ROSA BONHEUR
Quatre tableaux : Un labourage dans le Nivernais; le Retour du marché en Auvergne; Jument blanche avec son poulain dans un pacage; Chevreuils dans un foun^é.
On retrouve toujours avec plaisir ces toiles où certains aspects de la vie rurale sont reproduits non sans vérité ni sans grâce. Elles rappellent les Géorgigues, de même qu'une traduction de l'abbé Delille ou du chevalier de Saint-Ange, c'est-à-dire d'un peu loin , comme un écho affaibli rappelle la voix puissante qui l'interroge. Le Retour du marché en Auvergne m'a fait passer dans la mémoire comme une douce vision des paysages et des costumes bretons , et déjà j'allais accuser le peintre de fantaisie ou d'infidélité , mais je me suis souvenu d'un passage de Chateaubriand qui le justifie : « Une chose m'a frappé et charmé à la fois, dit-il : j'ai retrouvé dans la vie du paysan auvergnat le vêtement du paysan breton. D'où vient cela? C'est qu'il y avait autrefois pour ce royaume, et même pour l'Europe entière, un fond d'habillement commun. Les provinces reculées ont gardé les anciens usages, tandis que les départements voisins de Paris ont perdu leurs vieilles mœurs;
de là cette ressemblance entre certains villageois placés aux extrémités opposées de la France, et qui ont été défendus contre les nouveautés par leur indigence et leur solitude. »