‹ Les sépultures de l'église Saint-Remi de ReimsChapitre 2 sur 2 · tome 1 , page 3o · texte numérisé non relu

tome 1 , page 3o

Le lecteur a deviné que nous n'avons cherché il préciser que. ce qui en était digne i nous- aurions pu indiquer d'une .manière aussi netlo un bi«ïn plus graud nombre de tombes. D. Chastelain, PovilloD-Piérard el d'autres les faisaient connaître : consullei^a donc leurs manuscrits qui voudra en savoir davantage.

On a - TU que maintes fois les religieux et les architectes avaient sacrifié aux besoins du monument et aux exigefi^ces de l'art le repos des morts même les plus illustres ; ossements enlevés, mau-

lolées déplacés, jMerres tamalaires potées aîUenrs qo'aa pœnt qid les arât reçues primitirement, sQDt des faits ordinaires dans lliistcnre que nous écriTons. Âusn toos ceox qai se sont ocenpés de relerer ce plan tomolaire ont été forcés tour 4 toor de constater des dontes.

Une occasion s'est présentée d'éclaircir quelques points peu certains, la commission archéologique de l'arrondissement de Reims en a profité. M. N. Brunette, architecte, chargé de la reconstruction de Saint- Rémi et membre de la commission, diiigea des fouilles dans le chœur, qu^ allait couYrir de dalles , et parrint à faire de curieuses découTcrtes.

ÂTant d'en faire connaître les résultats , il n'est peut-être pas sans intérêt dlndiquer ici ce qui fut remarqué dans des fouilles faites dans Saint-Remi ^ des époques antérieures. Elles ne forent pas dirigées dans un but historique : le bazard , des circonstances imprévues, les déran-

gements opérés poar des réparations y ont amené.

En i649t quand on fit le jubilé on trouva la tombe de Simon, seizième abbé régulier. Le corps était revêtu des ornements sacerdotaux; le bâton pastoral était près de lui

En 1709, en jetant les fondations do nouveau cloître on rencontra deux tombes: dans chacune le corps avait la tête tournée vers l'occident : dans l'une, le cadavre et tout ce qui l'avait revêtu, était à peu près détroit d'une manière complète : dans l'auti^e on distinguait encore les débris d'un vêtement de laine et de chaussures de cuir.

En 1766, en creusant dans la nef le caveau d'un religieux, on trouva des cercueils en craie ou creusés dans la craie : ils ne renfermaient plus que de la poussière : on pensa qu'ils appartenaient il l'ancien cimetière qui avait entouré la

primitive église dédiée à Saint-Christophe.

En 1763 , on déplaça le tombeau de l'abbé Pierre de Sacy, mort en 1 25 1 ; on l'oirvrit et on constata ce qni sait: le corps était Têln d'one robe de laine grossière : nne chasuble de laine la recouvrait : sur la tête on distinguait une calotte de feutre : Fes pieds étaient chaussés de bottines.

A la même époque , on ouvrit le cercueil en pierre do l'abbé Odon u, mort en 1269, et on constata et* qui suit : le corps était Têtu d'une robe violette assez courte , et portait une étole de même couleur bordée d'un petit galon de soie et d'or : près du bras gauche était un petit calice de plomb ; à droite était un bâton pastoral , dépourvu do crosse : un ruban violet destiné à attacher une croix avait du décorer le cou du défunt ; la croix avait été détachée s ii la main droite était on anneau de cuivre orné d'une pierre sans valeur. La tête coiffée d'un capuchon reposait ainsi que le^ épaules sur une sorte d'o*

reiller fait de paille et de morceaux de craie.

En 1715, on rencontra les rcsles de l'abbé Hérimar mort en 1071 : le corps était réduit i rien : on distingua Feulement qull étiit revêtu de son costume d'abbé, et chaussé de bottines.

Nous empruntons ces détails aux manuscrits de dom Ghastelain et de dom hegnault. Arrivons à ceux que nous sommes heureux d'y pouvoir joindre.

Le i3 juillet 1843, à six heures du matin, BIM. l'abbé Aubert, curé de Saint-Remi> N. Brunette, architecte de l'église, L. Paris , bibliothécaire de la ville, membres de la commission d'archéologie de l'arrondissement de Reims , se trouvèrent à Saint-Remi : j'assistais ces messieurs comme secrétaire de la commission, et j'eus à constater ce qui suit :

A l'entrée du chœur près de la ligne centrale , à fleur de terre on trouva deux tombei

bniées et violées t mau an-dessoiu était an second rang de cercueils de pierre que la dévastation n'avait pas atteints. Ils Tarent oavorts, et on n'y trouva plas que de la poussière t rien ne put être décrit II y avait donc dans Saint-Rcmi deux rangs de sépultures posées les unes sur les autres, les plus récentes sans doute sur les plus anciennes. Rien ne séparait les tombes brisées de celles qui se trouvaient intactes : les monuments inférieurs, creusés dans une seule pierre, couverts d'une autre pierre plaie mais épaisse avaient pu supporter le poids qu'on leur avait imposé.

Les ouvriers avaient mis h jour une troisième tombe située dans l'axe central du monument Une de ses extrémités était an haut du chœur à la hauteur de la première arcade du côté de l'autel ; le surplus était dans le chœur même. On la découvrit environ à un mètre et demi audessous du sol.

La pierre qui la formait était cassée par le

milieu ; sa surface était taillée en .dos d'âne. Le cercueil , fait d'une seule pierre , long de deux mètres, large de soixante-dix centimètres, profond de soixante-quinze centimètres , était plus large du côté des épaules que du côté des pieds. Les pieds du corps étaient tournés Ters l'autel.

Le corps arait été enseveli dans une bicrre en bois de chêne ; ce bois était à peu près réduit en poussière. Cependant des fragments subsistaient encore ; ils se brisaient dès qu'on les touchait. Cette bierrc avait été descendue dans la tombe à l'aide d'une corde dont les débris étaient faciles à distinguer; elle était grosse comme le pouce et avait dû être passée dans des anneaux de fer, tenus eux-mêmes par deux lames du même métal formant une sorte d'anse.

Les planches qui fermaient la bierre étaient assujetties entre elles h l'aide d'angles en fer tenus par des clous; nous en a^ons compté huit bien intacts quoique couverts de rouille. Quelques clous et une cheville de bois ont été aussi trouvés dans la poussière •

roHpor-

di

qui semblait aToir été de soie. Elle était plus petite que le petit doigt et se composait de deax cordelettes, contournées ensemble, comme le sont de nos jours les cordons de soie faits pour nos sonnettes.

Quel est le corps renfermé dans ce tombeau?

U n'y a ni crosse, ni bâton pastoral, ni anneau

d'or.

Le soin avec lequel la bière était fermée ferait supposer que le corps a Tojagé aTant d'être inhumé. On doit le présumer, surtout quand le lecteur aura vu quil n'y a pas de bière dans un grand nombre des tombes dont on Ta l'entretenir. Ce monument ne peut-il pas être celui de Boson » mort au siège de Saint- Quentin? On peut aussi, l'attribuer ^ Renauld, comte de Roucy. La place que celui-ci devait occuper (suivant dom Ghastelain) est à peu près celle du tombeau dont nous parlons.

Une quatrième tombe ouverte le même jour $tait âtuée à la même profondeur , sur la

môme ligne que la préoédenle et an mîliea du chœur. La pierre qui la conYre est taillée en toit à deux pentes

Le conrercle se compose de trois pièces. A leurs points de contact on remarque des cavitéa se correspondant et destinées sans donte à' recevoir des jointiares, qni d'aillenrs n'enstaîent pas.

Ge ooatercle étant le?é, on -vit qirïl était ci!ensé de cinq centimètres ; et dans le morceau qoi conyrait la tombe da côté des pieds, on trouvait à llntérîéar et an centre nn crenx long de quinze centimètres^ profond [de cinq, large de d$vLXf dont nous n'avons pu deriâer le but.

Le corps avait les pieds tournés ters l'autel ;= le. monument était plus étroit de ce côté qtÉe de l'autre. A cette extrémité la vaste pierre qui avait été creusép avait été insuffisante $ car on y avait assujéli une pierre pour compléter le cénotaphe.

Le corps paraissait avoir été enfermé dans un double cercueil en bois de chêne , car on voyait

les. débrk de deui planchea superposées les unes ans autces^ Le bois étoh mîeaiz oonsemé qoe dans la tombe précédente ; on en trouTait des fragments encoce. solides*

Les plandies qui formaknt le. cercaeil de^ iraîeat afok été assAJéties par des ch^liUes; car on ne déconirift ni clans m. angles de fei;.

Le corps n'avait pas de chaussures; il é^aài enveloppé de trois éloffes asAes ânes et dont quelques débris étaient bien conserrés. Elles étaient en laine ; on distinguait nettement le haut de la robe, la partie qui couvrait les épaules, et celle qui laissait passage au cou.

Gonune on le voit, on ne rencontre ici aucun signe qui puisse servir k établir la moindre identité : mais la présence d'une double bière peut faire supposer que le corps a TOjagé. L'absence de crosse, de bâton, d'anneau, de croix d'étoffe sur la poitrine et de débris d'étole peut faire croire que cette tombe est celle d'un laie.

Cependant au point oii elle se trouve, dom

Chastelain indique la place des archetêquctf 'Arnoald, Foulques et Guy de Châtillon, et des abbés Thierry et Airard. Le corps de Foulques^ massacré par ordre du comte de Flandres, fut rapporté à Saint-Remi : peùt<»êlre ses restes sontils ceux que nous examinons. L'absence d'ornements archiépiscopaux est une objection gra-ve * mais la Tiolence de sa mort peut expliquer bien des omissions qui ne tenaient qu'aux céré<> monies.

Le lendeinain quatorze juillet on continua les fouille^ et on constata ce qu'on Ta lire t

On ooTiit une tombe située h là même profondeur que les autres, un peu à gauche dé l'axe central, si on Ta Ters l'autel, et un peu k droite, si on en Tient L'extrémité, où se trouTaient les pieds, touche aux marchés du sanctuaire, précisément au lien où se trouTait jadi^ uik demi'» cercle t c'était U que se plaçait le fameux candé« labre de Saint-Remi.

Le couTCrcle de cette tombe est d'un seul

morceau ; il présente de chaqae côté une pente concave. Les deux pentes sont séparées par une arête large de quelques centimètres; au dedans de ce couTcrcle est un carré long dessiné par une double ligne gravée en creux.

Les pieds du corps étaient tournés du côté de l'autel ; la tête reposait sur un oreiller d« pierre , laissé en saillie au fond du cercueil.

11 n'y avait pas de trace de bière : quelques fragments de bois nous ont fait supposer que le corps avait été placé sur une planche pour être descendu dans la tombe.

Le haut du corps était habillé d'un vêtement fait de cuir très-épais, court, s'arrêtant à peu près au bas de l'abdomen, et ayant dû être asseï juste.

Les bras se trouvaient tout-à-fait dégagés et hors de cette singulière tunique ; la place qolls avaient occupée, se dessinait encore sur le cuir. Les deux mains avaient dû se croiser au-dessous de la poitrine s^r l'estomac.

Sur la poitrine était nue croix droite; set^

quatre bras ataient de* dimenûons égales : la longaenr de chacou poat ait être de vingt et un centimètres. Elle était formée de deux bandes d'une étoffe en laine.

Deux cordes ayant eniriron trois centimètres de diamètre allaient des pieds h la tête du corps et ayaient serri à le descendre dans la tombe ; deux autres cordes ayant en sans aucun doute la même destination liaient transTersalement Tune la poitrine, l'antre les pieds et se croisaient sur les deux autres.

La tunique de cuir dont nous ayons, parlé présentait k la place des seins deux protubérances bien caractérisées. Elles ne pouyaient laisser de doute sur le sexe de la personne easeyeliadans cette tombe. Les cuisses et les jambes étaient enveloppées d'une étoffe de laine très-grosiière.

Aux pieds on trouva des chaussures en cuir, au plus longues de vingt centimètres et larges de six centimètres. Elles avaient nécessairement servi à des pieds de femme.

Au«des^tt8 de la tunique de cuir était un vê-

tvment d'éloffu Irèërgrossière, jemblabie à celte qui sert à coavrir les biilJols i c'était probablement an ciiice.

A la place de la poitrine on découvrit an morceau de plomb ayaot la. forme d'un cône tronqué, percé du haut en bas ; la base du cône avait deux décimètres >ûe diamètre. Elle était ronde ou a peu près. -Le haut n'avait pas un centimètre de diamètre.' Le tout était haut de deux décimètres; les côtés du cône étaient-con* caves.

La tête était inclinée sur l'épaule droite t .elle était enveloppée d'un capuchon de cinr. Ce capuchon retombait- sur la figoite. Là place des yeux était indiquée par deux ouv«rtàres rondes ayant deux décimètres^ de^diamètre. -Gettb coiffure fut soulevée,' et on remarqua. iqùé /la. tête avait été ceùte de. bandelettes 'de > toile très-fine. Ikn fond du I capuchon, on trouva l0s>restiB» d'une longue chevelure. pSârfailement .coaaervéev Le blond Ardent était sa Couleur 7 eUe pouvait' avoir cinquAiMe centîinèti^s de 'i long'; les ckevjsux

■'étaient ni trêves ni natlés; mais ib étaôeot lénnift» tordus ensemble et ramenés en masse derrière la tête.

Ces chereox sont extrêmement fins ; ils oot ék appartenir k nne femme jenne, car ib ne sont ni Uancs ni gris.

Les restes de la mâchoire présentaient des fragments de dents c|ai avaient dn être Corir Uanehes; il n'en restait pins qne l'émaiL Len ossements dn corps étaient bien reeonnaissabkt. Si on les tondiait, ils se brisaient sons les doigts

Cette toadM est nne de celles qui smit faciles à reconnaître. EUe se trouve joste an lien où la tradition plaçait les restes de la reine Frédéronne ; sans donte nn monument ricbe de scnlptnres collerait jadis ces cendres rojaks. Il a péri Dieu ulï quand t on n'a pas même consenré l'épîtapbe qni le décorait, on qni a dn le remplacer. Frédéronne monmt en 917 : Gbacles-le-l^mide son mari fat détrôné en 995 et monmt en prison en 999. Son snccessenr forcé de fidr en An^terre

«9 De reTÎnt qu'en gSS. Cinquante-quatre ans après la race de Gliarlemagne no régnait plus 9ur la France : Hugues Gapet Tairait remplacée. On conçoit que dans un pays où les réToluUons respectent aussi peu les monuments qu'elles le font en France, le mausolée et l'épitaphe de Frédéronne aient entièrement disparu. Tout ceci n'est qu'une supposition : je l'abandonne au lecteur qui l'appréciera ce qu'elle raut. Le monument a pu . anssi périr quand on fit la mosaïque du chœur.

Frédéronne mariée en 907 mourut Tcrs 917 :

elle était la seconde femme de Charles- le -Simple, qui peu à près sa mort se remaria en troisièmes noces : elle mourut jeune et précisément les restes par nous trouvés indiquent le corps d'une femme jeune. Ainsi la tradition no se trompait pas, et la génération présente peut, sans crainte d'erreur, rendre à ces débris humains le nom et les honneurs qui leur sont dus.

Le Tétement de cuir, et le oilict de toile gros-

Mèrti indiquent que la reine csi morte dans iei ■cntiments de l'hamilîté la pins rigoarease : et ce fait noiu explicpie pourquoi la tombe ne contient ni couronne, ni bijoux d'or, ni pierreries.

Le même jour on ouvrit une deuxième tombe:

elle se trouTe h l'enlrée du chœur, un peu â gauche de l'axe central en venant de l'autel , h côté de la troisième ouverte la veille, et un peu plus en avant dans le chœur. Elle est située à la même profondeur que les antres. Son couvercle se compose de quatre pierres unies entre elles par du ciment, et de formes hrrégnlières : elles sont fjlates et sans aucune trace de travail » dans le cénotaphe était un cercueil de bois à peu près détruit et réduit en poussière : on: a retrouvé les clous et les armures qui attachaient les plaiiehes entre eUes.

Le corps était enveloppé d'un tissa qui parut être de soie. Sur la poitrine était une croix formée de deux bandelettes croisées t faites d'une étoffe de soie fort rîcliement ornée de dessins

brqchés -oa brodés. Ce» deux étoffes étaicnl de couleur brune : il est probable qu'elles devaieut cette nuance à la putréfaction. Le défunt était chaussé de bottines de cuir bautefi de Ting-sept centimètres eniriron.

Les bras étaient étendus en long do chaque côté du corps. Du côté droit, près des pieds on trouva un morceau de bâton rond , ayant quinze millimètres de diamètre, long de dix-hait c<«timètrc8, terminé par une pointe de cuivre conveite de Terlrde-gris. Cette pointe de métal pouvait avoir neuf centimètres : d'autres morceaux de bftton de même nature se trouvaient *du même côté, le long du corps. Nous avions évidemment devant les yeux les débris d'une crosse ou d'un bftton pastoral.

Du même côlé à la place où devait se trouver La main, on rencontra un anneau d'or massif , uni , haut de sept millimètres, portant pour inscription en lettres romaines s ONVS ONERV.

Nous croyons devoir lire t anus onerum ; fardeau des fardeaux.

PltM haat, prèft de Tépanle on fragment de calice on de Taae ea pload». Ob n'a rien rencontré qui pot reawoiUer à Feztrémîlé tapérieure d'une crosae.

Le lecteur est frappé de la rmaernblancc c|«il j a entre les objets trouvés dans celte lonbe et cens qu'on découyrit dans le cercoeO de l'abbé Odon , douiièmc du nom , mort en 1969. Aon peot«on , avec quelque cerlîtode, altribver celte sépulture k un abbé de Saint-Bemi : pent- ^tre est-ce celle de l'abbé Aîrard , mort en io36, on celle de l'abbé Thierry , mort en 1048.

Toutes les deux doivent, d'à près dom Chasielain, se trouver k peu près au milieu du cbceor.

Le mémo jour , une troisième tombe fut ouverte; son couvercle est d'une pierre de grèt bâtard d'un seul morceau, taillé en dos d^ne : le monument est intact, et l'état de conservation ^es ossements , qui sont blancs et solides , fait supposer que ce tombeau est plus récent que tous ceux dont nous avons parlé. Il n'j a pas de

9^ traces de bière . et le corps a dû être simplement déposé dans la tombe : il était cbuTert d'an irêtement de laine. Sur le milieu de la poitrine on toit nne croix faite de deux bandes d'étoffe aussi en laine. Les pieds étaient enfermés dans des cbaussurcs de cuir semblables à celles qu'on a trouTées dans les tombeaux ouverts antérieure* ment.

Cette tombe est située au milieu du chœur • il côté de celle ouverte en quatrième lieu le iS juillet, un peu à gauche, en venant de l'autel , et un peu plus vers le bas du chœur.

On peut donner ce monument à l'une des cinq personnes que nous avons nommées en parlant de la quatrième tombe ouverte le i3 juillet.

Le 1 5 juillet, on continua les fouilles et on découvrit une tombe située près de la seconde colonne qui soutient les Toutes des nefs collatérales : elle avait été violée et se trouvait pleine de terre et de décombres. Sa largeur était d'un

mètre ; la pierre qui la cowrrait , dinsëe enx[iMilre morceaox^ était plate.

On n'a rien découvert dans ce tombeau : il devait ^tre caché bous les^ stallea.du chœur ; aUtaî peut-on l'attribuer au comte anglais Burcfaard s ce n'e»t qu'une présomption que d'ailleurs nen ne conOrme ni ne combat

En continuant les fouilles à gauche en regardant l'autel du côté de k sacristie , entre la porte latérale du choeur, les marchés du sanctunre , la tombe de la reine Frédéronne et celle qm fut ouverte la troisième , on trouva un amas de décombres et de remblais d'origine moderne s il est probable qu'une excavation avait existé h cet endroit, qu'on avait enlevé ce qui s'y tronvail» et que le vide qu'on avait fait ayait ensuite été comblé.

Qn a découvert dans ces débris i

1* Des ossements^; a* des débris dç vases antiques en terre rouge , peut-être d'origine galloromaine ; 3*^ un fragment de vase de verre h eôtcs

ondalées; 4* àes ferrements qui avaient êernk rdier des bières , semblables à ceux rencontrés dans les tombeaux déjà ouverts ; 5' des losanges de marbre, noirs et blancs, provenant sans doote de l'ancienne mostiique ; 6* an carreau de terre vernie sur lequel était une fleur de lys ayant pfBQt-ètre la même origine; 7* plusieurs fragments qui venaient évidemment de la mosaïque 2 les uns se composaient de petits carrés de marbre, noirs et blancs , arrangés comme dans un jeu de dames et ayant environ trois centimètres sur chaque côté ; les autres offraient de petites pierres noires, rouges et jaunes réunies ensemble avec un mastic que l'on voyait dans les jointures. On trouva encore un pied de la statue de l'un des rois , et un morceau de sculpture, débris de l'ancien jubé.

Nous rappellerons ici que , peu de jours avant, les ouvriers, en creusant près de la sacristie, avaient trouvé une baguette d'or, longue de quinze décimètres, épaisse d'un millimètre, large de trois millimètres. 11 parait que sur ce point il y

b preCnalioii de l'église une cavité oà rMprtdfitadeidéliritdetoateDatiire. Eni8i8.

•« y traava des BOfceaax de mosaïque extrême-

i» : k« pieim étaient fort petites; on ne

pas k aiitie qui les unissait

I^ Kne jvllct M mit h joor une tombe paratklr à rdie de b iôm Ffédéronne. Comme efle .

cfir foMkait mx marches da sanctuaire : son i*» » q ^ ^ pierre se compottit de trois frag- BCBts ; cfle ■'mit pas été violée.

Oa T tftmva «a coq» de femme. U fat facile de rPoaBMltre «m sexe k h longueur des che* w«x qn élaicst eoiuerrés, k b petitesse des |àods, cl i b bfigew des lianclies.

Les dicvesx avaiest été blonds et tiraient snr V bbac On cnit reconnallre quH restait sur )cs tfspes des cbevenx pbts et lissés.

La MJffcoire avait comer i é quelques dents; Il |>artie postérievre du crâne était presque in- UM; b» ii ie fei étaient cncoie adhérents Le OD«f« avMt élé converl d'abord d'un vé<e-

ment de cuir ; dessous éUieiit les délnns d'one étoffe irès-commiine, faite en fil grosàer. Les bras étaient étendus le long du corps. Les pieds étaient renfermés dans des chaossares dont les débris parurent être de laine. Enfin la tête reposait sur une sorte d'oreiller en pierre , laissé en saillie sur le fond de la tombe.

Ce cercueil est celui de la reine Geriberge.

Elle seule pouvait prétendre k placer ses restes sur la même Ugne que la reine Frédéronne.

Gomme celle-ci, elle touchait de ses pieds le sanctuaire où reposaient les reliques de saint RemL Ici rien ne nous retrace, comme dans l'autre tombe royale, le corps d'une jeune fenmie, et il derait en être ainsi. Gerberge était déjà TeuYC quand, en 969, elle épousa Louis-d'Outremer ; elle mourut en 976, c'est àdire , trente-quatre ans après son second mariage. Elle devait donc être avancée en âge, quand tinrent ses derniers jours. La rudesse de son dernier costume s'explique par l'esprit d'huf milité. On remarquera d'ailleurs que les deux

reinerfeont cnseTcBes de la même manière. Cette limilitade est encore lin signe disdnctif qui doit lenrir à établir lenr identité. Nous possédons l'épitaphe de la reine Gcrberge.

Près de celte tombe et nn peu pins à droite, en regardant l'autel, on décou?rait l'extrémité d'an' cercueil en pierre, rapproclié de la surface dd sol , il était couTert par les marches du lAnctaaire, et avait été brisé. Use trouvait au point où était posée l'une dés statues rojalea.

Il est possible que ce monument soit ce qui reste du cercueil qui avait reçu Louis-d'Outremer et qui s'était trouvé vide quand on transporta son corps près du ma^sblée' de Garloman.

Ainsi la reine Gerberge se trouverait aux pieds du roi son époux. La position de ces deux tombeaux confirme nos présomptions k leur égard.

Le même jour une troisième tombe fut trouvée. k gauche du chœur, en regardant l'autel. Elle était d'une vaste dimension.

Son coaTercle se composait de trois grosses pierres unies, d'ane quatrième taillée en pointe placée du côlé des pieds, et de denx antres de moindre dimension placées à côté de celle-ci.

Une des trois grosses pierres était plate et prorenait da revêtement d'un ancien édifice.

Un de ses côtés était taillé de manière à s'a* dapter à une rainure creuse; cette cannelare allait du haut en bas. Au sommet on a?ait creusé dans la pierre des trous ronds ayant trois centimètres de diamètre; ils avaient dû senrir h recevoir des attaches destinées à fixer la pierre à un corps placé au-dessus d'elle

Le haut était orné de sculptures romanes représentant des cintres qui s'entrelaçaient.

Sur la poitrine était une croix faite de ban< delettes d'étoffe de fil d'or tissées avec art, et produisant dans le tissage des dessins curieux, ces bandelettes étaient larges de cinq centimètres. Chacune d'elles pouvait avoir quatre décimètres de long ; elles avaient un liseré en haut et en bas d'un millimètre. En haut et en

toc

bas était ane gnirlande de feuillages. Entre ces deux guirlandes on Toyait des figures d'animaux; on distinguait un aigle et un lion.

Le surplus du dessin était orné de croix dont les quatre branches étaient égales; le style bysantin se fait reconnaître dans les lignes tracées sur cette étoffe. Elle est analogue k un Toile donné, en 877 , par Cbarles-le-Chauve , à Notre-Dame-de-Gbartres. Wilniin, dans son grand ouvrage sur les Monuments inédits de l'Histoire de France, en donne un dessin partiel, mais très- fini : vol i , pi. 16: Ce genre d'étoffe se tirait de l'Orient. Gomme les styles bysantin et romain dominèrent encore long-temps après le neuvième siècle, il est difficile d'affirmer que le monument qui nous occupe soit de cette époque. D'un autre côté celte tombe peut être postérieure à l'an ioo5; caria pierre ornée de sculptures romaines, qui en couvre unepartîe^ peut venir de l'église bâtie par Hincmar et démolie à cette époque. On peut aussi l'attribuer •aux débris de l'église Saint-Gbristophe démolie

lOI

en 635, oa de celle qae fit démolir Hincmar en 853. Dans celte hypothèse, la ressemblance de notre étoffe avec le voile donné par Charles* le- Chauve en 877 reprendrait son autorité et pourrait servir à dater le monument

Les débris de bâton pastoral ou de crosse qull contenait, nous permettent de choisir entre un abbé et un archevêque. La richesse de l'étoffie que nous avons décrite me fait pencher pour, ce dernier parti ; mais nous devons nous arrêter là. Jusqu'en 996, vingt-trois archevêques ont dû être inhumés à Saint-Rcmi. Cette tombe peut donc s'appliquer à plusieurs d'entre eux , dans l'un et l'autre système. Au surplus dom Ghastelain ne semble pas la connaître.

A côté de ce cercueil et plus près des colonnes du bas côté conduisant à la sacristie, étaient les débris d'une tombe détruite. On trouva encore en faisant cette fouille quelques débris de mosaïque semblables à ceux qu'on avait déjà rencontrés.

Les fouilles n'ont pas été poasséei pins loin : nons aTions constaté pladenrs points impor* tants I la place où se trouvaient Gerberge et Fré» déronne nous étaient connues : nous avions la preuve que l'église Saint-Remi renfermait encore im grand nombre des personnages illustres qui y avaient choisi leur sépulture. Il s'en suivait que leur élever des monuments n'était plus une entreprise seulement faite pour plaire h llmaginalion. Pour retrouver la tombe d'Hincmar^ il eot fallu remuer presque tout le sol de l'église, opération immense qu'il ne nous était permis d'entreprendre. Toutes les tombes ouvertes étaient dépourvues d'objets distinctîfs pouvant servir h leur donner un nom et une date : nbos dûmes donc nous arrêter. Des échantDions des objets trouvés ont été remis à M. le curé de Saint-Remi.

Dieu veuille que cette visite faite dans l'intérieur des tombeaux de Saint-Rend soit la dernière t Os ne contiennent ni or ni pierreries i un peu de poussière, quelques lambeaux d'étoffe déea-

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lorée, Toilà ce qulli renferment. Que la cupidité les respecte : les réTolations n'ont plus rien à leur demander, car ce qu'elles j trouveraient est insaisissable et ne peut êti^e dispersé.

Nous ne devons pas borner notre t&che à an« ftimple recommandation. Ce n'est pas le respect de l'onbU ou de l'indifférence qu'il faut ans tombes de SaintRemi.

Ce que nous demandons, c'est un monument k toutes les gloires qui se rattachent au vieil édi* fice, qui fait l'ornement de notre antique cité.

Saint Rémi est le saint témoin de notre hj8« toire. Nos chroniques sont écrites sur ses murs. Illustrons ce vieux livre qui raconte tous les faits et gestes de nos pères.

Nous qui croyons que tout ne meurt pas avec le corps, ne foulons pas aux pieds les cendres des trépassés; honprons celle des hommes qui ont servi le pays. Leur âme immortçUç comme l^ur gloire , plane fur nous et veilla encore aux dallées d« la putrie.

Que dlMMMM» îlhHlre* oaI ptîé tous les Toûies

de Saiiit-Bemi ! c|ae de faranU cfû ool éclairé la

France et édairenl encore de lenn lumières les

généradoof pfésentes, comme ils éclaireront

ecDes qui Toni tenir, onl étudié sons son cloître

antique ! Redire anx enfants de la Champagne les

noms de chacnn d'eux serait une ceurre nationale.

Leur réputation n'est pas l'œu? re d'une intrigue

poliljque ; leur gloire n'est pas souillée de sang,

comme celle que donne la guerre. Elle n'a coûté

ni larmes, ni trésors. Est-ce une raison pour

l'oublier.

Reims fut, dans les premiers siècles de la monarchie, un des asiles oà se réfutèrent les sciences et les lettres. Les écoles de la cathédrale et de Saint-Remi étaient célèbres entre toutes dans le monde chrétien; des princes du sang, dos hommes qui devinrent papes, des illustrations de tout rang, de toute nation, y vinrent s'asseoir sar les bancs ou monter en chaire. Ce serait une belle histoire h faire , que celle de la lit-

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térature et da savoir à Reims pendant les donzc premiers siècles de notre histoire. Si cette tâcLé était remplie, on saurait tout ce que nos de- Tanciers^ ayant à leur tête le haut et le bas clergé, ont fait pour instruire leurs contemporains; on comprendrait que le monument dont la commispion d'archéologie demande l'exécution, est une dette dont le présent doit s'acquitter euTcrs le passé.

Quand les écoles de Reims curent perdu de leur importance et se Tirent remplacer par l'UniTcrsité, les moines continuèrent à étudier et préparèrent la Toie ou dcTaient entrer les hommes qui couTrirent l'ordre de Saint-Benoit d'une gloire immortelle.

Enfin apparurent ces volumineux ouvrages où la patience le dispute à l'érudition , ces admirables collections de monuments historiques ou littéraires^ où nous puisons chaque jour, où ceux qui nous suivront ne cesseront d'aller chercher les titres, les preuves, les secrets de notre histoire nationale ; tâche glorieuse que

iiiali enmpraadre ckM fsèfM el t^épMéft d»

Urt aénÉdiBtnu.de SsbU-BoK Fiwfc Ik» ttl raccoBipiimknr OKoie qBaad l*bc«9» Utt 1 793 Itf ft a <iîapefaéa pinur tasîon&

J*iBà c i t m c h ii k réunir !«& nams qns mÉluni ctié «lûftl iiiMir ccmab» ans mère aÎMt MM cnà'ttifcU. PliMÎMur» et coul qui les oast partit •Mil iM» di«i nttft nuo»; d'anirefr j août lannrir; d';iitic«» a'oni (ait qa'j pwwr.

iMtt uial biiMà mérité dn piya» Je ne me iHttiirrttipÉyi ioni œ qne mon tranrail a dlncnikpkli. (lu ttttltv Êitra uùtttx^ Je ne fierai le biop»* |jyed» perwinne. Un noee eft une dirte, leilà UmI «w ({nli Ciinl cfaercber dene ce <{ai euL Je ÎHile iiue^Hini» inerree des fiwMlslWme de |f 4ttm t Htàiutlte r4kv«fi^

M»U«>Mi|Kièinee4iuniikHtaîèsles» les di ^$<dlrt*ll«Bà dénient fini — nik llmceire» perk

qiilb exécataient. Ils s'appliquaient à consenrér b pureté des caractères romains et multipliaient les exemplaires des chefs-d'œuvre de l'antiquité profane, et des pères de l'église.

Dans le neuTième siècle , les moines Leutborl et Adalolde se font remarquer par la pureté des copies, j'allais dire des éditions, qui sortent de kurs mains. Giborien , comte du palais , retiré k Saint-Remi donne au monastère une rch^ bibliothèque.

A la même époque les Bénédictins de Saint- Remi, de Saint-Nicaise, d'HautTillers (car il faut confondre ces trois maisons) écoutaient les le* ^ons de Placide et applaudissaient aux poésies de Haldouin et d'Allmanne. Sicfarius enseignait les sciences, Hucbald professait avec gloire vers là fin du même siècle.

Vers l'an 901 fleurissait le poète Sigloard.

Saint Duncan , cet illustre écossais , passait le* lAers et Tenait donner des leçons aux élèves d»

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n Uitt» dci mianiiicrits qui furent portés CB A ig)kteiig . A« duième nècle encore; nôfiofîea de Eeins, Flodoard, étodiait aax éeole» de notre monastère.

An omîèine siècle , Tabbé Robert écrÎTait one kiiloire des Croisades; Antylme racontait le ipoya^ de Léon IX en France, et Lambert (le jenne) attirait la fonle à ses conrs. Fla^ald et Anselme n'avaient pas moins de répntalion comme professenrs ; Lambert instruisait la jea* Tcrs 1080

An doonème siècle, Gaatbier de Ifortagne pffofesscnr, Drogon (depois cardinal), Gainaame (depuis abbé de Saînt-Tbierrj), et Joranne, abbé de Saint-Kicaîse, faisaient la gloire des écolâ de Saint-RemL Baudouin (ii45) écrîTait la TÎe de saint Gibrien , et l'abbé Pierre de Gdles âait appelé ^l'éTéché de Chartres, par le renom que lui STaient fait son savoir et son âoquence.

En 1968 , le moine Frotmond vient de

tog

ClaîrTauz instruire les élèves de Saint-Remi.

Cent ans après, nous trouvons dom Picart de Lavisville et dom Ponçard de Vendresse , savante dont les manuscrits ont enrichi la bibliothèque du monastère. Alors vivait Drogon , moine d'Hantxillers, dont les ouvrages ont traversé les âges et sont encore de nos jours conservés à THôlel-dc- Ville. Peu après, on allait en foule entendre à Saint-Remi les sermons de dom ^licolas Picard.

En 14^9 , passait de yie à trépas l'abbé Jean , dit Canard , homme de mérite , qui protégeait les arts et dota Tabbaje de curieuses tapisseries.

Au seizième siècle , nous citerons dom Valeniin Dupuis et dom Hubert Dupuis , avec eux Guillaume Gifford, depuis archevêque de Reims, tous gens de mérite et de savoir.

An commencement du dix-septième siècle, l'ordre des Bénédictins subit une réforme : la congrégation de SaintMaur donnait une nouvelle impulsion à l'étude des sciences et des lettres. L'abbaye de Saint-Remi vint de nouveau se mettre

k b tttr d» ■■■liff «vaai, CHcr toBles tes JIIb»tga t if> f|Bi paaèmrt ipeJq ics asBécs à j tra* wBer, ce serait £iîreUfisied»nvanlsbésédio.

tiu : ■» fl en csl qœ je ne pus oobfier : Wor gloire est à MM» : elle fait Forgacilde notnuun.

A cette époque se prcseBlcBt à bous dom J.

LnpagBol» BMirteB 1619» êook Paul Begnanld, doai Ponce Pickart , doaa J. K. Cocqvdiert, dom Lcgrand » dom Victor Cotion , dom Bernard Hanclietle, dom François Leftrre, dom Benoit de JomîUiac, dom J<iaciiiaa Lccontat,dom Cbnde Bretagne» dom ISerre Lcdnc. Poètes, bislonena, pré^catenrs , ik Tiennent iDostrer le âède des bdks-letlres en France. An mificn d'eux bnllent , dom Marlot, prieur de Saint-Kîeaise , dom MabiDon , dom Rmnart , iUastres saTants cpie le moode entier noas enrie.

An siècle sÛTant dom Egée , dom Smon Ifopînot» dom L. Pisant, dom Gnaryi, dom Tldroiix » dom F. Febres, dom Saha.thirr, dom Maore Dantine , dom Lnjais , dom HandiquieTi dom J. B. Baossonet , dom Ronurm * dom J. CL

Vincent , dom Noël , dom Cba»tcUin , dom Sutaine, dom Glaasse, dom Amé, dom Ventant •iiWent dignement l'exemple de leurs devanciers.

Nommer les derniers abbës de SaintRemi, c'est nommer toutes les grandes familles dont riiistoire est mêlée à celle du pays : ce sont dea archevêques, des cardinaux, des princes.

Nous voyons la mitre abbatiale passer au cai^* dlnal de Lenoncourt, k quatre princes de la maison de Lorraine , à Henri de Savoie-NemourSf è Charles Paris d'Orléans-Longueville , puis à un Colbert, un enfant de Reims, puis à d'Âubasson- Lafeuillade , au cardinal de Fustemberg , à Letelller , au cardinal Gualterio , au cardinal Potier de Gesvres, à Messieurs de Rochechouart et de Talleyrand-Périgord. Tous ont joué de grands rôles , tous ont inscrit leur nom aux pages de nos annales, tous sont dignes d'avoir un monument à Saint*RemL

Rapprochons de ces souvenirs encore récents

lia

cens qai sont chers 4 nos Tieilles chroniqaes,

éToqaoDs ces ombres endormies depois tant de

ùècles. Quels sont donc ces anciens archerêqoes

qui reposent depuis mille ans près des restes da

grand apôlre? C'est Lendégisille , fils du dac

d'Aquitaine ; c'est Engerbert , fils d'Ega , maire

du palais de Neusirie ; c'est Landon , frère

d'Archinoald , successeur d'Ega ; c'est Ni?ard

dont la sœur portait la couronne d'Austrasie;

Réol , gendre de Ghildérîc II ; Rigobert , qui

sut régulariser le chapitre ; Abel ou Ebal ,

lo premier qui ait porté le titre d'archevêque ;

Turpin , le fat ori de Gharlemagne , le héros de

nos iricilles chroniques, l'homme qui amena les

Bénédictins à Sainl-Remi; c'est Vulfar, un des

mUsi'daminici du grand empereur ; ctest Ebon ,

qui donnait et ôtait les couronnes ; c'est Hincmar

dont le nom n'a pas besoin de mes commentaires ;

c'est Foulques, le restaurateur de. nos écoles;

c'est Henré , grand-chancelier de France , l'apôtre

des Normands ; Hugues , le fils du trop fameux

Herbert, comte de Vermandois ; c'est Artaud ,

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premier seignenr et comte de Reims qui y fit battre monnaie ; c'est Âmould * le dernier descendant de Gharlemagne en France. N'est-ce pas là toute l'histoire da moyen-âge ? Chaque nom rappelle une grande époque , chaque nom se lie à de Tastes souTcnirs : toute cette poussière que la pioche de l'ouTricr remue dans Saint-Remi , c'est celle des héros de notre histoire.

Qui Toyons-nous encore au milieu de tous ces prélats? Frédéronnc, la malheureuse épouse de rinforluné Charles-le-Simple^ Louis-d'Outremer* ce prince proscrit dans son enfance, rappelé sur le trône de ses pères* et qui Tint mourir à Reims, sa fille Albrade, son petit-fils Gilbert; son fils le roi Lothaire. Qu'on se rappelle le royaume de France réduit à cette épo" que aux \illes de Laon et de Reims, et l'on comprendra que toutes ces tombes sont celles des rois que reconnaissaient nos pères. Leur histoire « c'est celle de Reims, c'est celle de la monarchie. Nous ne leur refuserons pas un souTenir*

Pais enfin le dernier de tons je nommenû •aint Rémi» taiot Rémi le père de la religion dans nos contrées, l'apôtre de la monarchie française, le père de la ciTilisation, saint Rémi, dont le nom rappelle celai de Tolbiac , la première da nos victoires nationales.

Letez-Toas donc pierres sépnlclirales; dressei-Toos, saintes et grandes omkres ! drapez-Toas de Tos robes de Teloars ou de bore, de tos manta ans d'hermine ou de tos dalmatiqaes d'or, toos tons qai aTex instrait et éclairé nos pères, leoas tons qui aTes tena dans tos mains les destinées de Rd9is et parfois celles du royaamc, et demandez la pierre iamnlaire qoi toos est dne. On ne toos la refusera pas.

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