LES DAMES DU SACRÉ CŒUR
Les Religieuses du Sacré Cœur de Jésus, dites communément Dames du Sacré Cœur , ont été fondées en France en l’année 1800 par le R. P. Joseph Varin, alors prêtre du Sacré Cœur de Jésus, et qui se fit Jésuite en 1814, à la réorganisation de la Compagnie. Ce saint ecclésiastique cherchait ainsi à réparer les pertes causées
LES DAMES
à l’Eglise pendant la révolution, par la destruction de tant d’ordres religieux, où la jeunesse allait puiser, avec les éléments des sciences, l’amour de la religion et de la vertu. Avant lui, le Père Eléonore de Tournely avait jeté les yeux sur une Princesse pour être à la tête de cet ordre nouveau. L’Archiduchesse Marie- Anne d’Autriche, dont la Cour ressemblait pour la régularité à l’intérieur d’un couvent, aspirait depuis longtemps à la vie religieuse, et semblait propre à gouverner un Institut dont la mission est d’instruire les jeunes personnes des classes élevées de la société. Le P. Varin songea aussi dans le même but à la Princesse Louise de Condé, retirée à Fribourg en Suisse, et il la destinait à être la pierre angulaire de sa Congrégation. Mais l’une et l’autre de ces Princesses étaient surtout portées à la vie contemplative ; et l’Archiduchesse, qui se faisait modestement appeler Mme. Léopoldine, préféra fonder l’ordre des Dilette lequel existe encore à Venise, tandis que la petite fille du Grand Condé entra plus tard dans l’ordre des Bénédictines.
Le P. Varin trouva enfin une personne digne de le comprendre et de le seconder dans Mlle. Madeleine-Joséphine Barat, âgée alors de vingt ans, et sœur d’un prêtre distingué dont elle était l’élève privilégiée. Quoique jeune encore, Mlle. Barat se distinguait par une maturité bien au-dessus de son âge. — u A un esprit cultivé et déjà a enrichi de connaissances étendues, elle joignait d’auu très qualités plus précieuses pour le gouvernement d’un u ordre religieux: un jugement solide, un tact exquis, u une rare prudence, une piété exemplaire. Bientôt 44 plusieurs jeunes personnes se groupèrent autour de