LUTTE
mique peut être réalisée par voie intracutanée, intracérébrale, intraveineuse, intranasale et orale; elle donne naissance uniquement, chez le singe, à des anticorps neutralisants.
La grande expérience de SABIN en matière de toxoplasmose animale lui a permis de suggérer à Wozr et Cowen que le parasite qu’ils avaient découvert en 1937 chez un enfant atteint d'encéphalomyélite granulomateuse était vraisemblablement un ToxoprLAsMA et non un Encéphalitozoon Hominis.
En 1939, Wozr, Cowen et PAGE réussissent à isoler chez un enfant mort à l'âge de 31 jours d’une encéphalomyélite congénitale avec choriorétinite maculaire, une souche de ToxopLAsMA très virulente pour l'animal. Des études biologiques et immunologiques comparatives prouvent alors l'identité du Toxo- PLASMA d'origine humaine et de le souche isolée d’un cobaye par SABIN.
C'est en effet à Worr, Cowen et Pace que l’on doit les premiers et les plus importants travaux d'ensemble sur la toxoplasmose du jeune enfant : ces auteurs donnèrent, entre 1938 et 1939, une étude complète des cas qu'ils avaient observés, y joignant ceux très certainement identiques, retrouvés par eux dans la littérature de CouLon (1925), HEerTIG (1934), RicuaTEer (1936), Vos (1936).
Depuis, alors que la littérature américaine ne nous était plus accessible, de nombreuses recherches furent faites aux Etats-Unis, élargissant le cadre primitivement limité de la toxoplasmose.
Sur notre continent, l'attention fut attirée sur la toxoplasmose par deux communications parues seulement en 1945 et 1946 :
— LAVIER : la toxoplasmose (Presse Médicale, 3 mars 1945).
— E, Harrmanx et S. BRAUN-VALLON (Annales d'Oculistique, 1946).
Cela explique que les premières observations européennes ne furent publiées qu'à partur de 1946 :
Le premier cas où la toxplasmose fut d'emblée diagnostiquée est celui de BAMATTER, à Genève, présenté à la Société Suisse de Pédiatrie (1° et 2 juin 1946). Depuis, C. D. Bivkuorsr présenta, le 15 juin 1946, devant la Société Néerlandaise d'Ophtalmologie, « le premier cas européen de toxoplasmose
dans lequel on ait constaté des ToxopLasmes pendant la vie » (apparition de ToxopLasMes dans le tissu cérébral d’un animal
de laboratoire inoculé avec le liquide céphalorachidien du malade).
Entre 1947 et 1948, des cas semblables furent décrits par FREUDENSBERCG et BRUCKNER, à Bâle, GLANZMANN à Berne, FRAN- CESCHETII à Genève, Bivxuorsr en Hollande..…., tandis qu’en Amérique les observations devenaient toujours plus nombreuses. Les cliniciens américains étaient d’ailleurs très avantagés par le fait d'avoir à leur disposition, depuis 1941, un test de neutralisation des anticorps toxoplasmiques, mis au point par WARREN el SABIN : faute des souches toxoplasmiques nécessaires, le diagnostic des observations européenues était basé soit sur un aspect clinique pathognomonique (auquel cas un doute: persistait toujours), soit sur la mise en évidence du parasite intra vilam par inoculation de liquide céphalorachidien du malade à l'animal, ou post mortem, par recherche des parasites dans les lésions en foyers des divers organes.
C’est ainsi qu’en France, le diagnostic du premier cas de toxoplasmose autochtone, publié en 1948 par P. PESME à Îa, Société Française d'Ophtalmologie, repose uniquement sur des arguments cliniques.
Deux cas furent ‘ensuite publiés par LELONG, RossiER, LE Tan Vu, Bouranp, Desmonrs et RiBtERke, dans lesquels le diagnostic fut confirmé, pour l'un grâce à la positivité de la réaction de neutralisation, pour l’autre du fait de la constatation nécropsique de la présence de Toxoprasma dans les tissus nerveux. Dans une quatrième observation publiée par LELONG, RENARD, Josepu et Desmowrs, le diagnostic fut affirmé devant un tableau clinique caractéristique et un test de neutralisation positif chez la mère, mais qui fut négatif chez l'enfant.
En 1949 enfin sont publiées trois observations françaises . f’une par DEBRE, Mozziconaccr, Menpe et LAvar, à la Société de Pédiatrie de Paris, l’autre, extrêmement complète (test de neutralisation positif, aspect ophtalmoscopique suivi depuis le début de la constitution des lésions jusqu’à la phase cicatricielle terminale et mise en évidence du parasite dans les coupes après inoculation), par FarnaRier, à la Société Française
d'Ophtalmologie, la dernière étant celle présentée à la Société d'Oto-Neuro-Cphtalmologie de Toulouse (juillet 1949), par MM. Cacmértes, Déopari, DEUMIÉ et JAMMES, qui sert de base
à notre travail.
De cet aperçu historique nous devons retenir la probabilité de la répartition mondiale de la toxoplasmose humaine; il semble que sa fréquence ne pourra être évaluée que grâce
à un.élargissement à venir de nos moyens d'investigation biologiques et cliniques.