‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 21 sur 115 · LE REVÊTEMENT PILEUX DU GORILLE · texte numérisé non relu

LE REVÊTEMENT PILEUX DU GORILLE

entre les yeux et le bout du nez, typique dans une certaine mesure chez les adultes, surtout chez les individus mâles, ne se montre, à cet âge dans le sexe féminin qu'à un faible degré. Mais des variations dans le mode et dans la grandeur de cet allongement peuvent être constatées même ici déjà de bonne heure. Le tronc et les membres offrent une constitution encore plus grêle que chez le mâle du même âge.

Le revêtement pileux du gorille est formé de longs poils grossiers, épais, raides, droits ou ondulés et de poils laineux plus courts, plus fins et frisés. Sur le vertex les poils deviennent assez raides, longs de 12 à 15 mm et peuvent se hérisser dans les accès de colère. Les lèvres et la partie antérieure du menton ne sont revêtues que de poils courts et raides ; mais dans la partie postérieure de cette région ceux-ci se groupent en touffes et en barbe. Sur les côtés de la face ainsi que sur la nuque les poils, longs d'environ 30 mm et davantage, sont dirigés en bas. Des épaules ils s'étendent, longs de 130 à 150 mm , sur les bras et le dos. Au milieu du bras ils atteignent une longueur de 50 à 70 mm et descendent ainsi jusqu'au pli du coude. A partir de ce point ils se dirigent en général vers le haut du bras. Sur le dos de l'avant-bras ils se portent en même temps un peu en arrière. Au milieu du côté interne de l'avantbras ils se partagent de manière que les uns se tournent en avant du côté du radius, les autres au contraire en arrière du côté du cubitus. Sur le côté dorsal du poignet un groupe de poils se dirige en lignes ondulées vers le haut, un groupe moyen directement en arrière; un autre inférieur, également arqué, vers le bas. Au dos de la main les poils sont tournés vers les doigts. A la poitrine et à l'abdomen ils apparaissent plus courts, plus clairsemés. Dans la première de ces régions, ils se dirigent en général en bas et en dehors ; sur l'abdomen au contraire, ils convergent des flancs vers la ligne médiane et vers le. nombril. Sur la cuisse ils atteignent une longueur d'environ 160 mm ; ici, de même que sur la jambe, ils sont dirigés en bas ; au dos du pied, ils se relèvent en avant vers les orteils. Sur le dos, les épaules, les cuisses et les jambes, les poils grossiers sont légèrement ondulés. Cette [constitution contribue à augmenter l'aspect déjà par lui-même villeux et floconneux du revêtement pileux de ces êtres. Les poils laineux ne sont pas très denses et pas très feutrés.

La coloration du poil diffère non seulement sur les diverses parties du corps, mais encore suivant les individus. Sur le vertex elle est rouge brunâtre, rarement franchement brune ou bistre. Parfois les poils de cette partie du corps sont jaune-fauve

à la base, blanc grisâtre au milieu, brun rougeâtre près la pointe colorée en bistre ; ceux des lèvres sont tantôt brun noirâtre, tantôt blanchâtres ou présentent à la fois ces deux colorations ; ceux qui poussent sur les côtés de la face sont gris dans le bas, brun foncé presque noirâtres dans le haut. Sur la nuque et les épaules, les poils ont au-dessus de leur racine une coloration grise, devevant de plus en plus claire vers la pointe. Dans leur partie moyenne, ils ont une région brune, dont la teinte s'affaiblit de nouveau vers le sommet et vers la base; mais cette coloration annulaire peut aussi faire défaut. La pointe du poil est foncée, tantôt brune, tantôt rougeâtre. Les poils du dos, ceux des bras et des cuisses restent blanchâtres ou gris clair jusqu'au milieu de leur tige; ils ont un anneau brun près de la pointe qui est gris foncé. Beaucoup de ces poils dorsaux ont deux anneaux bruns. Les avantbras et les mains, les jambes et les pieds sont recouverts à la base de poils gris, aux extrémités de poils gris brun, brun noirâtre ou noirs. Autour de l'anus s'étend un cercle de poils blancs ou gris ou encore jaune brunâtre, longs de 10 à 20 mm . Des modifications de la coloration du pelage, décrite ci-dessus, existent assez souvent dans les deux sexes. Nous avons déjà dit que la couleur brun rougeâtre du vertex est parfois remplacée par une autre. Chez beaucoup d'individus la nuque, les épaules et le dos sont gris foncé, bruns ou même noirâtres ; chez d'autres les avant- bras, les mains, les jambes et les pieds sont comme le reste du corps recouverts de poils gris et brunâtres mélangés.

La seconde espèce de singes anthropoïdes dont nous ayons à parler est le Chimpanzé. Nous considérons également dans cette forme successivement le mâle vieux et le mâle jeune; mais ensuite la, femelle vieille et la femelle jeune.

Le chimpanzé adulte est plus petit que le gorille vieux. Dans cette espèce aussi le mâle est plus grand que la femelle. D'une manière générale cet animal est plus fluet que l'anthropoïde décrit en premier lieu.

La tête du Chimpanzé mâle vieux présente une forme générale qui diffère déjà de celle du gorille mâle vieux en ce que son crâne n'a qu'un vertex peu élevé et une crête occipitale transverse peu prononcée. De plus les arcades orbitaires étant moins développées que chez le Gorille mâle vieux, les apophyses épineuses des vertèbres cervicales bien moins longues que chez ce dernier, il en résulte que le Chimpanzé ne présente ni la conformation carrée de la face, ni la place nécessaire au développement et à l'insertion de ces muscles puissants qui produisent dans la nuque la voussure presque analogue à un capuchon, si caractéristique chez le

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