DE LA PRÉSENTATION DE MARIE
comme Pavaient souvent eu leurs devancières du 17me siècle. La brièveté de la traversée, le confortable relatif d’un beau steamer , forment un contraste avec les navires pesans et infects qui mettaient tant de mois autrefois à franchir la distance de Dieppe à Québec. Mais à voir l’intrépidité avec laquelle ces saintes filles se maintenaient sur le pont par les plus gros temps, s’y trouvant alors mieux isolées pour y chanter ensemble des hvmnes et des cantiques, on comprenait qu’elles auraient de grand cœur commencé leur mission charitable, en assistant dans leurs maladies l’équipage et les passagers.
Lorsque le pont était déserté de tous, nous nous plaisions à nous approcher du groupe des jeunes Religieuses, pressées Tune contre l’autre au pied du mât, comme en un nid d’oiseau, entrelacées dans les bras les unes des autres, cramponnées aux cordages et recevant sans sourciller les rafiales d’eau de mer. Dans les ennuis et les anxiétés du voyage, leur inaltérable gaieté était pour nous un phénomène, et elle prouvait combien le cœur de ces vertueuses filles était à la hauteur de leur sublime mission !
Aujourd’hui les Sœurs de la Présentation sont installées dans le diocèse de St. Hyacinthe. En outre d’une école qui compte cent élèves, elles ont ouvert une école normale pour l’éducation des maîtresses d’école ; elles ont déjà six postulantes, et elles doivent établir, dans le courant de 1855, des missions de leur Ordre à St. Hughes et à St. Aimé, dans le même diocèse.
L’Institution de France remonte à l’année 1796, et c’est à l’époque même où la terreur avait banni toutes les Communautés Religieuses, et où le culte catholique