» rof. Il intwmii

am nt^ àt SamMliKiitm, en ^ôg.

Go Terra pivs Iflim qse ks tOBdKsrojaicB n'ont

guère été phoa hraretises qne ccUes des hnmitlri»

Toos les arcfaeréqnes de Bôes» depuis saint rtemy ioMpi'à Odalric i^Tirhaâi ement » ont été iBbaiB^ à Samt^Bemi, anui qœ nons l'apprend la traSMfOn, r«es monuments éiCTéA snr kms restes ont pres^pie toos pérL lUisns ne citexims ici que ceux dont la place était connue ou à

peu près ou donl les épikaphes ont été recueillies atant leur anéantissement.

Saint Rémi» mort ters 53o,

Saint Sonnace, vingt-deuxième archevêque, mort le ao octobre 635,

Undon , Yingt-cinquième archevêque , mort en 65o,

Saint Nivard, vingt-sixième archevêque, mort le !•' septembre 669,

Saint Reol ou Rieul, vingt-septième archevêque, mort le 7 septembre 695,

Turpin ou THpin, trentième archevêque, mort en Tan 800 ,

Vulfar trente et unième archevêque, mort lo 5 juin 816,

Bincmar^ trente-troisième archevêque , mort le ai décembre 88a,

Foulques, son successeur, taé à coups de lances par ordre de Beaudouin, comte de Flandres, et dont les restes furent rapportés à Reims en 900,

moitié qui manque ii chacun d'eue est en ce moment au musée de Reims, renfermée dans de petites fioles de terre , et exposée aux regards des curieux. Nous ne doutons pas que l'administration municipale ne s'empresse de rendreà la tombe ce qui reste de trois grands hommes qui pont :

Charles de Lorraine, cardinal, archevêque do Reims, abbé de Saint-Remi, imort en 1674.

Louis de Lorraine, cardinal de Guise , arche fêque de Reims, abbé de Saint-Remi, mort en i588.

Louis III de Lorraine, cardinal de Guise, archevêque de Reims , abbé de Saint-Rcmi , mort en i6a8.

Terminons ici cette longue suite de trépassés , et cherchons la place où la terre s'ouvrît pour les recevoir.

Pour simplifier ce travail , faisons d'abord la part de la mort , qui a fait périr même les tombeaux , et indiquons de suite les inhumations dont les traces sont perdues, sinon pour toujours an moins jusqu'à présent

Le lieu oii se trouvent réellement Aa)ooird'bai les restes de Carloman, est difficile à préciser. On sait qa'il fut cuseyeli à Saint-Remi, et que Hincmar y fit Toir son tombeau à Charles-le- Chauve* lorsqu'il Tint à Reims. Nous devons cependant" rcconnallre que , sur un monument conservé à Saint-Denis en France , étaient gravés ces mots s Karolomannuê Pepini fiUuê, Ce prince a donc pu être transféré sous les voûtes de ce monastère.

Gillebert • fils du comte de Roucy, a été inhumé h Saint-Remi ; mais la place de sa tombe n'était plus connue bien avant la révolution. Il paiait qu'on l'avait transportée an bas des degrés du chapitre, quand on fit le nouveau clottre : elle a péri dans cette translation ; on a conservé son épitaphe.

Il en est de même d'Agnès, la petite-fille d'Albrade. Le Heu de sa sépulture est entièrement inconnu : son épitaphe se lisait entre les deax tours du portail.

Boson et Hugues, fils du comte Robert, ont en la même destinée; le hasard seul peut faire retrouver leurs restes.

D'Âttole, fondateur de Saint- Jalîen, il ne reste ans»} qu'une épitaphe.

Saint Sonnace atait été déposé au pied de l'ancien tombeau de saint Rémi ; ses reliques furent exhumées en iao4 » et transportées à Notre-Dame , où elles périrent dans llncendie de 1310.

Saint Nivard fut d'abord enterré à Saint-Remi ; plus tard ^s restes furent transportés dans l'abbaye d'HautTiliers, où on les conservait dans une chAsse de vermeil.

Saint Réol ou saint Rieuleut d'abord sa sépulture à gaucbe de l'autel Saint-Laurent; mais ses restes furent exhumés et transportés dans l'abbaye d'Orbais qull avait fondée.

Vulfar, trente et unième archevêque de Reims, fut inhumé k Saint-Remi. On ne peut indiquer la place où reposaient ses restes,

On ne savait plus, du temps de dom Ghastelain, en quel endroit étaient placées les dépouilles mortelles des quatre premiers abbés réguliers de Sainl-Remi , Uérimar , Hugues I*' , Raoul ou Ro-

dolphe et Léthard. 11 en est de même de pluaiéim de leurs successears. Parmi eux , nous citerons les abbés Henri, Uoberl son successeur* Burchart qui remplaça ce dernier , Ingon , Guy « Pierre III dit le Boiteux, son successeur, Dieudonné qui le remplaça , Barthélémy d'Epinal , Jean II dit Du Mont , Jean IV dit Canard , Emery Ghocquède, Nicolas d'AuxcuTillers , le trente-sixième et dernier abbé régulier , mort en i499' Tous, cependant, et bien d'autres avec eux, dorment autour du mausolée de saint Rémi. Espérons qui! n'est pas loin le jour où ces noms, qui ne sont pas tous indignes de mémoire, revivront sur la pierre.

Avant de faire connaître la position des tombes qui peuvent être à peu près désignées , disons un mot des divisions du sol sous lequel elles se trouvaient.

L'église Saiut-Remi , sur sa façade principale , est ornée de deux tours ; en y entrant on voit une nef accompagnée de deux bas-côtés ; puis se trouvait le jubé qoi fermait le cbœur ,

puift le chœur, et enfin le sanctuaire , élevé de trois marches.

Autour du sanctuaire étaient rangées en demicercle des chapelles ; au centre était celle de la Vierge.

La sacristie, placée dans un des bras de la croix, se trouTait à droite de l'officiant , quand il se retournait pour bénir les fidèles. A sa gauche dans l'autre bras , était la chapelle de Saint- Gibrien.

Le pavé de l'église était formé de dalles de pierre , excepté le chœur et le sanctuaire , qui étaient couterts d'une vaste et admirable mosaïque. L'existence de ce monument de l'art antique est trop étroitement liée à celle des sépultures de Saint-Remi, pour que nous n'en disions pas un moi.

La mosaïque du chœur était composée de petits fragments de marbres et de pkrres peintes et émaillées , si bien finies ensemble que les figures qu'elles représentaient semblaient des peintures.

A l'entrée du chœur da jubé était la figure do David jouant de la harpe ; au-dessous on lisait ces mots : Rex David, Entre cette figure et le point où était l'aigle de bronze servant de lutrin , on voyait un grand cadre au milieu duquel était saint Jérôme, et autour de lui les images et les noms de tous les prophètes, apôtres et évangélistes : chacun avait son œuvre figurée près do lui et représentée soit en forme de livre fermé, soit en volume roulé. Les apôtres étaient au milieu et les prophètes aux extrémités du tableau.

Au côté droit du chœur étaient quatre carrés séparés par des bandes de marbres. Dans l'un on voyait les quatre fleuves du paradis terrestre représentés par des hommes versant de l'eau, avec des vases, et au-dessous d'eux leurs noms : Tigris , Euphraies, Bon, FUon, Ces figures occupaient les coins du carré. Au milieu paraissait une femme nue, tenant une vanne et assise sur un dauphin ; au dessous d'elle on lisait ; Terra, Mare,

Le second carré était rempli de rameaux et de feuillages.

Le troisième représentait les quatre saisons de l'année atec leurs noms ; Fer, JEiias , Âutumnus, Hjrems : et au milieu était un homme assis sur un fleuTC arec cette épitapLe : OrbU terrœ.

Dans le quatrième étaient dessinés les sept arts libéraux avec cette inscription : Septem taries,

A gauche était un carré long; sa longueur avait deux fois sa largeur, et contenait deux cercles égaux l'un à l'autre. On avait représenté dans le premier les douze mois de l'année et dans le second les douze signes du zodiaque : au milieu du premier on voyait la figure de Moïse assis sur un trône, soutenant un ange sur l'un de ses genoux.

Sur un autre point se trouvaient les figures de la Prudence, de la Justice, de la Foroe et de la Tempérance; et celles de l'Orient, du Midi, de l'Occident et du Septentrion. Une femme tenant nn serpent était désignée par le mot t Prudentia,

Âa mille a du cercle renfermant les doiix« àgnes da zodiaque, on remarquait la ronstel- . lation des deux ourses.

Toutes ces figures et plusieurs autres étaient faites de petites pierres, les plus volumineuses n'excédaient point la largeur de l'ongle ; çà et là on aperceTaifc au milieu des dcsdns des pierres tumulaircs noires et blanches , des morceaux de jaspe rouge et de différentes couleurs.

Dom Ghastelain auquel nous avons emprunté cette description ainsi que bien d'autres choses, n'avait pas vu tout ce qu'il décrit : les stalles du chœur couvraient une partie de cette mosaïque; et la dérobaient à tous les regards (ij.

Le pavé du sanctuaire était tout aussi remarquable : il était fait en marbre blanc et noir et semblait un échiquier : do plus il renfer-

(i) La citation faite page i3, tirée d'an manuscrit de la ville, est inexacte. Je l'ai conservée dans l'espérance qu'elle remettra sur les traces d\m fait important

»9 mâit des oMMaiqoes représentant le sacrifice d'Abraham, l'échelle de Jacob et d'antres sujets de l'ancien testament.

La richesse da ce pa^é aYait bles^ saint Bernard : Il se plaignait de Toir les images sacrées foulées aux pieds, et dans tous les cas des objets d'art exposés à être souillés et dégradés.

LlÛTer on conTrait cette mosaîqae d'ane vaste natte pour la garantir des effets de Thumidité et de la gelée.

Personne ne nous a transmis le dessin de ce payé ; personne n'en a leyé le plan : ses proportions nous Font inconnues et aujourd'hui cet oubli de nos pères est irréparable : celte grande composition est complètement détruite ; ses débris ont été employés k ferrer un des chemins ticinaux de nos environs.

Ajoutons nn fait, c'est que toutes les épitaphes antérieures à i i5o paraissaient faites & la même époque et pour ainsi dire de la même main.

Cette circonstance, sur Tanthen licite de laquelle «s no pMit g«èra s'édifier aujourd'hui , confir-

EfMTOBS

e«pée par ckaciui. S feutrée de fégCae; nef, piiû aa dbamr et tm ciiâ|)ellei , et eofia

^out la tour ménd&anaile db portai étnlFépttapbe de GoUrari^ • morte cm isack Cette pne iumulaSre a été retroavée aa anfiBB des iûbs de

l'églUe.

Giilia d'Agoèi, noble dame, étaôt eadre lee deox

ioiirn du portail; il parait qne eoo lruuv#it d'abord dans l'emplacement de Pj églUtt Httiot-GhrSflophe.

La nef, U'éinii Ik que le troafait le grand cateau oà

descendaient l'an après l'autre les religieux, de Saint-Remi. On l'aTait creusé en 1756 , et en le construisant on ayait rencontré des lombes qui remontaient à la plus haute antiquité. Charlréc Mousso, prieur de Saint-Remi, supérieur-général de la congrégation de SaintMaur , mort en 1787, y est inhumé. On j descendait par un escalier de pierre, qui, dit-on, était remarquable. Des dalles percées de trous, destinées à donner de l'air , en fermaient l'entrée. On n'admettait & l'honneur d'aller sous cette sombre Toûte dormir du sommeil étemel ni les uoTices , ni les candidats. C'est là que reposent les derniers Bénédictins de Reims, morts sous les armes.

Hors du caTCau , mais toujours dans la nef et dans des ^tombes particulières, étaient :

Claude de Launois, grand prieur de Saint- Remi. Son épitaphe était en latin.

Dom Nicolas Lepage , grand prieur. Son épitaphe en français se lisait près du jubé.

Dom Adam Ra^ineau , grand prieur. Ses deux

épîtapbes , l'une en yen français , l'autre en vert latins, se Tojaient près an jnbé, dn côté de Té* Tangîle , non loin de la chaire.

Dom Jean RaTineaa, grand prieur. Son épitapbe en françab était près du jubé.

Dom Oudard-Bourgeois , grand prieur. Son épitapbe en latin s'aperceTait iris- à-ris le jubé.

Dom Jacques Bigniconrt , grand prieur , atail ses épitapbes en latin près du jubé.

Dom Etienne Wilquin , grand prieur, était aussi inhumé près dn jubé.

Simon , seizième abbé régulier , mort en 1 194, a^ait sa tombe près d'un autel qui se trouTait dans la nef, au midi. Son épitapbe se Toyait sous le jubé.

Le cœur de Jean de Glinchamp , vingt-septième abbé régulier et mort k Rome en 1397, rap»> porté à Saint-Remi , fut placé en haut de la nef devant le jubé. On y voyait son épitapbe en ven latins.

Tnqiin, trentième archevécfue de Reim», mort

en 800 , fat inhamé près de l'aocîen tombeau de saint Rémi , aa point où depuis on éleva le jnbé. Son épitapbe en rcrs latins, composée par Hincmar , s'y lisait encore dans le dernier siècle ; ellô était incrustée dans la muraille à gauche. Sur le sol était une dalle avec une croix indiquant la place de llnbumalion.

L'épâtapbedeLandon, "vingl-cinquième arcbevéque de Reims, mort en 65o, était près du premier loinbeaQ de saint Rémi.

Hincmar , trente-troisième arcbevéque de Reims, mort en 883 , fut inbumé près de l'ancien tombeau de saint Rémi. Il parait que Raoulle-Verd, aussi arcbcTêque de Reims, fut enterré è pen près à la même place ; aussi finit-on par attribuer à cbacun d'eux le monument orné de figures en relief que nous décrirons quand nous arriTerons aux nefs collatérales , où il avait fini par être placé. Ce tombeau parait avoir été transporté par suite des constructions et des réparations faites à l'église dans le siècle dernier. On

remarquera qu'il ne s'agît que du monument et que les rentes d'HIncmar sont toujours près de la première sépulture de saint RemL Par une autre bizarrerie difficile à eipliquer , son épitaphe qui fut long-temps dans le sanctuaire, dès lySg était à côté de la grille contiguë h la sacristie.

Saint Rémi, quinzième archcTêque de Reims, avait été inhumé la première fois au point où le chœur commença depuis. Mous ferons Thistoire de sa sépulture quand nous arriTcrons au sanctuaire.

Un fragment de Tépitaphe d'Arbode , cinquième abbé régulier, mort en 1009, en latin était

encore en 1 760 au haut de la nef près du chœur.

Nicolas Robillart , trente-troisième abbé , fut inhumé près du tombeau de saint Rémi.

Guillaume de Villers . trente-cinquième abbé , fut déposé à peu près à la même place.

Jean LespagQol , grand prieur , mort en 1619, repose aussi au même point.

AugusUn SoDÎD et dom Lebœaf , tous dcat grands prieurs, furent inbomés dans la nef.

Le chœur,

Gerberge , reine de France , était placée sons une ÛDiple pierre aux pieds des marches do sanctoaire, h gauche de Tofficiant donnant sa bénédiction : elle aTait une épilaphc en Tcrs Jatins.

Frédéronne, reine de France, reposait aussi an bas du sanctuaire , sous le grand candélabre ; elle n'avait pas d'épitaphe : une pierre unie et sans sculpture couvrait ses restes,

Renauld ou Beginald , comte de Roncy, était an haut du chœur à droite et près de la reîne Oerberge, sa belle-mère : c'était là qu'on lisait son épitaphe en ters latins.

Albrade. épouse de Renauld, avait été placée non loin, auprès de son mari. Elle ayait une épitaphe en vers latins.

Le comte anglais Burchard avait été inhumé dans un petit caveau sons les stalles du

HUMw«dB cêÈéétl liMrmwktA

Mmêf Mvmà

Mm,

»vi/ir M^ iuïmmé

Aniould, treote- Hifhf*i, itt trouTtk 4^iiU(»)i4i <'» «Is Yen

fi^fui/<iM<< nrchevéqoe de IimU v<^r» Ittihif ie tojak

AiiNrii, «fjtUniM iVibé régulier, llfiM du lilioiur f U éUit »»•'»« Ullii*.

imn Im ifiHiiil» eouronne de hromt/c qn Ik f^fifiUM lin (xmir , et qoi portait »»i#li »^iMr||«ii i ftOD épitapba de haH

été conservée. Il parait que sa tombe n'existait plus da temps de dom Cbaslelain s sans doute il parle de la pierre tumulaire.

Il parait que Tabbé Hérimard avait étéiubumé dans le cbapitre : son tombeau fut déplacé et brisé lorsqu'on reconstruisit le monastère. On retrouva une partie de son épitaphe près de celle de l'abbé Tbierry.

RaouMeVerd , quarante-seplième archevêque de Reims, devait se trouver à l'entrée de chœur au nord et peut-être même sous le chœur. Sa tombe et celle dllincmar paraissent avoir occupé k peu près le même point i il n'avait pas d'épitapbe.

Saint Sonnace avait été inhumé aux pi ds de saint Remy. Ses restes ont été exhumés en iao4*

L'archevêque Landon, mort en 65o , parait avoir été inhumé à la même pl«ee.

Le san^uaire.

Robert de Lenoncourt, morteni559.So« cœur

est an centre au sanctuaire sons la lampe cla milieu : il avait une épitaphe en français.

Vis-à-Tis du trésor était la tombe du cbcyalier Salon, mort en ii5o. Son épitaphe était en vers latins.

Près de lui est la tombe de Herlobode, dame noble, morte en 1200.

Près de l'autel on a trouvé l'épitaphc de la comtesse Hadwide ou Hadade , mère ou nièce de Pierre de Celles, morte en 1 i5o.

A gauche de Vautel était l'épitaphe du marquis de Rolhelin.

Au côté droit du tombeau de saint Remy était celui de Pierre de Lenoncourt, petit-neveu de Robert de Lenoncourt archevêque de Reims, mort le 5 janvier 1611.

A l'entrée du sanctuaire , sous les marches qui le séparaient du chœur , avaient été inhumés savoir t du côté de Tépitre Louis IV dit d'Outremer , et du côté de l'évangile, Lothaire tous deux roia de France.

Léon reilea forent déplacéf an milioa da diibnitièioe «ièçle , et trauporté» à 4rDite et à gauche da mausolée de Carloman, son» la première arcade de la nef collatérale » da côté de la «a* criatie.

X/eors fttataea, qui avaient été placées aor leurp tombes t furent laissées k leui: place pruiûtÎTe i c'est \k que la réiolation les troaTa ; c'est 1& qu'elle lea brisa.

Dans lea fopiUes que l'on yient de faire en reftauraQt l'église , qn a retrouTé le tronc de la statue de liouis • d'Outremer. Les deux statuee étaient peintes, et on Tojait des fleurs de lys d'or au manteau jeté sur l'épaule de ohaq^e roî.

Louis^'Outremer était aasis sur un trdne de pierre semblable à un banc , posé sur un sock de même matière. Le siège a^ait un dos qui s'élevait au-dewus de la tète rojale qu'il abritait à l'aide d'un toU à deux versants s trois arceaux ornaient le dessous de ce toit. Le roi était coiffé d'un bonnet et portait une longue barbe ; il tenait à la main un sceptre tennmé par une pomme de

|iin ; il était cbius»é de bottinei extrêmement ■impies, et convert d'une chlamyde. Le socle sar leqael reposaient ses pieds, était orné, anx angles, de figures d'enfants bu de lions.

Le trône de Lothaire était plus orné que celui de Louis-d'Outrcmer, avec lequel , cependant, il atait une grande analogie. Un peu plus haut, et moins large , il portait au fronton de sa toiture Kne fleur de Ijs et deux autres fleurs. La couronne de fjotbaire était un cercle surmonté de quelques fleurs t une autre fleur, asseï semblable à une fleur de Ijs, était au baut de son sceptre. Il portait une tnniqne,et par dessus une cblamjde attaobée sur son épaule droite. A ses pieds était une figure d'enfant ou de nain , qui avait l'air de le chausser ou de le déchausser.

Montfaucon, dans son précieux ouvrage sur les monuments do la monarchie française , nous a conserTé le dessin de ces deux statues, tom. i , p«g. 546.

C'était au milieu du sanctuaire que se trontait

le mausolée de saint Rémi. U ne s'agit pas ici des reliqaes da saint qui a fait des miracles , mais des dépouilles mortelles de l'honmie qui a contribué de tout son pouvoir à la civilisation des Gaules. Je ne dirai rien de sa vie, elle est connue : et l'histoire de son mausolée auradellntérèt, je l'espère, pour tous ceux qui pensent que la recon»* naissance des peuples doit surriTre à ceux qui les ont bien servis.

Saint Rémi avait choisi pour sa sépulture l'église de SalnUThimothée : il n'en fut pas moins transporté dans la petite église de Saint-Christophe , au milieu de laquelle il fut inhumé.

On n'âeva pas de monument sur sa tombe t un morceau d'étoffe de soie vermeille que l'on étendait sur la modeste pierre qui recouvrait ses restes , indiquait aux fidèles la place où ils reposaient.

En 635 , le corps du saint fut exhumé et placé dans une crypte qu'on avait creusée derrière le

gr«94 9nX9h Ou laissa «absUter , 'au lien de sa «épuUure, l'inacriptioii saÎTante qui la rappelait :

Bie fiorpus S. RemigU pritofi f^it humatum

in medio ecçlesiolas jsancii Cbrùtophari

in spfilunca dupliçi.

Une croix sculptée sur la fâerte coupait cette épitaphe en quatre parties. Il semble en réini^Ler qu'un double cadeau a^ait reçu les dépouilles inortelle» du grand apôtre.

Un peu plus tacd (64o), ^nç ç^apeUe dédiée ii sûnt« GeneTÎ^Te, lut é^eYée sur cet «mpUo^ ment. Quand op bUiit h jubé • il fallut déranger l'antique pierre tumulaire de saint Rémi , et on la replaça dans le cbœur, près du jubé. On l'y Tjt jusqu'en 1793, dcTant la stalle du grand prieur.

Le 18 octobre 85a, Hincmar enleva le corps 4p 1a crypte dont j'id parlé pins hant> et le l^aça^ en pjr^epjcg des é^E^q^es delà prorâce.

dans une châsse d'argemt. Ce reUc[liaîre foi àk^ posé dans une antre crypte on chapeUe soater» raine, qui parail aToic été d'une straçtave adffft» rable : elle avait pris la 'place de celle faite e» 633 , lors du premier agrandissement de Téglile. Hincmar mil dans on coffire d^Toûre nile partie dn drap de soie vermeil cpii enfironnait le e(Arp§« et le suaire qqi coutrait le viiaglb de saint Rcms^ et les fit porter à la cathédrale.

En 88s f. le prélat emporta à Efwmwf les rel^ ques de saint Rémi s il craigsiit de letf lidkt profaner par lef Normands, c|ni rarageaient là France.

Foulques, successeur d^Hincmar, fit wreflir la châsse du saint en 883 , et la mit en dépdt à la cathédrale jusqu'au 39 décembre 900. Ce fut alors seulement que l'arcàerê ^ fte Hervé 1» fit reporter dans le nMHnuneot détiinè li 1» tmsê^voir.

Cette chftsse était en bok couverl de kmet d'argent» représentant les douze arehevêques de

Reims , prédéceaseon d'Hincmar. EUe pesait ^ngt-qaatre marcs : elle fat eDrichie par les soins d'Airard , abbé de Saint-Remi , mort en io36 et da moine Enstache, mort en 197a.

Le monument qui la renfermait était en bois oouTert de lames d'or pur, et incrosté de pierres précieuses. Noos décrirons plus loin ce qui en est parvenu jusqu'à la fin du siècle dernier.'

Le dessin de ce mausolée se voyait sur une tapisserie donnée à saint Rémi par l'abbé Jean Ganart, à la fin quatorzième siècle. Cette cnlieuse tenture a disparu en 1793^ et avec elle la seule copie que nos devanciers aient jamais connue du monument élevé par Hiocmar à son prédécesseur.

En 1537 , Robert de Lenoncourt , abbé de Saint-Remi, depuis cardinal et archevêque d'Embrun, fit faire le mausolée, qui fut détruit k l'époque delà révolution. Il s'élevait au-dessus de la crypte faite en 633, enrichie par Hincmar, et depuis comblée.

T^ nooTeaa tombeau taillé comme on carré long , avait de vingt h vingt-cinq pieds de haut, dix-huit de long et huit de largo. II te composait de deux étages t celui d'en bas était plas long que celai d'en baut, k peu près d'un ôxième : U était d'ordre corinthien. Dix- sept colonnes de jaspe rouge et blanc soutenaient un entablement et une corniche de mêmtt matière , élevés environ de deux pieds.

Entre ces colonnes se trouvaient de chaque côté long cinq niches, et dans un des côtés étroilt fcnrmant l'extrémité du mausolée , deux aulres niches. La partie supérieure de ces niches était arrondie en demi-cercle et sculptée en coquilles elles renfermaient les douze pairs de France. Au dessous de chacun d'eux étaient placées ses armoiries « enfermées dans des branches de lauriers. D'un côté étaient cinq pairs laies , et de l'autre cinq paiis ecclésiastiques. Du côté étroit « où se trouvaient les onzième et douzième . niches , étaient le sixième pair laie et le sixième pair ecclésiastique , l'évéque-comte de Noyon et |e comte de Toulouse.

Ces dpnxe statoes éUîeiit faites d'nae fiieiTe blanche, très-fine, et couTerte d'un ternis qui la faisait briller comme le marbre. Elles existent encore.

Les doQse pairs étaient représentés atec le cottome dont ils étaient reyétns an jour dn sacre.

L'arcbetéqoe - duc de Reims portait lii croix, TéTéque-duc de Laon le sceptre , l'éTéqiie^cooite de BeauTais le manteau royal , TëTêque-comte do Cbâlons l'anneau • Téféque- comte de Mojon la ceinture , le duc de Bourgogne la couronne, le duc d'Aquitaine l'étendart, le duc de Normandie un deuxième étendarl, le comte de Flandre l'épée, )e comte de Toulouse les épercms, le comte de Champagne l'enseigne militaire.

- Le second étage posé sur Itt table qui couronnait le premier, avait aussi quatre côtés.

La façade située à l'extrémité du monument , contenait aussi une niche plus grande que les autres , nuds k peu prêt du même dessin : elle éUdt funnontée d'une corniche portant ieé armés

du cardinal de Lenoncoort, et renfermaii ua groupe de slatoes représentant «aint Rémi aatisté d'un dero, et oatéchiiant Cloini. Le roi était k genoQX et habillé comme on Tétait à la fin du quinzième siècle ou au commencement da seizième.

Les deoï côlés longs étaient ornés chacun de ^ngt-qnatre tablettes d'argent représentant la TÎe de saint Rcmi : elles étaient rangées sur deux lignes superposées Tune à l'autre ; chaque tablette était dans une petite arcade soutenue par des Colonnes de marbre blanc ; la ligne supérieure était séparée de la ligne inférieure par une longue bande de marbre; de plus, deux autres bandes de marbre placées dans chaque ligne, et aboiitistissant perpendiculairement à ceUe dont on Tient de parier » divisaient les tablettes quatre par quatre.

Ân-denus se troutaient une corniche et un entablement non moins conâdérables que ceux de Tétàge Inférieur.

Sur cette corniche s'életait une sorte de toit

arrondi et très-bas. Au milieu de' ce toit éUit un dôme couronné par une fleur de lys et soutenu par un double rang do petites colonnes de marbre et do jaspe : il était étajé par d'élégants arcs-boutants en forme de feuillage.

Ce dôme couronnait sîx petites tablettes analogues à celles dont nous ayons parlé. Il y en aTait trois de chaque côté : elles se cachaient k volonté derrière deux battants qui , réunis, formaient un demi-cercle égal à l'arcade qui contenait les tablettes.

La partie antérieure du monument, dont nous n'aTons encore rien dit, legardait le grand autel de l'églîso , dont une grille la séparait. Cette façade était plus élevée que les autres.

Au premier étage , de niveau avec les statues des pairs , était la porte du tombeau placée entre deux colonnes de porphyre.

Cette porte était couverte de lames d'or; au milieu était une autre petite porte faite d'or pur, qui , en s'ouvra nt, laissait voir llntérîeur du tomiheatn. Elle était incrustée de pierres précieuses et

de médailles romaines et françaises en or. Au centre élail un morceau de crbtal de roche ciselé a-vec un art mer?pilleux : on y avait grayé le baptême de Jésus-Chrîslpar saint Jean. Pour voir cet objet d'art , il fallait mettre une bougie allumée dans l'intérieur du tombeau , et sa lumière donnait au cristal la transparence nécessaire pour qu'on pût en admirer les détails.

Cette porte et ce précieux morceau de cristal venaient du monument élevé à saint Rémi par Hincmar : elle était entourée d'une bordure d'émail violet, sur laquelle on lisait ces vers :

Hœtibi, Remigi , fabrieavi , magne; sepulchrum Hincmaruê prœsul daetus amore tui ,

Ut requiem Dominuê tribuai mihi^ sancte , precaiiê Et dignU méritais mi venerande tuis.

On remarquait sur cette porte un anneau qui avait appartenu à François 1*' t ce prince l'avait laissé tomber au moment oà il visitait le mausolée. Il l'oflFrit au saint et le fit attacher en sa piésente. Une agathe onyx , entourée de saphirs, do

grenats et de perles, donnée par [Henri II, était anssi digne d'attention.

La grande porte, qni renfermait cette pedtc fenêtre était ornée de perles orientales et d'agathes placées de manière à représenter des flears, des lions, des aigles, des éléphants, des tourterelles et d'antres animaux : elle brillait anssi d'un grand nombre de médailles d'or , de rubis , de saphire , de diamants , de perles , de grenats et d'émeraudes.

Au mîBen était une croix à larges bras, divisée par quatre rayons d'or, entre chacun desquels on Toyait des dessins triangulaires.

Au second étage , de nhèan Atec les quaràniéhuit tablettesF i^piréseiitaiit la rie de sahit Rémi , était une autre porte aussi ricbement orikéë qtfe celle dont nous Teifons de parler.

Une corniche la surmontait et supportait un bas-relief renfermé dans un demi-cercle» et représentant le baptême de €loris.

Un fronton triangulaire couronnait ce bas-re« lief et enfin , sur le fronton s'éleraielilles aimes

de Framçois I*' , ftoaleuQcs par deux »alani^dres.

Tpniea leapierrenet qui ornaient ce momuDent aTaieiU étié dowUcê par Hiacnar et lea roU de Frai^.

lie nupnanmLt était poaé «or trois marches , et renfenné dans uqjb t^oMrade hante de quatre pieds» f4te aux frais do cardinal Gnaltério, dont elle portait les annes. Il fnt Mié conunendataire de Saint-Remi de 1710 à 1738.

En )i647> A^fW^^ue £ai)U par Sinenar fnt remplacée par nn antre q^e commanda dom Ondart- Bonrgeob , grand prieur de Saînt-Remi , tant à ses frais qi^'àçenx des religieux : elle fut l'ounugc de Ufnçier , maKre orfèvre vé^xms.

JU nontean rcli(]nai,re était d'argent massif, et pçsait deux cent cpurantetsix marcs de Jleims; il sTait sept pieds de long , deu]^ pieds deux pouces de large • etun jûed et dix pouces de hi^ut, non comprise dans cette fauteur ç^elle d'un^ôme qui aT^t un pied et ^eux pouces de haut.

Ce dôme était çmé de fleurs de Ijrs ; au mijljeu

6tt

Mwàà on dodittoB terminé par une double ftemr delj».

Ce momniient était la reprodoctioa da naow lé e : on wijaît antoar de la chàtam les itatacs deadooae pairs de France placées dans des nickes ■ é pa rée s par des colonnes tories ornées de feiulla^ Aa-deams ae troBTaient les faits et gestes de saint Bemi , cîaelés en dcmi^refief » dans des encadrements (armés de cornes d'abondance et de Seoronab

An fironton dn monument étaient placées les aimes de Tabbaje , snrmontées de celles de France et de ISfararre.

La porte de la cbAsM rep r ésen tait le baptême de Clorà ; Mir la £içade , placée k Tantre bont , était gravé et aenlpté le miracle de la sainte AmpQoIe ; ces denx côtés dn refiqnaire étincelaient de iniQe pîeiieLies >.

Léonor d'Étampes, arcbevéqoe de Reims en i€47r J fit rcnfîsnaerks rcJiqocs de saint RemL il faflnt lififiîmimnl owrir l^mcienne cbâsse et mettre à déco«¥«rt ks festm de l'apôtre. Procès^

f erbal fui di'essé de cette opération. On troo? a aoloor da corps d'abord un grand drap de soie ronge, puis un linge, puis un double drap de lin , puis en contact ayec le corps un autre drap de soie rouge : il était adhérent à la peau du saint. Sur le Tisage étaient deux voiles, tous deux de satin , l'un rond et bordé de broderies d'or ; le second était violet. D'autres suaires reconvraient la figure : on distinguait encore la barbe et les dents; l'ensemble du corps et même du visage était asses bien conservé.

L'inscription suivante constata cette translation :

Anno »aluii$ 1647 • beaii$$imi Remigii Francoritm apoêtoU corpus integrum, jam oUm ab Hinemarà archiprœêuU Remerui in locello argenieo conditum, Oudarduê Bourgeois hujus canobii in longe ditiorem et prestantiorem cum brandeis et pannis sericis transferri eura»it.

NoQs ne rapporterons pas ici les procès- verbaux qui furent dressés k cette occasion : on les trouve dans Marlot , dans l'histoire de saint ilcmî, par le père Dorigny, et ailleurs.

On comprend que le renom historique et religieux du mausolée, et sa grande valenr appelèrent sur lui la main de la réTolution.

La châsse , les pierreries , l'argent et l'or qui l'ornaient furent envoyés à la Monnaie, et les reliques furent enveloppées dans un des suaiires de soie rouge et dans un drap blanc que donna madame Bernard-Laurain, lingère à l'hôpital de Reims, et inhumées dans le dmetiàre du quartier.

On les plaça sous le corps d'un soldat décédé le même jour h l'hospice , afin que leurs ossements finissent par se m^cr, et qu'on ne pût reconnaître eeux du saint.

En 1795 on les rechercha. La confusion n'avait pas eu lieu, et le suaûre de soie n'avait pas été corrompu par l'humidité ; les reliques

forent reprises à la terre , et <m ks renferma dans nn modeste reliquaire en bois doré.

Enbnite on fit nne sorte de maasolée portatif qoi se montait tnr quatre colonnes dé bois noir s sa place était an bis da sanctuaire. Plus tard on le plaça dans la chapelle du rond -point.

Enfin M. Ludinard de Vancellcs employa une somme considérable k élever h saint Rcmi un mausolée digne de lui t telle était an moins llntention dn fondateur. Elle fut trompée.

On éleva au centre du monument un mauso* léc qui renferma la châsse. 11 fut placé -sous un dôme de bois porté par des colonnes de marbre, entre lesquelles on redressa, les statues qui avaient survécu & la tourmente révolutionnaire.

Ce monument de mauvais goût ne s'harmonise ni dans ses détails, ni dans son ensemble avec l'antique édifice qu'il devait orner et qull déshonore.

Que les amis de saint Rémi et de Tart se rassurent : l'antique mausolée renaîtra, et tel qu'il

àa fidèks et de

bicm ialomé» , le

de ses a e cowis cette

ToBs le» rafaat» de la

ce irai déî» trop loBg» en di- OBt ^'^Q*^ i'Mi'i ■ '' loBigleBips daas le mausolée de aiat Kcai «m bâioK pastoral cooTert de finriUm d'or, «foe le pape Honndas loi aTait emwojé coMMoe à soa légat cm Fraace : c'était «MB & qw se pKpil le l e&faif e liktoriqae de la Soinle Aspovle.

Les càmpeUes,

SoÎTODS notre înTeiilaire nécrolog^qoe et rétaMHOiis dans diaqœ chapelle les tombes qaî i^j trooraient.

Dans la chapelle de Saint-llarcool reposaient ploôenrs personnes de la famille Labarbe : les pins anciennes de ces inhomations remontaient ^ 1349.

Près de là on a?ait inhnmé Thierry de Raanay, médecin de Philippe-le-Bel.

Dans hi chapelle de la yierge, on avait enscTeli Pierre de Sacy, vingt- quatrième abbé. Les réparations faites en 175a firent disparaître son épitaphc.

Gislibert , son successeur , reposait auprès de lui.

Odon, qui gouTcmait l'abbaye après Gislibert, fut déposé h ses côtés.

Rcmi de Thuisy, sénéchal de Reims, mort en iflSiy fut inhumé avec sa femme dans la chapelle de la Vierge.

A côté d'eux, dormaient Isabelle de Roucy et Pierre de Retest , son mari.

Le grand prieur Théobald avait trouvé sa tombe au rond*point.

Au chevet de l'église, près l'autel Saint-Remi, étaient rangés Guillaume de Verrières, grand prieur, mort en i53i ; Roger, vingt-huitième abbé, mort en 1399; Pierre de Marcilly^ trente et unième abbé, mort en i394.

Au rond- point était encore enieTeli Gui , vingtième abbé^ mort en 1594.

Dans là chapelle Saint-Nicolas , était le man- •olée éleré snr lès restes de RtcLer, qn'on croit ffls d'Herbert Morlachan Ce monument était semblable à celai qoi conTrait les restes da père à qoe nova décriront bientôt. Il fat délniit^ qaand on fit les réparations de ijSo à 175 a.

Le trentième abbé, Jean l'Escot, mort en i362^ était inkamé dans la chapelle da Cloître , dédiée à saint Christophe, près da chapitre.

Dans le chapitre étaient enseTelis les qnatornème et dix-septième abbés Hagues II et Pierre II, dit de Ribemont.

Les restes de Ganthier, fils de Raoal comte de Grépj, tué en 1070 près de Reims , en portant des secours à Philippe i*', sont maintenant dans le cloître ; ils se trouTaient d'abord près du tombeaa de saint Rémi : on les déplaça parce qu'ils gênaient les travaux en i656.

Enfin dans le cloître près du chapitre se trouTaît encore Aiénaire, donûème abbé.

Dans la nef poUi^t<r«le ntfiée dq. çâté de W. sacristie « sons les arcades auxquelles. , ëy^iettt adossées les stalles-du .chœur placées ^i^ gi^uohe de celui qui eulrait dans Téi^ise par. Jp. grand portail, se trouTaicnt les seuls maosoiléep qui eussent traTcrsé les |kges au milieu des démolilions et des , modifications subies par le vieux Saint-Remi.

Sous la première arcade, du c6lé de la sacristilSt était le. tombeau de Çarlomai^^ii^ éta}t.cre^usé dan» une. pierre ^ongu^dej^ff^ ^ .bmt.piedst haute de trois >pieds et degii„]aig^ 4'^4U9t ;.i)^ était.prnéde sculptures co9M^Ç.<celi4 4ajpvin, que iout le monde copiial^, Ilj p^<4l v^p^.P^\ J Tojait.ui^ ckAt de tiioniphe. cha^rg^ d^idtitpQuiUes. opimes ; il n'était, ipaf.çQ^Tert, t; (;'é|t«i^ ufit. Trû cénotaphe. Il a péri tout i^i^lieiç^^^H. n'9P.* ^9*^ pas de débris, et nous n'en .ocoMÛssonâ , pas de dessin.

Près de lai était on mamolée placé aoos une arcade cintrée, cooTert d'one tabk de pierre et orné de fignres sculptées en relief : c'était celui d'Herbert Morlachar, boorgeœs dn ban de Saint- Rémi» mort en ii5o. Cet homme charitable atait sacriBé one partie de sa fortune à secourir les pauvres dans une famine qui affligea la Champagne au douzième siècle. Il avait d'abord été inhumé dans la chapelle du cloître, démolie en 1670; alors son monument fut transporté près de celui de Garloman.

Après lui Tenait le mausolée d'Odon , treilième abbé de Saint-Remi ; il se trouTait d'abord Il droite de la porte du chœur, du côté de la sacristie. En 1660 cette porte fat élargi, et le monument fut transporté sous la nef collatérale où il fut brisé arec les autres en 1793. Il était en pierre ; une arcade formait sa partie supérieure. Au-dessous était la figure de l'abbé de grandeur naturelle et sans doute couchée.

Sur la façade qui formait la base du tombeau ,

étaient représentés des cbartrenx tenant en lenrs maÎDS des instmmenls d'architecture. Cet abbé aTait instilaé la chartrense da MonUDien, et le scalptenr arait fait allusion à celte fondation.

Le monnment qui nous reste à décrire est celui d'Hincmar. Ce grand arcbeTêque fut d'abord inhun^é dans le caveau qui aTait reçu saint Rémi. Depuis son mausolée fut placé le quatrième sous la nef où se trouvait celui de Garloman. Il était fait pour être adossé contre un mur et se terminait en pointe à ce quil parait. Dans la partie inférieure était un bas - relief assez long, sculpté et orné de figures. Au centre on Toyait un empereur assis sur un trône , la couronne en tête, les épaules recoutertes d'un Toile, Têtu d'une longue dalmatique, tenant d'une main un étendard impérial , et de l'autre une petite église, qu'il présentait à un étêque debout près de lui. Celui-ci lui tendait la main droite comme pour recevoir l'église, et de l'autre il tenait un livre appuyé sur sa poitrine. De l'autre côté de

l'empereur était on é?éqoe 4 geooax « répéta de •on palliam , coiffé d'une mitre plate , et tenant k la main le bAton pastoral de saint Rémi.

Derrière cet éfêque était un prêtre tenant de la main gauche une crosse, et de la droite, un objet plat. Il s'inclinait. Derrière lui était un moioe debout, la tête nue , les mains jointes et étendues.

Un peu à gauche de l'empereur et à ses pieds, était un Scribe assis , tenant un livre sur un pupitre assez bas.

Derrière l'étêque qui recevait l'églisct était un autre évêque tenant une crosse.

Plus loin on voyait encore un roi debout , la couronne en tête , le sceptre en main. Devant lui un évêque debout tenait la sainte-ampoule , élevant sa main droite vers le front du roi et semblant le bénir»

L'empereur est Charles-le-Chauve. L'église qu'il présente est celle de Saint-Remi, à la con* stroction do laquelle il contribua. L'archevêque qui la reçoit est Bincmar. U est probable que

l'ardMvêqae ^qi bâmt. un roi est encore Bine, mer, qni lacre Lonis-le-Bèguc.

Noos emprnnlQns OcUe description eux ma* nnsçrîis de M. PoyiUon-Piérard, que .nous aTons ftOQTeiit utilement consoltés i il l'avait prise lai- même dans ceux de dom Egée.

Au sarplas une partie du mausolée d'Hîncmar se trouve reproduite dans les Monuments de la monarchie française , par . dom Monlfaucon »

Page 1