‹ Les signes du tempsChapitre 67 sur 148 · LA SAISON DES CO.NGRÈS · texte numérisé non relu

LA SAISON DES CO.NGRÈS

bien qu'il trouvera toujours quelque moyen de la reprendre, et qu'il s'en ira, s'il le faut, àTombouctou ou à New-York plutôt que de manquer le placement de ses périodes.

Les journaux ont parlé d'un congrès de chapeliers à Bruxelles. Il s'agissait, disaient-ils , de la réforme de l'affreux tuyau qui, depuis le commencement de ce siècle, couvre le chef de tout Européen majeur qui n'est ni soldat ni prêtre , et encore combien ne voit-on pas d'ecclésiastiques mettre de côté le tricorne pour prendre cette disgracieuse coitfure , qui a le triple talent d'être chère, laide et incommode. Puisse le congrès des chapeliers aboutir un jour ou l'autre à quelque résultat pratique I Aristote ne peut manquer de lui fournir pour cela d'excellents conseils et de vives lumières dans son fameux chapitre des ciiapeaux.

On a aussi annoncé une réunion d'un caractère tout à fait charitable, et qui avait pour but l'examen des méthodes destinées à rendre l'ouïe aux sourds et la parole aux muets. On sait qu'il existe des systèmes et même des secrets qui affichent cette double prétention. Nous ne savons quels ont été les résultats du congrès, mais on nous a affirmé que les femmes en ont fait partie. C'était justice, car on sait qu'elles portent généralement un intérêt tout particulier aux œuvres qui ont pour but de venir en aide

à ces pauvres déshérités de la parole. J'en connais qui font des prodiges pour améliorer le sort des sourds-muets, et qui remuent pour cela ciel et terre. Dieu sait avec quelle loquacité !

« — Ah ! me disait un jour, à la suite d'une conversation ou plutôt d'un monologue sur ce sujet , une de ces admirables personnes qui sont toujours en quête de quelque soufïVance à soulager, si vous saviez quelle tendre charité j'ai pour ceux qui ne peuvent pas faire usage de leur langue ! »

Et ce mouvement était d'autant plus généreux de sa part qu'elle ne pouvait certainement pas s'appliquer le célèbre : yon ignara malt...

Le congrès des sociétés savantes a tenu à Paris sa session de 1860, et il a traité , comme Pic de la Mirandole. Ùe omni re scibili et quibusdam aliis. Les intérêts ruraux ont été largement représentés dans ces discussions auxquelles ont pris part tout ce qu'il y a de plus élevé dans la science, dans la politique ou dans les lettres. Le congrès a aussi abordé une des questions les plus graves qu'on pût soulever à une époque aussi avide que la nôtre de leçons historiques : « Dans quelle proportion la classe riche et « noble habitait-elle les campagnes avant le xvii* € siècle? Dans quelle proportion les hommes de « cette classe se livraient-ils eux-mêmes aux travaux « agricoles?»

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