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MÉDITATION AU-DESSUS DES VALLÉES

)es bruits discrets te ravissaient dans la maison. [ J'entends, murmurais-tu, Sa robe délicate : [ Disposant, les bras nus, les mets de la saison, [ De couleurs et d'odeurs elle encombre la nappe,

Et nous allons souper quand coulera la nuit Sur les vignes d'azur et d'or. 0 vie ardente. Pleine de paix ! Limpidité du jour qui fuit, Ruissellement du ciel sur la confuse pente !

Heure de la prière aux cœurs moins orgueilleux, Je te salue, exquise, en tes minces fumées. Et perçant la fraîcheur radieuse des feux D'une étoile très pure au couchant allumée ! »

.insi tu promenais presqu'ivre ton regard It tes sens savouraient la splendide Matière •evant cette vallée où, d'un grêle brouillard, [ontait l'adieu des rossignols à la lumière.

NOCTURNES

Sous ce balcon chargé de roses en arceau Te venait la chanson plus traînante d'un pâtre Et tu voyais, sur l'ombre aux froideurs de ruisse Les brusques moucherons déchirer l'air bleuâtre.

Pourquoi nous prodiguer ces instants radieux Puis nous faire sentir le dur poids de la terre ; Gorger de pur soleil les germes ténébreux Et redonner sans fm la vie à la poussière ;

Ressusciter encor le jour, la nuit, le temps, Et sans cesse tourner le sablier qui s'achève... Les mondes ne sont-ils que des jeux éclatants? Expions-nous la faute ancestrale d'une Eve ?

Que d'humains, dans ce doute appliqués à souffrir, Avec des sens fermés t'ont traversée, ô Vie, Pendant que le poète affinait son désir Pour V mieux distiller ta secrète ambroisie !

MÉDITATION AU-DESSUS DES VALLÉES i

C'est ainsi que ce soir, errant parmi la mort, Tu te veux résigné comme cette vallée Où la lueur, le bruit, s'enténèbre et s'endort... Mais voici, de la gaze où les eaux l'ont voilée,

Le chant d'un rossignol caché s'épanouir, Dans le dessin précis d'une strophe limpide Qui traverse l'espace et semble l'éblouir...

Et cette volupté, dont ton âme est avide, Semble te retenir aux charmes du moment, A la terre, au beau soir, opiniâtrement.

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