‹ Les sérothérapiesChapitre 36 sur 57 · SYPHILIS — TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

SYPHILIS — TUBERCULOSE

Syphilis. — Sérolhérapie : par injeclions de sérum d'animaux sains ; par injections d’animaux inoculés de virus syphililicpie. — Inefficacité sur l'évolution de la syphilis et sur les accidents secondaires.

Certaine efficacité et riMe adjuvant dans la cure des syphilides végétantes et ulcéreuses.

Tuberculose. — Essais d homosérothérapie et d’hétérosérotliérapie, de microbitliérapie et de toxinothérapie (lymphe de Koch). — Injeclions de sérum d'animaux prétendus réfractaires. — Inanité des résultats ; fausse immunité tuberculeuse des animaux domestiques.

Sérothérapie par sérum d’animaux inoculés en vue de renforcer l'immunisation : action de retard sur la marche de la maladie et sur les lésions locales.

Sérum de Maragliano ; son histoire. — Insuffisance des résultats obtenus : son ri'de plus antitoxique qu antimicrohien.

Efficacité relative des sérums antituberculeux sur les tuberculoses localisées (lupus).

Syphilis. — Les résultats olitenus par les tentatives d’imimmisation faites contre les principales des maladies infectieuses, que je viens de vous dire, devaient, ^Messieurs, conduire à employer les mêmes procédés pour traiter une maladie unanimement considérée comme infectieuse, la syphilis., quoique aucune démonstration sur ce point n’ait jamais pu être laite. Comme vous le savez, non seulement on ne connaît pas l’agent pathogène de la syphilis, mais on n’a pas réussi jusqu’ici à la communiquer à l’animal; les résultats obtenus chez le singe restent hypothétiques.

Cette immunité naturelle des animaux contre la syphilis explique qu’on ait eu, au premier abord, l’idée d’employer leur sérum sanguin comme agent préventif ou curateur.

La première tentative de ce genre fut faite en 1891, à l’hôpital Saint-

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Louis, dans le service du professeur Fournier, à l’aide de sérum de chien*, à la demande el sur les indications de Ch. Richet et d’Héricourt.

Ces expériences furent répétées par Tommasoli’, Giusejipe !Mazza’, Kollemann Augagneur **, etc., qui employèrent du sérum de différents animaux, tels que le chien, le mouton, le veau, l’agneau, le lapin, l’âne.

Tous ces auteurs, à l’exception de Kollemann, observèrent à la suite de cette sérothérapie, surtout quand elle était associée au traitement spécifique, une certaine amélioration de l’état général, la diminution de l’anémie, la reprise des forces, la cicatrisation plus rapide des ulcérations syphilitiques. iMais jamais cette médication n’eut d’influence sur l’évolution même de la maladie, ni sur l’intensité des manifestations ultérieures.

Pellizzari®, le premier, inaugura une autre méthode en injectant à des malades porteurs d’un (diancre ou de syphilides secondaires, dn sérum de syphiliti([ues arrivés à la [léi-iode tertiaire. Cette méthode était basée sur ces faits, que d’une part les syphilitiipies ne contractent pas une seconde fois la svphilis, et que, arrivés à la période tertiaire, ils ne sont plus sujets à présenter d’aceddents secondaires ; que, d’autre part, les cas d’immunisation héréditaire de l’enfant né d’une mère syphilitique et d’immunisation conceptionnelle de la mère par un fœtus sv[)hilitique, permettent de supposer le passage, au niveau du placenta, tantôt de la mère à l’enfant, tantôt de l’enfant à la mère, de substances vaccinantes contenues dans le sang.

Tous ces faits semblaient justifier la tentative de Pellizzari, dont les résultats furent cependant loin d’être encourageants ; en aucun cas il ne réussit à enrayer l’évolution de la sy|)hilis.

Enfin, on essava d’appliipier à la svphilis une méthode (pii avait réussi pour d’autres affections : celle ([ui consiste à immuniser un animal contre une maladie infectieuse, et à se servir ensuite de son sérum comme d’un agent préventif et curateur pour les individus atteints de cette même maladie.

1 . — Sur la valoiir thorapeulique dos injections de sérum de chien chez les syphilitiques. Société de clermatolngie el de syphiligraphie, Itihl.

2. Tom.masoi.i. — Snlla azione del sioro di sang'ue di agnello coiilro la sifilide. Gazzella degli ospedali, 18!)â, n»

3. G. Mazza. — A proposito délia sieroterapia iiella sifilide. Gtorii. liai, dette mataitie veneree e dette pette. 1803. Juin.

4. Koi.lf..mana’. — Blutscrnni injectionon gogen Syphilis. Deutsche med. ]\ ocheiischrift, n° .30, 1892. a. Algagnklk. — Injections de sérum d'ùno à des syphilitiques. Soc. fra/içaise de dermalotogie et

de syphitigraphie, 1890. .\vril.

0. Pkllizzari. — Goncetto intorniativo dei alcuni tentativi di attonuazione delle sifilide. Journal ilatien des matudies l’éncrieiines el de la peau, 1892-94.

SEROTIII<;n\PIK DES M.VL.VDIES INl'ECTIEL'SES

Comme les animaux sont rélVaetaires k la syphilis, on pouvait essayer de renforcer leur immunité, de même cpi’on renforce rimmunité nalurelle de la poule contre le tétanos, de manière à lui permettre de fournir un sérum antitétanique préventif et curateur, comme l’a (ait Xocard

Ce procédé a été employé par Giuseppe Mazza en Italie, par Ch. Richet et Iléricourt, Gilbert et Louis Fournier, en France.

iNIazza se borna à quelques tentatives, sans suivre du reste les malades qu’il avait traités.

Ch. Richet et Iléricourt ‘ inoculèrent à un chien du sang de syphiliti([ue en pleine période secondaire et non traité. Huit jours après, ils recueillirent le sérum de ce chien et l’injectèrent à une femme de cinquante ans, qui avait contracté la syi)hilis vingt ans au[)aravant, et chez laquelle commençaient à se manifester les symptômes de la ])ériode préataxique du tabès. Sous l’inlluence de trois injections de 2 centimètres cubes de sérum, la cé[)halée, les crises gastriques, les douleurs fulgui'antes, le signe tle Romberg dis])arureni. 11 est regrettable ([ue cette malade n’ait j)as été longuement suivie, car la rapidité des phénomènes produits chez elle autorise à se demander si les injections n’oni point agi chez elle, non comme injections spécifiquement immunisatrices, mais comme l’ont fait (dans des cas analogues, dont nous aurons à parler), par exemple, des injections de liquide orchidien ou des injections de sérum artificiel ?

Lue autre malade, âgée de vingt-cin(| ans, atteinte de la syphilis depuis l’àge de dix-huit ans et portant des ulcérations gommeuses rebelles au traitement spécifique, reçut, en six jours, 12 centimètres cubes de sérum de chien; ses ulcérations se sont rapidement cicatrisées, l’état général s’est amélioré.

Enfin, les mêmes auteurs disent avoir vu trois gommes ulcérées, non modifiées par le traitement mercuriel, se cicatriser à la suite d’injections de sérum provenant d’un âne (pii avait reçu, ciiupiante-trois jours auparavant, 20 centimètres cubes de sang d’un syjihiliticjue en pleine période secondaire.

Gilbert et Louis Fournier ÿ suivant la méthode de Pellizzari, ont emprunté du sérum à deux sy[)hiliti([iies à la période tertiaire, dont l’un tabétique. Le premier malade qu’ils traitèrent était porteur de deux chancres infectants de la verge avec adéno|)alhie inguinale, éruption maculo-papuleuse généralisée, céphalalgie nocturne intense, douleurs

1. Richet et Héuicourt. — Société de Biologie, 189ü. 12 Janvier. Société de Biologie, 189ü. 9 .Vvril.

2. Gilbert et L. Fournier. — Essais de sérothérapie dans la syphilis. Semaine Médicale, 189a. Avril.

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ostéocopes, fièvre, état anémique. Il reçut en vingt jours 3o4 centimètres cubes de sérum. Sous rinfluence de ce traitement, l’état général s’améliora, l’anémie disjiarut, ainsi que la céphalalgie et les douleurs osseuses; le sommeil et l’appétit revinrent, l’éruption généralisée s’amenda et disparut dans les points où les injections de sérum avaient été faites.

Dans une seconde série de recherches, Gilbert et Louis Fournier ont employé du sérum d’animaux auxquels ils avaient tantôt injecté du sang de syphilitiques, tantôt inséré sous la peau plusieurs chancres syphilitiques, tantôt enfin fait l’une et l’autre de ces deux opérations. Ils ont saigné ensuite les animaux et ont ainsi obtenu trois sérums différents, de valeur à peu près égale.

A l’aide de ces sérums, ils ont traité 17 malades.

Sur ce nombre, 7 avaient déjà été récemment soumis ou étaient soumis au traitement spécifique : chez ces malades, le sérum parut produire une amélioration notable, mais il est difficile de discerner la part qui lui revint dans cette amélioration.

Les 10 autres malades n’avaient encore fait aucun traitement ou n’avaient été soumis au traitement iodo-mercuriel qu’à une époque très éloignée de la médication nouvelle.

Chez trois d’entre eux les injections de sérum restèrent sans effet ; cinq autres, au contraire, parurent en tirer un bénéfice considérable.

Chez l’un d’eux le chancre et la roséole disparurent après l’injection, faite en quatre fois, de 10 centimètres cultes de sérum.

Un autre, porteur de manifestations secondaires multiples, roséole, plaques érosives des parties génitales, plaques muqueuses buccales, fut guéri huit jours après avoir reçu, en une fois, 8 centimètres cubes de sérum.

Il en fut de môme des trois autres, chez lesquels les injections de sérum améliorèrent et guérirent très rapidement les accidents les plus divers, secondaires et tertiaires.

Restent enfin deux malades pour lesquels le résultat fut douteux.

Ces résultats sont encore trop peu nombreux et trop incomplets, pour qu’on puisse formuler aucune conclusion absolue. Ils n’en sont pas moins intéressants, car ils sembleraient prouver que, dans quelques cas, on [leut, sinon enrayer l’évolution de la syphilis, du moins atténuer ses manifestations et hâter la guérison ?

Neumann a essayé *, tout récemment, de traiter des syphilitiques avec du sérum d’animaux réfractaires à cette maladie et du sérum de malades atteints de syjihilis tertiaire.

1. Neu.max.N'. — Sérothérapie de la syphilis. Club medical de Vienne, 189C. 15 Janvier.

SEROTHERAPIE DES MALADIES INFECTIEUSES

Il injecta tout d’aliord à une malade atteinte d’un chancre 2 cenli mètres cubes de sérum d’agneau, stérilisé en le maintenant cinq jours consécutifs, pendant une heure, à une température de 55“ C. ; trois jours plus tard, la malade reçut 6 centimètres cubes de sérum en trois Ibis ; puis, au bout d’une semaine, 4 centimètres cubes. Il se produisit une certaine amélioration ; ajoutons, pour faire exact le décoinpte de la sérothérapie, que la guérison complète ne fut obtenue qu’à l’aide de frictions mercurielles.

Neumann traita en outre un certain nombre de syphilitiques avec du sérum emprunté à des syphilitiques tertiaires. Le résultat fut des plus médiocres : en aucun cas la sérothérapie ne donna d’aussi bons résultats que le traitement spécifique classique.

Je passerai volontairement sous silence plusieurs tentatives de sérothérapie antisy])bilitique faites particulièrement en Angleterre à cause du peu de renseignements fournis à leur sujet ou de l’insidfisance notoire des observations publiées.

A ces diverses tentatives cliniques viennent s’ajouter les observations plus récentes de MM. rriboulet, Blum et ^Moucbet, d’E. ^lulé. Ce dernier auteur, dans sa thèse inaugurale conclut en tlisant que les résultats les meilleurs ont été obtenus dans le traitement des syphilis tertiaires néoplasicpies, alors que le traitement par le sérum semble être sans effet dans la syphilis secondaire; c’est ce qui lui fait tlire cpie, pour ces cas de syphilis tertiaire, néoplasique, rebelle au traitement ordinaire, « la sérothérapie doit être [iroposée comme la métlication de choix ».

Cette particularité que le sérum, chez les syphilitiques, agit surtout contre les accidents tertiaires, néojilasiformes ou ulcéreux, alors qu’il paraît sans elfet dans les périodes primaire et secondaire, est à mon sens des plus intéressantes et tendrait une fois tle plus à prouver que les sérums en général agissent surtout en réveillant et en activant, et cela d’une façon quasi élective et quasi spécifique, les fonctions phagocytaires.

Je pourrais vous citer bien des preuves à rap[)ui de cette manière de voir, entre autres, en clinique comparée, cette remarque de E.-iM. Rohr^ — des plus intéressantes [)our la thérapeuticpie générale — qui ajipelait récemment l’attention de ses confrèi’cs vétérinaires sur l’action du sérum antitétanique sur la marche des plaies des animaux immunisés

1. Baklixg. — Scrothcrapy of thc syphilis. liriUsh metiical Journal, 189ü. 8 Juiivicr.

2. Mlle. — La sérothérapie dans la syphilis. Thèse. Paris, 18ü(i.

3. E.-M. Roiir. — Tétanos traumatique du cheval. Trois ras dont deux guéris. Injections préventives de sérum antitétanique. Recueil tic médecine cctcrinairc, 189(1.

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inomentanément. Clio/ eux il observa une cicatrisation pins jironipte (les plaies, qui revêtaient aussi nn aspect meilleur.

Pour ce qui est dn choix dn sérum, rnnanimité des médecins est acquise an sérum d’animal immunisé : c’est l’âne et le chien qui ont le mieux lait les Irais de la sérothérapie antisyphilitique. Pour votre gouverne, le sérum d’âne paraît avoir sur celui du chien l’avantage de s’accompagner rarement de réactions queh'oiupies. Les réactions aux- (pielles je lais allusion, et qui ont jiarlbis été observées, d’ordinaire sous la forme d’urticaire, se ra])portaient aux injections de sérum de chien.

.J’ajouterai entin, ^Messieurs, que, dans les tentatives de sérothérapie antisyphilitique, il n’a pas été exceptionnel d’observer une élévation thermique, (pii n’a du reste rien de s|)écial au sérum antisv|)hilitique : je vous ai dit, et j'aurai l’occasion de vous répéter, (pie cette élévation thermique peut s’observer aussi bien en faisant de la sérothérapie animale, (pi’en faisant de la sérothéi apie artilicielle ; que la réaction semble a[)partenir au moins autant jieut-ètre au malade (pi’au médicament : c’est ainsi que vous l’observerez presque communément ((pielles que soient la nature et la dose de vos sérums, animaux ou artificiels) chez les malades qui sont en état de fièvre continue, celle-ci fùt-elle même lég’ère, comme c’est le cas notamment de certains dijilitériques et de certains tuberculeux.

Tout ce que je viens de vous dire sur la sérothéra|)ie antisyphilitique vous laissera la conviction (pie cette sérothérapie n’est guère, jusqu’à plus ample informé, (ju’un laihle auxiliaire du traitement spécifi(pie : aucun traitement nouveau de la svphilis n’a encore détianié les médications empiri([iies classiques, (pii, jusqu’à nouvel ordre, resteront celles dont vous devrez vous servir.

Tuberculose. - — En dirai-je autant de la tiiherculose ?

f.,a thérapeuti(|ue sj)écifi(pie de cette maladie a été l’objet de recherches sans nombre : les unes relevant de la sérolhéra[)ie proprement dite, telle ((iie nous l’avons envisagée depuis le commencement de l’étude que nous en faisons, les autres de procédés différents. Tel, par exenqile, le procédé d’Emmerich, (pii avait proposé d’op|)oser à la tuberculose une infection quasi antagoniste, et d’injecter aux tuberculeux du sang d’animau.x immunisés contre la stre|)tococcie ; tel, par exemple encore, le procédé de Koch, alors (pi’il nous apporta en 1890 le traitement de la |)htisle par sa fameuse lymphe.

Ces procédés ne relèvent pas de la sérothérapie, au même litre ni aux mêmes conditions (jue tous ceux (pie nous venons d’envisager à

SKUOTHKIIAPIK DES MALADIES I?JF ECTIEUSES

propos de chacune des maladies infectieuses étudiées jusqu’à ce jour, puisque je vous ai dit qu’à ces dernières on avait opposé soit du sérum physiologique tl’animaux réputés réfractaires à la maladie inléctieuse qu’il s’agissait de traiter, soit du sérum d’animaux au préalable injectés avec la matière spécifique infectieuse dont on jirétendait faire un agent de iMatière médicale animale. Si vous avez bien compris, il s’agissait toujours, dans nos leçons dernières, d’homosérothérapie, c’est-à-tlire d’une sérothérapie concordante, les sérothérapies antidiphtéritiipie, antistre[)tococci([ue, antityphoïdique, antipesteuse, etc., étant réussies ou essayées par l’immunisation préalablement établie sur l’animal au moyeu des agents pathogènes de la diphtérie, de la streptococcie, de la fièvre d’Eherlh, de la peste.

Le procédé d’Emmerich, tout sérothérapiste qu’il soit, diffère, a|)pliqué à la tuberculose, des procédés sérothérapistes ordinaires, puiscpie ce n’est plus un sérum imprégné de tuberculose qu’on oppose à la phtisie, mais un sérum d’une autre malatlie infectieuse; il s’agit cette fois, non plus d’homosérothérapie, mais d’hétérosérothérapie.

J’aurais pareilles remaripies à formuler, si j’avais à vous faire ici l’histoire de la lymphe de Koch ; j’aurais à vous dire qu’il s’agit alors, non plus de sérothérapie, mais de microhithérapie, de toxinothérapie. J’aurai bientôt à revenir sur la lymphe de Koch, non j)oint que j’aie à vous parler de son eiu[)loi thérapeutique mort-né, puisque vous n’avez point oublié de combien près sa décadence suivit sa grandeur. Nous aurons à en parler comme d’un merveilleux agent diagnostique. J’aurai à vous dire (pie le règne microbien a foui-ni à la iNIatière médicale nouvelle peu d’agents aussi importants et aussi actifs ipie la Tuberculine, dont nous rapprocherons la Malléine : vous jugerez, quand je vous ferai l’histoire de la tuberculine et de la malléine, cpiels services ces agents fournis par la ôlatière médicale animale nouvelle rendent à la clinique, à la police sanitaire et à l’hygiène publique.

La j)remière tentative de sérothéi’apie antituberculeuse fut faite par Ch. Richet et Iléricourt', (pii essavèreiit de traiter des lapins tulmrculosés en leur injectant, dans le péritoine, du sang de idiien à la dose de i6 à 4i grammes. La mortalité des témoins fut de 07 pour 100, celle des transfusés de 17 j)our 100.

La chèvre étant, à cette époque, considérée, de môme ([ue le chien.

1. Richkt et Héricourt. — Influence delà transl'usion péi-ilonéiile du s.nngdc chien sur i’év&Iulion de la tuberculose chez le lapin. Soc. de lUotogie, 188‘J. 2 Mars elpassim.

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comme réfractaire à la tulierciilose, Bertin et Pic(| ‘ employèrent avec ([uelc|ue succès le sang caprin.

Des tentatives du même genre furent dirigées contre la tuberculose humaine ; des résultats encourageants furent obtenus par Bertin et Picq ^ Bernlieim ® et Lépine avec du sang de chèvre ; par Héricourt et Richet^ Héricourt, Langlois et Saint-Hilaire \ avec du sang de chien.

Feidard ' constata une certaine amélioration des lu|)i(|ues qu’il traita par les injections de sérum de chien, et mon collègue Pinard® l’employa avec succès chez les nourrissons issus de mères tuberculeuses.

Ce procédé ne tarda pas à être abandonné, le jour où les recherches de Gadiot, de Gilbert, de Roger®, eurent démontré que le chien et la chèvre ne sont nullement réfractaires à la tuberculose.

11 en lut tle même jiour le sang des gallinacés

Les essais faits |)ar Silvestrini et Baduel, Roger et Cadiot, avec des extraits d’organes (rate) enipruntés aux animaux tels que la chèvre et le (‘bien, ne réussirent pas mieux que les essais faits avec le sérum sanguin de ces mêmes animaux.

En présence de ces résultats négatifs, on essaya de faire pour la tuberculose ce que l’on avait l'ait pour d’autres maladies infectieuses, c’est-à-dire d’immuniser d’abord les animaux contre cette maladie.

Pour obtenir cette immunisation, on employa soit le bacille de latuber-

1. Bertin et Picq. — Sur l iiilluoiife de la translusion du sang de chèvre sur révolution de la tuberculose chez le lapin. Academie de médecine, 18UÜ. la Septembre.

;2. Bertin et Picq. — De la transfusion du sang de chèvre comme traitement de la tuberculose. Soc. de Biologie, 1890. 29 Décemlire.

Traitement de la phtisie pulmonaire par les in jections de sang de chèvre. Congrès pour l’élude de la tuberculose, 18i)3.

3. Bernheim. — Injections sous-cutanées de sérum de sang de chèvre. Ibidem.

4. Lépi.ne. — Sur l'application à l’homme de la métiiodc de traitement de la tuherculose de Richet et Héricourt. Semaine medicale, 1891.21 Janvier.

•J. HÉRICOURT et Richet. — Technique des procédés pour obtenir du sérum pur d'un chien et innocuité des injections do ce liquide chez l’homme. Soc. de Biologie, 1891. 17 Janvier.

0. Héricourt, Langlois et Saint-Hilaire. — Efï'cts thérapeutiques des injections de sérum de chien (hémocyno) chez l'homme dans le cours de la tuberculose. Ibidem, 1891. 24 Janvier.

7. I'Tculard. — Sur la valeur thérapoutiijue du sérum de chien. Soc. française de dermatologie et de syphiligraphie, 1891. Juillet.

8. Pinard. — Documents jiour servir à l'histoire des injections de sérum de chien ])ratiquécs chez les nouveau-nés issus de mères tuberculeuses. .Innales de gynécologie, 1891. Novembre.

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