‹ Les siéges de ParisChapitre 7 sur 10 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

1er. — Une suspension d'armes permet d’enlever des deux côtés les morts et les blessés.

2. — Le combat recommence en avant du plateau d’Avron et des forts de Nogent, de Gravelle et de Charenton. Les Prussiens essuient de graves pertes et laissent entre nos mains près d’un millier de prisonniers. Nos troupes épuisées soutiennent avec fermeté le choc de troupes fraîches. Le comte de Podenas, le marquis de Trécesson et le vicomte Mandat de Grancey, colonel des mobiles de la Côte-d'Or, sont au nombre des morts.

5. — L’armée du général Ducrot repasse la Marne et bivouaque, malgré le grand froid, dans les bois de Yincennes. Les batteries d’Avron continuent d’inquiéter les Prussiens dans la direction de Chelles.

4. — Par une proclamation, le général Ducrot explique qu'après deux journées de glorieux combats, l’ennemi ayant eu le temps de concentrer toutes ses forces, il eût fallu sacrifier inutilement des milliers de braves pour continuer l’attaque; mais la lutte n’est que suspendue. Mort du général Ladreit de la Charrière, frappé de deux balles à la prise de Montmély. Le commandant Poulizac, du 5e bataillon des Eclaireurs de la Seine, enlève trois postes du chemin de fer de Soissons, en avant d’Auluay.

G. — Une dépêche du comte de Moltke annonce la reprise d'Orléans par les Prussiens. Le général Renault succombe à l’amputation. Rueil est une espèce de territoire neutre; des mobiles ayant franchi les avant-postes pour s’y livrer à des orgies, le général Noël, commandant du Mont-Yalérien, réclame l’établissement d’une cour martiale.

7. — Décret par lequel est dissous le bataillon des tirailleurs de Belleville; la conduite du capitaine Ballandier à la journée du 28 novembre sera soumise à une enquête ; Flourens sera traduit devant un conseil de guerre.

8. — Des officiers prussiens, prisonniers sur parole, sont dans un restaurant l’objet d’insultes graves. Le général Trochu les échange contre des officiers français.

10. — Le seul événement de la journée est l’arrivée de deux pigeons apportant des dépêches apocryphes d’origine prussienne. On réquisitionne 800 chevaux et 500 hommes delà compagnie des Omnibus. Les clubs se livrent plus que jamais aux motions les plus excentriques.

15. — Le gouvernement, pour rassurer la population, déclare que le pain ne sera pas rationné. Le baron Saillard succombe aux blessures qu’il a reçues à Epinay.

15. — Le bataillon des Volontaires (147e) est dissous pour des

motifs analogues à ceux de la dissolution des tirailleurs de Belleville. La canonnade continue toutes les nuits. La viande, réduite à celle de cheval, est rationnée à 50 grammes.

17. — Les pluies ont détrempé les routes et rendu tout mouvement militaire impossible. Des dépêches annoncent l’évacuation d’Orléans, la retraite du gouvernement à Bordeaux, la retraite de l’armée de Chanzy sur le Mans et la reprise de la Fère par le général Faidherbe à la tête des troupes du Nord.

20. — On se prépare à une grande sortie. Le gouverneur de Paris va se mettre à la tête de l’armée. Les opérations doivent commencer le lendemain malin. Dès le milieu de la nuit, les tambours et les clairons rappellent les bataillons de guerre de la garde nationale.

21. — Les généraux Susleau de Malroy et Biaise, appuyés par le canon du fort de Nogent et du plateau d’Avron, s'emparent de Neuilly-sur-Marne et de la Ville-Evrard. Le général Favé, comman-

dant l’artillerie, est blessé. Des marins, des troupes de ligne e des gardes mobiles de la Seine, conduits par l’amiral de la Roncière, pénètrent dans le Bourget et y font une centaine de prisonniers. Le général Ducrot fait avancer alors son artillerie et engage une action très-vive contre les batteries de Blancmesnil. Les troupes occupent la ferme deGroslay et Drancy. Les marins du Bourget sont exposés non-seulement au feu des Prussiens, mais aussi à celui des forts français, qui ignorent leur présence dans ce village. Malgré leur bravoure héroïque, ils sont forcés de se replier sur Saint-Denis. Les officiers de marine Lamothe-Tenet et Pierre Duquesne sont tués. Pendant lanuit, des soldats allemands, cachés dans les caves de la Ville-Evrard, attaquent nos postes. Ils sont presque tous tués ou pris. Le général Biaise est mortellement frappé en volant à la tète de ses troupes pour les ramener au combat. Du côté de l'ouest, le général Noël dirige une forte attaque contre Montretout, Buzenval et Longboyau. Le chef de bataillon Faure, commandant du génie du Mont-Valérien, descend dans la plaine et, secondé par les francs-tireurs de Paris , il s’empare d'une ile de la Seine; mais il est grièvement blessé dans cette attaque et le capitaine Hans est tué raide.

22. — La journée d'hier, dit un bulletin officiel, n’est que le commencement d'une série d’opérations. Si elle n'a pas produit tous les résultats espérés, elle n’en est pas moins de bon augure. Les différents corps ont fait admirablement leur devoir et leurs efforts n’ont été arrêtes que devant des masses de l’ennemi trop nombreuses pour être percées.

25. — Un froid rigoureux force de suspendre les travaux de tranchée et les opérations militaires. Les clubs et les journaux avancés, tels que le Combat et le Iiéveil , profitent de l’émotion des esprits pour réclamer avec une nouvelle vivacité la Commune, qui seule peut sauver le pays. Le général Trochu est l’objet des plus violentes attaques et l'on propose d'appeler Garibaldi à la tète de la garde nationale.

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