MARIE
Le Canada, pour avoir cessé depuis bientôt cent années d’appartenir à la France, n’a pas cessé d’être uni à nous par les liens de la Foi, que les vicissitudes de la guerre ne réussissent pas à briser comme ceux de la nationalité. Aussi la dernière Communauté par ordre de
date, établie dans cette partie privilégiée de l’Amérique,
LES SŒUKS
a-t-elle été fournie par une de nos provinces, comme la première l’avait été en 1639 par la ville de Dieppe.
A la demande de Mgr. Jean-Charles Prince, Evêque de St. Hyacinthe, six Sœurs de la Présentation de Marie ont quitté, le 21 Septembre 1853, leur Maison de Bourg-St.- Andéol, diocèse de Viviers, pour venir fonder une maison de leur Ordre à S te. Marie de Monnoir. Elles étaient conduites par leur Supérieure, Mme. Rosalie Borgeî, Sœur Marie-St. -Maurice, et dans un de nos voyages en. Amérique nous avons eu la bonne fortune de faire la traversée du Havre à New-York dans l’édifiante compagnie de ces pieuses Sœurs. En les voyant affronter courageusement les dangers de l’océan, s’exposer aux insultes d’hommes grossiers, ennemis de leur foi, quitter sans regrets famille et patrie, sans autre mobile que l’amour de Dieu et la charité pour le prochain, nous pensions que, plus de deux siècles auparavant, les Hospitalières, les Ursulines et Mme. de la Peltrie naviguaient péniblement, sur les mêmes flots, soutenues par un semblable dévouement, et nous admirions notre sainte religion qui seule inspire ces vocations angéliques, en apprenant que le bonheur se trouve dans le sacrifice. Les Religieuses ne sont plus exposées comme autrefois au scalpel ou au bûcher des Iroquois; mais en venant au Canada, elles livrent leur réputation sans tache à la calomnie du fanatisme protestant qui les accuse de crimes abominables dans — u Louise , ou la Religieuse Canadienne ,” dans — u Les terribles Révélations de Maria Monk ,” — ou dans les discours cyniques d’un Gavazzi.
Les bonnes Sœurs de la Présentation n’eurent pas la peste à soigner à bord du Humboldt qui les portait,