‹ Les signes du tempsChapitre 108 sur 148 · LIVRES ILLUSTRÉS · texte numérisé non relu

LIVRES ILLUSTRÉS

achalandés et si riches ne sont qu'une vaste fabrique de douairières précoces et de vieillards anticipés.

Croyez-moi donc, ne donnez pas dans ces bimbeloteries somptueuses, dans ces riens extravagants qui ne parlent qu'à la vanité et qui flattent seulement ce que Bossuet, dans son langage énergique, appelait la concupiscence des yeux; achetez des livres ou des gravures, seules étrennes qui parlent à la fois à l'esprit et au cœur, et qui font naître une pensée en même temps qu'elles rappellent un souvenir. Malheureusement je sais bien qu'il semble trop souvent convenu dans le monde de la librairie que les livres d'étrennes doivent tout sacrifier à l'apparence, au luxe typographique , aux illustrations et aux reliures. Peu importe le texte à la plupart des éditeurs, qui le donnent par-dessus le marché et qui en confient presque toujours la rédaction au premier rapin qui se présente, aux fruits secs du journalisme et de la littérature. Ne serait-il donc pas possible d'utiliser les livres d'étrennes au profit de bonnes lettres et d'off"rir au public , sous cette forme attrayante, des ouvrages utiles ou moraux, bien conçus et bien écrits?

Si vraiment ! et j'ai là sous les yeux des publications qui prouvent que cette nécessité a été comprise, que cette pensée est enfin réalisée. Les donneurs d'étrennes n'auront désormais que l'embarras du choix.

Veulent-ils faire un cadeau qui puisse être utile et agréable à la famille tout entière et servir à récréer les longues soirées d'hiver, un cadeau qui soit de nature à intéresser l'aïeul comme la petite-fille, la mère comme le fils, l'enfant comme le père : voici trois beaux et bons volumes qui renferment toute une bibliothèque et tout un musée dans leurs vastes et splendides colonnes ; rien n'y manque. Une causerie sur l'histoire y coudoie un article de genre; une lettre sur la chimie s'y étale entre un gracieux proverbe et quelque merveilleuse légende; le roman y occupe une place d'honneur, et la chronique vient y conter les bruits du jour. Enfin le tout est rehaussé par de belles et irréprochables gravures qui servent d'accompagnement et de commentaire au texte. Les articles sont signés Alfred Nettement, Armand de Pontmartin, Alfred des Essarts, L. Desdouit, Amédée Aufauvre, Anna Edianez, etc. Enfin des écrivains de valeur et de renom se donnent le plaisir d'y venir causer incognito, en se masquant sous les pseudonymes de Curtius, Pomponius, Nathaniel, etc. Car, on l'a deviné, les trois volumes dont je parle et que je recommande comme lo meilleur cadeau qu'on puisse faire au temps des étrennes, c'est la collection de la Semaine des Familles. Je délie qu'on puisse trouver ailleurs un plus beau cadeau, un meilleur livre à mettre entre les mains des

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