‹ Les sèves originairesChapitre 31 sur 44 · CRÉPUSCULE · texte numérisé non relu

CRÉPUSCULE

Deux jeunes gens, dans l'herbe d'août.

Sont assis près d'une eau bruyante :

Elle s'adosse à l'arbre et coud, Lui, penché, lit des vers, — les chante.

L'ombre a longtemps bougé sur eux, Bientôt finira la journée ; Vers le grand crépuscule heureux Une lune mince est tournée.

>OCTUR>ES

La voix qui déclame se perd Dans les murmures de la berge ; L'ombre pénètre l'arceau vert Des feuillages où l'astre émerge.

La voix s'efTace et se résout, Confuse, dans un nouveau songe :

Divine nuit, haute nuit d'août, Ta ténèbre lente s'allonge !

L'écouteuse au sourire aimé Dont les yeux se sont faits humides, Lève aux clartés un front charmé Par les belles heures placides.

Avec un geste de langueur Elle ramasse les pétales Qu'épanouit sa robe-fleur Parmi les marguerites pâles

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