LES SŒURS DE LA PRÉSENTATION DE MARIE
était proscrit, c’est en ce temps que Mme. Marie-Anne Rivier résolut de fonder un nouvel Institut pour remplacer, autant que possible, tant d’instituts détruits par la démagogie triomphante. Sa première maison était située à Thueyts, et la Maison-mère fut transférée en 1813 au Bourg-St.-Andéol, dans un ancien monastère de la Visitation. L’approbation canonique du Pape Grégoire XVI est de 1836. Mme. Rivier, née à Montpézat, diocèse de Viviers, le 19 décembre 1768, est morte le 3 février 1838: elle a été déclarée Vénérable par le Saint- Siège, et son procès en Béatification se poursuit activement à Rome (I).
Voici les noms des six fondatrices de 1853, arrivées le 19 octobre (2).
(1) Vie de Mme. Rivier, fondatrice et première Supérieure de la Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie, par l’auteur de la vie du Cardinal de Cheveras (l’abbé Hamon, aujourd’hui curé de- St. Sulpice de Paris) — Avignon 1842.
(2) Rosalie Boegel — Sœur Marie-St.-Maurice, Super., N
Antoinette l’Etoile — Sœur Marie-St.-Marc, Assist., > Professes. Eliz.- Joséphine Roman — Sœur Marie du Bon Pasteur. )
Louise-Soph.-Em.-Dantan — Sœur Marie-Ste.-Clarisse,
Makie-Rosalie Houes — Sœur Marie-S t.-Guibert,
Péteonille Dépigny — Sœur Marie-Sollanges.
Etat et Recensement de cette Communauté au 9 Août 1854.
5 professes, 3 novices, 6 postulantes, 18 élèves pensionnaires et demipensionnaires, et 83 élèves externes et quart-pensionnaires.
Total général des élèves, — 101.
(Précis historique âc., cité page 22).
CONCLUSION
Si nous résumons maintenant ce tableau des Communautés de femmes du Canada, nous trouvons que sur dix-sept Instituts qui prospèrent dans cette intéressante colonie, huit sont originaires de France, un d’Irlande, et. huit sont indigènes au Canada. Les Communautés dont les premiers sujets vinrent de France, comme celles formées en Amérique, ont à leur tour envoyé des essaims en diverses directions, soit dans la province, soit aux Etats- Unis, et jusqu’au Chili; et aujourd’hui, dans un pays qui ne contient pas un million de catholiques, dans une colonie où les malheurs de la guerre n’avaient laissé subsister que 65,000 Canadiens, lorsqu’une puissance protestante s’en empara, et où le prosélytisme de l’hérésie a usé tour à tour de l’or et de l’oppression pour faire apostasier les habitans, nous avons la satisfaction de compter plus de mille Religieuses réparties dans soixante-seize Couvents, instruisant plus de dix mille jeunes filles, dont près de la moitié gratuitement, recueillant et adoptant près de 800 orphelins, et soignant, dans leurs hospices ou hôpitaux plus de 5>,000 malades, par année. Yoilà les œuvres de ces Religieuses, que les ennemis de l’Eglise représentent comme des membres inutiles de la société, et comme dilapidant, sans profit pour la chose publique, les biens que leur a confiés la charité de nos pères. Et cependant, ce qui est vrai du Canada est vrai de tous les pays
CONCLUSION
où il existe un couvent; et le Piémont, en expulsant aujourd’hui les Religieuses, chasse les institutrices de la jeunesse, les bienfaitrices des pauvres, et les mères des orphelins.
Le protestantisme humilié de la sécheresse de son culte et de la stérilité de ses œuvres, essaie à des époques périodiques de se galvaniser pour faire croire qu’il a la vie en lui. On organise des diaconesses ou des matrones, et l’on tente de copier les Sœurs de Charité, mais sans aucune espèce de succès. Toutes ces entreprises échouent et les prétendues Sœurs s’empressent d’oublier ce qu’elles croyaient leur vocation pour recourir au mariage, quand elles le peuvent. Aujourd’hui, une nouvelle expérience a lieu dans les meilleures conditions, et l’exemple donné par nos admirables Religieuses dans les hôpitaux de Constantinople, de Varna et de la Crimée, a inspiré une louable émulation à de charitables dames anglaises. L’anglicanisme est tout fier de ce résultat inespéré, et il est si étonné que le dévouement ait produit dans son sein de bonnes gardes-malades, que des gravures d’un vaste format s’étalent dans les librairies protestantes de Londres et de New-York, représentant Miss Nightingale sous toutes les formes, dans l’exercice de ses nobles fonctions. Nous aimons la tâche que s’est imposée Miss Nightingale, nous souhaitons qu’elle réussisse, sans toutefois l’espérer, et nous l’estimons trop pour croire qu’elle ne viendra pas bientôt à nous, en se faisant une véritable Sœur de Char rite. Mais, quand le protestantisme veut nous opposer ses œuvres, le catholique n’a pas besoin de produire en parallèle celles qui sont réalisées depuis des siècles dans des contrées comme la France, l’Espagne ou l’Italie. Il suffit d’aller prendre bien loin en Amérique un pays qui fait peu de bruit dans le monde, auprès de ses outrecuidants voisins, les Etats-U nis ; il ne s’agit que d’étudier un peu ce qui se passe dans ces quinze cents lieues de déserts
CONCLUSION
glacés, — comme disait Voltaire (1); et l’on présente alors à la confusion de l’hérésie, l’admirable édifice religieux du Canada (2).
Si le contraste entre la fécondité du Catholicisme en bonnes œuvres et la stérilité du Protestantisme en fait d’abnégation personnelle et désintéressée ; si cette comparaison est éloquente lorsque l’on considère les Sœurs de Charité, ou celles consacrées à l’enseignement ; la conduite respective de nos prêtres et des ministres de l’erreur en cas d’épidémie n’est pas moins instructive pour l’homme qui cherche de bonne foi la vérité. Ici encore, le souvenir du Typhus de 1847 se présente à l’esprit. L’Immigration Irlandaise de cette année jeta sur les rives du St. Laurent près de cent mille infortunés chez la majorité desquels le Ship Fever se déclara avec des symptômes effrayants, et malgré les précautions d’usage pour installer une quarantaine à la Grosse-Ile, à 30 milles de Québec, la maladie s’étendit bientôt jusqu’à Mont-
(1) Voltaire a aussi écrit quelque part au sujet du Canada: — “Après tout que nous font quelques centaines d’arpeus de neige ? ” — Mais voici ce que nous lisons textuellement dans le “ Précis du siècle de Louis XV, chap. XXXV,” après le récit de la prise de Québec : — “ On a perdu ainsi en un seul jour “ quinze cents lieues de pays. Ces quinze cents lieues, dont les trois quarts “ sont des déserts glacés, n’étaient pas peut-être une perte réelle.” — On reconnaît dans ces sentiments anti-patriotiques le cynisme de cet homme qui se réjouissait avec le Roi de Prusse du désastre de la France à Rosbach, et qui déplorait avec l’Impératrice Catherine de n’être pas né Russe.
(2) Depuis que ce qui précède a été écrit, l’entreprise de Miss Nightingale a échoué, plus tôt môme qu’on n’aurait pû le supposer. Il a suffi de moins de six mois pour voir le commencement et la fin des Religieuses Protestantes. Les journaux anglais ont avoué que les gardes-malades engagées par Miss Nightingale ont scandalisé les hôpitaux par leur ivrognerie et leurs désordres, et la charitable Dame, honteuse de ses suivantes, a quitté l’Orient en proie à uu profond découragement. L’une de ses compagnes Miss Lavffield, s’est faite Catholique à Scutari ; puisse la grâce éclairer bientôt également Miss Nightingale !
CONCLUSION
real, ou elle fit comme à Québec des ravages désastreux. Aussitôt des prêtres dont le zèle égalait la sainte audace, accoururent au chevet des mourants, et s’ils étaient impuissants pour arracher les victimes à la contagion, ils les sauvaient pour le Ciel, en attendant de succomber euxmêmes au sein de leur triomphe. A Québec, 51 prêtres se dévouèrent à tour de rôle à cet admirable ministère, tant à la Grosse-Isle qu’à l’hôpital de la marine ; 25 furent atteints de la maladie, ainsi que le Coadjuteur de Québec . et cinq eurent la gloire de succomber, en recueillant la double palme du martyre et de la charité. A Montréal, Mgr Bourget marcha aussi aux ambulances, à la tête de son clergé. Il fut atteint du fléau ainsi que son Coadjuteur, et neuf prêtres laissèrent leur vie en holocauste pour le soulagement de leur prochain (1), Que
(i) Voici les noms de ces victimes volontaires de la charité. Us méritent d’être conservés parmi nous, comme les premiers chrétiens conservaient les noms ue leurs martyrs.
A Québec, MM. Hubert Robsûn — Anglais de naissance,
Hugh Paislet — Ecossais converti,
Edouard Montminy — Canadien,
Pierre Roy — Canadien et Félix-Séyerin Bardy — Canadien.
A Montréal, MM. II. IIudon, V. G. — Canadien, ) „ ,, , ,)T, , ,
Anïmne Rir-Français. £ Pretr*8 de 1EtccM
John Richard (Jackson) — Amélie, conv. ) Pierre Richard— Breton, {
René Carof — Breton, (
Patrick Morgan — Irlandais. J
Prét»e?
du Séminaire.
Thomas Colgan — Irlandais, Curé de St. André et Lawr. MgInerney — Irlandais, Vicaire de LaChine.
M. Etienne Gottofrey, prêtre du Séminaire, périt à la même époque par une chute déplorable, en volant a secours des malades.
M. Pierre Richard était natif de Nantes. M. René Carof était né à Brest? et nous avons appris à lire avec lui dans la même école.
Il convient d’ajouter aussi à ce martyrologe le nom de Mgr. Power, 1er Evêque de Toronto, mort du typhus contracté en assistant les malades, le 1er Octobre 1847. Mgr. Michael Power était Irlandais de naissance.
CONCLUSION
faisaient les pasteurs du protestantisme pendant ce temps ? La plupart songeaient à mettre à Pabri du typhus leurs femmes et leurs enfans ; et iis avaient raison. Leur ministère n’est pour ainsi dire qu’un métier honorable, une profession comme une autre, puisqu’elle n’exige d’eux aucun sacrifice ; celui de nos prêtres seul est une vocation. Et cependant, nous nous plaisons à reconnaître qu’il s’est trouvé quelques dignes pasteurs, comme le Rév. Mark Willougbby, qui trouvèrent dans leur cœur le sentiment du devoir, et qui restèrent fidèlement à leur poste. Mais ici cette noble conduite fut l’exception, quand chez nos prêtres elle fut la règle.
A Québec, il n'y avait à cette époque que des Religieuses cloîtrées, et elles ne purent, à leur grand regret, sortir de leurs hôpitaux pour courir au loin au devant de la maladie. Mais à Montréal, les Sœurs de trois Communautés s’offrirent à l’envi pour braver la maladie et la mort, afin de leur disputer leurs victimes. Les Sœurs Grises furent les premières à se rendre aux ambulances érigées dans la campagne, et elles y restèrent du S juin au 7 juillet 1847 ; mais alors ces dignes Religieuses furent contraintes de se retirer momentanément du combat, à cause du grand nombre de leurs malades. Trente Sœurs étaient alitées à la fois, et sur 34 de ces saintes filles qui furent atteintes, sept périrent. Les Sœurs de l’Hôte 1-Dieu de Montréal obtinrent alors d’être relevées de leurs vœux de clôture pour remplacer les Sœurs Grises au poste du dévouement. Du 5 au 11 juillet elles firent le service aux Sheds ; mais le typhus s’étant déclaré à P Hôtel- Dieu, et le grand nombre des prêtres malades qui y avaient été transportés demandant tous leurs soins, les hospitalières de St. Joseph durent à leur tour céder la place aux Sœurs de la Providence. Celles-ci demeurèrent maîtresses du terrain du 26 juin au 26 septembre, puis, comme les orphelins qu’on leur apportait à St. Camille
CONCLUSION
exigeaient leur présence, les Sœurs Grises reprirent le service le 26 septembre et continuèrent à être chargées des ambulances jusqu’à la fin de la contagion, au mois d’avril 1843 : — u Une sainte émulation de vertu faisait briguer u l’honneur de venir remplacer les victimes, et les rangs “ étaient toujours remplis sans laisser paraître leurs vides. u Montréal n’oubliera jamais le touchant spectacle offert “ par ces âmes généreuses qu’on voyait chaque jour travera ser nos rues, pour voler au martyre, avec plus de “ véritable joie que le monde n’en vit jamais dans ses u partisans, pour aller à ses fêtes ou courir à ses specta- “ clés (1). ”
Quand le fléau dévastateur eut enlevé assez de victimes, il laissa, comme nous l’avons dit, des centaines d’orphelins, et la charité catholique fut encore sublime pour adopter ces malheureux. A Québec, à l’appel pathétique du clergé, les habitans des campagnes se distribuèrent entr’eux plus de 400 enfans, et l’on eut soin de ne pas séparer les enfans d’une même famille, et de les faire
(1) Manuel du Pèlerin de N.-D. de Bonsecours par le R. P. F. Martin, S. J.
11 Hospitalières, 53 Sœurs Grises et 39 Sœurs de la Providence firent tour à tour le service aux ambulances ; — 3 Hospitalières, 34 Sœurs Grises et 32 Sœurs de la Providence tombèrent malades. Voici les noms des 13 victimes.
Gertrude Poirier — Canadienne, )
Sophie Darche, “ v Hospitalières.
M.-JOS. PORTELANCE, post. “ )
Ann Nobles — Anglaise, Marie-Magd. Limoges — Canadienne, Angélique Chèvrefils, “
Rosalie Barbeau, “
Alodie Bruyère, “
Charlotte Pomainville, “
J anet Collins — novice — Ecossaise.
>• Sœurs Grises.
Angélique Beloin — Canadienne, )
Catherine Brady — Irlandaise, > Sœurs de la Providence.
Olympe Guy — Canadienne. }
CONCLUSION
adopter tous dans la même paroisse. A Montréal, par suite d’un mandement touchant de Mgr. Bourget en date du 9 mars 1848, les braves Canadiens se sentirent émus de compassion, et en deux jours, 221 orphelins furent recueillis et adoptés dans de pieuses familles du diocèse. Le second jour, chacune des dignes canadiennes ayant promptement fait son choix, la salle St. Jérôme paraissait vide lorsque l’une de ces bonnes mères entend des pleurs étouffés partir de derrière un lit. Elle s’approche et y trouve une petite fille, disgraciée de la nature, et qui avoue s’être cachée de crainte de déplaire à tout le monde. La Canadienne avait dix enfans et avait déjà peine à soutenir sa nombreuse famille ; mais la vue de la laideur abandonnée lui inspira plus de tendresse que ne l’aurait fait la plus attrayante beauté ; et serrant la petite estropiée sur son cœur, elle lui promit, en la couvrant de baisers, de lui servir toujours de mère.
Nous aurions eu une lacune dans notre tableau des Servantes de Dieu en Canada , si nous avions parlé seulement de celles qui se dévouent à leur prochain dans la vie religieuse ; et nous devions quelques mots à la charité dans le mariage. Toutes les classes de la société de la province rivalisent de zèle, soit pour le soin des malades, soit pour l’éducation religieuse de l’enfance ; et le feu de la charité brûle dans ces cœurs de femme avec autant d’ardeur et de pureté qu’aux jours édifiants de la colonisation. Les premières familles du pays, les Boucher, les Juchereau, les LeMoyne, ont offert de leurs membres aux pieuses Communautés du Canada; en 1747, Mme. d’Youville, Canadienne de naissance, faisait surgir un Ordre nouveau qu’elle recrutait dans la société de Montréal; et à cent ans d’intervalle, les braves populations des campagnes viennent donner leurs filles à la vie religieuse pour fonder la Communauté de Longueuil ou celle de S te. Anne de l’Achigan, pendant que les œuvres de
CONCLUSION
miséricorde se pratiquent en dehors comme dans l’intérieur des Couvents. Depuis deux siècles les dames du monde y ont secondé les Religieuses, soit pour leXsoin de? malades, soit pour l’instruction de l’enfance. Faut-il citer Mme. d’Ailleboust, femme du Gouverneur de 1648, qui ne vint dans la Nouvelle-France que pour se consacrer au soulagement de son prochain, jusqu’à ensevelir les morts et les porter elle-même en terre ; ou Mme. du Wault de Monceaux, veuve d’un Colonel de Chevau-Légers, qui se chargea de la surveillance et de la direction de jeunes filles envoyées de Paris pour être mariées en Canada, et qui, en outre, voulut faire l’éducation des sept enfans de M. Bourdon, parce que leur père devenu veuf ne pouvait pas en prendre soin : — a Elle se ravala de condition, dit la Mère Marie de l’Incarnation, pour faire ce a coup de charité, et l’on ne saurait croire tout le bien u qui a réussi de cette généreuse action.1’ — Le Canada est le seul pays au monde dont la colonisation soit le fruit de pareils actes de dévouement; et la charité implantée en 1639 s’y perpétue à la ville comme à la campagne, dans le couvent comme dans la famille, dans le
riche salon comme dans la oauvre chaumière.
Pendant que l’esprit du catholicisme produit de tels fruits au nord de l’Amérique, pendant qu’on y soigne les malades et qu’on y recueille les orphelins, en songeant qu’ils ont une âme immortelle et que le Sauveur du monde laissait venir à lui tous les petits enfans, aux Etats-Unis le protestantisme dégénéré y conduit les populations au culte exclusif de la matière et de la forme. On y rend des honneurs pavens aux restes des suicidés ; on y célèbre en chaire la puissance irrésistible de l’amour jusque dans ses plus coupables égarements ; enfin l’on y organise des expositions des plus beaux produits de la race humaine. Barnum décerne des prix à la beauté physique, au lieu d’en donner à la vertu ; et l’on récom»
CONCLUSION
pense d’un diplôme l’enfant né le plus Jourd ou le nourrisson, le plus potelé, comme Ips comices agricoles décorent d’une médaille la laine d’un mérinos ou le taureau sans cornes.
Si, mainlenant, au bien réalisé par les saintes Communautés de femmes du Canada, toutes rivalisant de zèle et de piété, nous ajoutons que 1,800 jeunes gens reçoivent dans cette colonie une excellente éducation classique dans onze collèges ecclésiastiques; que trois Ordres Religieux s’occupant de l’instruction primaire des garçons ont leurs écoles suivies par des milliers d’élèves ; et que l’enseignement supérieur des facultés est professé à l’Université-Laval, fondée par le Séminaire de Québec, nous reconnaîtrons que l’Eglise s’est maintenue en Canada a la hauteur de sa mission, et qu’elle y prodigue, depuis deux siècles, aux générations naissantes, les bienfaits de l’instruction en même temps que l’enseignement des vérités de la Foi.
Cependant, la minorité socialiste, qui est la plaie honteuse de la colonie, se donne aujourd’hui beaucoup de mouvement pour imposer au Canada le détestable système d’écoles publiques qui a fait tant de mal aux Etats-Unis. Les Rouges de Montréal s’assemblent en comités et en meetings , et ils ne prétendent à rien moins qu’à organiser renseignement , comme s’il n’avait pas été organisé, Dieu merci, sans eux et avant eux. Ils veulent aussi faire sortir le peuple de l'ignorance où le laissent croupir les Prêtres. — En vérité, nous verrons bientôt ces ingénieux réformateurs se vanter d’avoir inventé la poudre! — Mais pour ces corrupteurs du peuple, toute science qui est embaumée de l’arôme religieux est un objet d’insulte et de mépris, car elle préserve la jeunesse du poison de leurs doctrines.
fin.
APPENDICE
APPENDICE
TABLEAU DES ÉCOLES DE LA CONGRÉGATION NOTRE-DAME EN 1853, DU 1er JANVIER AU 31 DÉCEMBRE.
Pensionnaires
' ZD I
g 2 iva
go
Quart de Pension.
Externes.
Total.
Total par Dio¬
cèse.
lo. Diocèse de Montréal :
Cité de Montréal..
Lac des Deux Montagnes
Pointe-aux-Trcmbles .
Boucherville ..
Prairie de la Madeleine..
Pointe-Claire .
Berthier .
Terrebonne .
St. Eustache .
Les Cèdres .
Chateaueuay... .
L’Assomption .
Ste. Thérèse .
St. Jean-Dorchester .
2oè
Total .
2o. Diocèse de Québec :
La Ste. Famille .
Cité de Québec .
Pointe-aux- Trembles .
St. François, Riv.du Sud.
Rivière Quelle .
Ste. Marie, Aile. Beauce.
Baie St. Paul.. ..
Ste. Croix. .
Total .
3o. Diocèse St. Ilyacin-
tlie :
St. Denis .
Ville de St. Hyacinthe...
Total .
4o. Diocèse de Kinçjston :
Ville de Kingston .
5o. Diocèse de Trois-Di-
vières:
Ste. Anne-Yamachiche...
Grand total .
Date de la fondation de la Mission.
À. D. 1653. Maison-mère.
A la montagne de Montreal,
Vers 1690.
Y la Chine vers 1690, et transférée àla Pointe Claire en 1784.
Elèves.
(Précis historique de S. H. Jacques Viger).
APPENDICE
tableau des communautés de femmes du canada,