‹ Les servantes de Dieu en Canada [microforme]Chapitre 55 sur 66 · ANGÉLIQUE CHÈVREFILS, F · texte numérisé non relu

ANGÉLIQUE CHÈVREFILS, F

Rosarte BarBeau, Sœurs Grises, ALODIE BRUYÈRE,

CnaRLOTTE POMAINVILLE,

Jaxer Cozrixs—novice—Ecossaise, J

ANGÉLIQUE BELOIN—Canadienne,

CarHeRiNe Brany—lIrlandaise, Sœurs de la Providence. Ozyure Guy—Cuanadienne,

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CONELUSION. 129

adopter tous dans la même paroisse. A Montréal, par suite d’un mandement touchant de Mgr. Bourget en date du 9 mars 1848, les braves Canadiens se sentirent émus de compassion, et en deux jours, 221 orphelins furent recueillis et adoptés dans de pieuses familles du diocèse. Le second jour, chacune des dignes canadiennes ayant promptement fait son choix, la salle St. Jérôme paraissait vide lorsque l’une de ces bonnes mères entend des pleurs étouflés partir de derrière un lit. Elle s’approche et y trouve une petite fille, disgraciée de la nature, et qui avoue s'être cachée de crainte de déplaire à tout le monde. La Canadienne avait dix enfans et avait déjà peine à soutenir sa nombreuse famille ; mais la vue de la laideur abandonnée lui inspira plus de tendresse que ne l'aurait fait la plus attrayante beauté ; et serrant la petite estropiée sur son cœur, elle lui promit, en la couvrant de baisers, de lui servir toujours de mère.

Nous aurions eu une lacune dans notre tableau des Servantes de Dieu en Canada, si nous avions parlé seulement de celles qui se dévouent à leur prochain dans la vie religieuse ; et nous devions quelques mots à la charité dans le mariage. Toutes les classes de la société de la province rivalisent de zèle, soit pour le soin des malades, soit pour l’éducation religieuse de l’enfance ; et le feu de la charité brûle dans ces cœurs de femme avec autant d’ardeur et de pureté qu’aux jours édifiants de la colonisation. Les premières familles du pays, les Boucher, les Juchereau, les Le Moyne, ont offert de leurs membres aux pieuses Communautés du Canada ; en 1747, Mme. d’Youville, Canadienne de naissance, faisait surgir un Ordre nouveau qu’elle recrutait dans la société de Montréal ; et à cent ans d’intervalle, les braves populations des campagnes viennent donner leurs filles à la vie religieuse pour fonder la Communauté de Longueuil où

celle de Ste. Anne de l’Achigan, pendant que les œuvres de

miséricorde se pratiquent en dehors comme dans l’intérieur des Couvents. Depuis deux siècles les dames du monde y ont secondé les Religieuses, soit pour le soin des malades, soit pour l’instruction de lenfance, Fant-il citer Mme. d’Ailleboust, femme du Gouverneur de 1648, qui ne vint dans la Nouvelle-France que pour se consacrer au soulagement de son prochain, jusqu’à ensevelir les morts et les porter elle-même en terre; où Mme. du Wault de Monceaux, veuve d’un Colonel de Chevau-Légers, qui se chargea de la surveillance et de la direction de jeunes filles envoyées de Paris pour être mariées en Canada, et qui, en outre, voulut faire l’éducation des sept enfans de M. Bourdon, parce que leur père devenu veuf ne pouvait pas en prendre soin :— Elle se ravala de con- “ dition, dit la Mère Marie de l’Incarnation, pour faire ce ‘ coup de charité, et l’on ne saurait croire tout le bien ‘“ qui a réussi de cette généreuse action.”—-Le Canada est le seul pays au monde dont la colonisation soit le fruit de pareils actes de dévouement; et la charité implantée en 1639 s’y perpétue à la ville comme à la campagne, dans le couvent comme dans la famille, dans le riche salon comme dans la pauvre chaumière.

Pendant que lesprit du catholicisme produit de tels fruits au nord de l'Amérique, pendant qu’on y soigne les malades et qu’on y recueille les orphelins, en songeant qu’ils ont une âme immortelle et que le Sauveur du monde laissait venir À lui tous les petits enfans, aux Etats-Unis le protestantisme dégénéré y conduit les populations au culte exclusif de la matière et de la forme. On y rend des honneurs payens aux restes des suicidés ; on y célèbre en chaire: la puissance irrésistible de l'amour jusque dans ses plus coupables égarements ; enfin l’on y organise des expositions des plus beaux produits de la race humaine, Barnum décerne des prix à la beauté physique, au lieu d’en donner à la vertu; et l’on récom-

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pense d’un diplôme lPenfant né le plus lourd ou le nourrisson le plus potelé, comme les comices agricoles décorent d’une médaille la laine d’un mérinos ou le taureau sans cornes,

Si, maintenant, au bien réalisé par les saintes Communautés de femmes du Canada, toutes rivalisant de zèle et de piété, nous ajoutons que 1,500 jeunes gens reçoivent dans cette colonie une excellente éducation classique dans onze colléges ecclésiastiques; que trois Ordres Religieux s’accupant de Pinstruction primaire des garçons ont leurs écoles suivies par des milliers d'élèves ; et que l’enseignement supérieur des facultés est professé à PUniversité-Laval, fondée par le Séminuire de Québec, nous reconnaitrons que lEglise s’est inaiutenue en Canada à la hauteur de sa mission, et qw’elle y prodigue, depuis deux siècles, aux générations naissantes, les bienfaits de Pinstruction en même temps que lenseignement des vérités de la Foi.

Cependant, la minorité socialiste, qui est la plaie honteuse de la colonie, se donne aujourd’hui beaucoup de mouvement pour imposer au Canada le détestable système d’écoles publiques qui a fait tant de mal aux Etats-Unis. Les Rouges de Montréal s’assemblent en comités et en meclings, et ils ne prétendent à rien moins qu'à organiser l'enseignement, comme s'il n'avait pas été organisé, Dicu merci, sans eux et avant eux. Ils veulent aussi fuire sorlir le peuple de l'ignorance où le laissent croupir les Prétres.—EÆEn vérité, nous verrons bientôt ces inzénieux réformateurs se vanter d’avoir inventé la poudre !—Mais pour ces corrupteurs du peuple, toute science qui est embaumée de Pardme reliieux est un objet d’insulte et de mépris, car elle présere la jeunesse du poison de leurs doctrines.

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