MÉDITATION AU-DESSUS DES VALLÉES
Écoute dans le soir sensible et lumineux
Le chaud roucoulement des plaintives colombes,
0 sage qui t'en vas, avec un songe heureux,
Dans ces champs de cyprès et le long de ces tombes.
Tu vois sous ce réseau d'azur et de clarté. D'une haute terrasse ou de ces métairies. S'épanouir la Ville avec tranquillité Près des rochers pesants, dans les fraîches prairies.
176 NOCTURNES
Mais tu voulus ce soir joindre à cette douceur Le rêve d'une fin parmi ces Choses calmes Et passer écoutant, par un couchant berceur, La colombe et la mort, paisibles sous ces palmes.
Tu souris, sachant bien que tout devra périr, Et tu bois à longs traits cette éparse lumière, Comme pour apaiser quelque immense désir Avant la longue nuit qui clora ta paupière ;
Tu souris vers le soir expirant ses rayons. Vers cette lune d'Août qui monte dans les branches, Vers les ruches vibrant, la vigne et les sillons : Mais ton œil s'alanguit vers les façades blanches.
C'est sur ce banc de bois, le long du mur de chaux. Qu'une pipe et des chiens charmaient tes crépuscules Les roses s'exhalant dans des souffles moins chauds Que les abeilles traversaient comme des bulles.