‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 22 sur 115 · LA TÊTE DU CHIMPANZÉ · texte numérisé non relu

LA TÊTE DU CHIMPANZÉ

gorille. La tête du Chimpanzé , tant chez l'adulte que chez le jeune, présente, comme celle de beaucoup d'autres singes, le creux de la nuque, c'est-à-dire une dépression entre la tète et le cou. Chez le Chimpanzé mâle la région pariétale a un contour en voûte arrondie, car, ainsi que nous l'avons déjà dit, il n'existe pas de crêtes osseuses fortement saillantes. Les arcades orbitaires ne proéminent pas au même degré que chez le Gorille du même âge, mais cependant encore fortement ; elles sont revêtues d'une peau ridée et portent ici également des sourcils raides, sétacés, entremêlés d'autres poils plus courts. Les paupières plissées, hautes et larges, sont revêtues de cils serrés. L'angle interne de l'œil est, comme chez le gorille, assez prononcé. Généralement la physionomie du Gorille et celle du Chimpanzé diffèrent en ce que chez celui-ci le dos du nez est plus court que chez celui-là. Chez le Chimpanzé cette partie se montre déprimée, mais néanmoins relevée en forme de carène convexe au fond de la dépression. Le dos du nez est parcouru par des rides transversales plus ou moins profondes. De plus chez le Chimpanzé l'espace compris entre l'angle interne de l'œil et le contour latéral supérieur du bout cartilagineux du nez est moins grand que chez le Gorille. Le bout arrondi du nez du Chimpanzé présente quelque différence quand on le compare à celui du Gorille. Chez celui-là il est en somme plus camus que chez celui-ci, sa pointe n'est pas si marquée, les narines sont moins largement ouvertes et bordées d'un bourrelet moins épais (fîg. 3). Chez le Chimpanzé un sillon médian longitudinal et vertical partage également les cartilages triangulaires des ailes du nez qui, en haut, sur les côtés et même en bas, vers la lèvre supérieure, sont séparés du reste de la face par un sillon circonscrivant cette partie et décrivant un contour piriforme élargi. La lèvre supérieure est généralement haute, elle atteint souvent jusqu'à 30 mm . Cependant il existe aussi des individus chez lesquels cette partie est moins élevée. Comme chez le Gorille, le menton a la forme d'un triangle équilatéral à sommet tourné en bas.

L'oreille externe du Chimpanzé a dans son ensemble une forme moins humaine et un contour plus grand que celle du Gorille. Cet organe présente toutefois des variations individuelles si considérables qu'il m'est difficile d'établirune moyenne satisfaisante de ses rapports de grandeur. Suivant les individus sa longueur varie de 59 à 77 mm , sa largeur de 42 à 80 mm . Beaucoup d'oreilles de Chimpanzés ont un lobule bien distinct, d'autres n'en ont point ; chez les uns l'hélix et l'anthélix sont bien marqués, chez d'autres ce dernier manque. Le tragus et l'antitragus sont plus ou moins nets;

il en est de même de certaines autres parties du relier externe de l'oreille cartilagineuse du Chimpanzé (fig. 5.)

Le Chimpanzé mâle vieux a de larges épaules assez arrondies, une forte poitrine, de longs bras mus eu le us descendant jusqu'aux genoux et une langue main qui, contrairement à celle du Gorille, est beaucoup plus effilée. La longueur du pouce est variable ; il atteint bien dans la plupart des cas l'articulation carpo-métacarpienne ; mais parfois il n'en est pas ainsi. Parmi les quatre autres doigts, le médius se distingue par sa longueur ; le deuxième et

Oreille du Chimpanzé.

le quatrième sont plus courts que le médius et cela à peu près de toute la longueur de leur phalangette. Le quatrième est un peu plus long que le deuxième et le cinquième à son tour est plus court que le quatrième de toute la phalangette de celui-ci. Entre

les bases des doigts, du deuxième au cinquième, s'étend à peu près jusqu'au milieu des premières phalanges, une membrane interdigitale. Sur la face dorsale de la main du Chimpanzé mâle vieux, on voit également des callosités dures, car cet animal, tout comme le Gorille, se sert de ses doigts repliés pour s'appuyer sur le sol. Les doigts sont comprimés latéralement. Au dos de la main ils sont faiblement bombés, tandis qu'ils le sont plus fortement à la paume. Un grand nombre de sillons croisés s'étendent sur le dos de la main; d'autres plus profonds traversent la paume.

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