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II. — LE SQUELETTE DU GORILLE

Le reste du squelette du mâle vieux (fig. 17) répond par sa Constitution puissante et massive à la conformation du corps, remarquable par sa taille et sa force. Le squelette du tronc est composé de 7 vertèbres cervicales, 13 dorsales, 4 lombaires, dé 13 côtes et d'un sternum, formé de plusieurs pièces osseuses (même chez l'animal adulte). Aux vertèbres cervicales on remarque surtout la longueur des apophyses épineuses, qui toutefois n'atteignent leur plus grand développement que de la quatrième à la septième vertèbre. Les extrémités de ces productions colossales engendrent, avec la région occipitale fortement saillante en arrière, une ligne à convexité postérieure. Celle-ci est le lieu d'origine et d'insertion de la puissante couche des muscles cervicaux. Les corps dés vertèbres dorsales augmentent de longueur, de largeur et d'épaisseur de haut en bas et s'amincissent en forme de coin vers leur côté antérieur. Les parties moyennes des 13 côtes (parfois il en existe 14), décrivant une large courbe, sont très puissantes et très épaisses, à cet âge, dans ce sexe. Il n'y a que sept cartilages costaux, reliés de chaque côté au sternum ; deux cartilages s'appuient sur d'autres situés au dessus. Les autres n'offrent qu'une constitution rudimentaire et se terminent librement dans les muscles de l'abdomen. On trouve aussi de temps à autre des variations des dispositions typiques que nous venons de décrire, en ce que des dixième et onzième côtes partent des bandes parfois très minces qui deviennent tendineuses (c'est-àdire fibro-cartilagineuses) aux extrémités et remontent vers le sternum.

La conformation de la ceinture pelvienne de cet animal offre un intérêt tout particulier. Les pièces principales de cette partie du squelette, c'est-à-dire les os coxaux, iliaques ou innominés, sont hautes et étroites dans leur portion inférieure ; ces os deviennent larges et plats vers le haut et se terminent par la crête iliaque

• (1) Le squelette ci-contre est emprunté à l'ouvrage de Duvernoy : « Des caractères anatomiques des grands singes pseudo-anthropomorphes », pi. II. Cette figure a l'avantage de bien montrer les apophyses épineuses si caractéristiques de la colonne vertébrale et différentes positions des membres.

qui décrit un arc de cercle. Ils n'ont le plus souvent, do chaque coté, qu'une épine supérieure (peu marquée) ; les branches des

Fig. 17. — Squelette du Gorille mâli

cendantes des ischions, dirigées en bas et un peu en dehors, présentent des tubérosités larges, très étendues, arrondies d'avant en arrière, et le plus souvent une seule grande échancrure ischia7 tique de chaque côté. Les branches horizontales du pubis sont

étroites, les branches ascendantes sont au contraire larges. Le sacrum est étroit, conique, allongé, dirigé presque verticalement et rappelle les os basilaires d'une véritable queue. Les os du coccyx font l'effet d'un véritable rudiment caudal.

Les os de la ceinture scapulaire offrent également des particularités intéressantes. Les claoicales sont longues et grêles ; leur extrémité scapulaire est aplatie en lame, leur extrémité sternale est au contraire renflée, h 1 omoplate est un os triangulaire très grand, ayant dans son ensemble à peu près la forme de celle de Thomme; les fosses sus-épineuse et sous-épineuse n'ont qu'une faible profondeur. L'humérus, long et fort, a la tête inclinée sous un angle de 60° vers l'axe de sa portion moyenne. Souvent, mais pas toujours, on remarque chez le Gorille une perforation dirigée d'avant en arrière dans la partie terminale inférieure aplatie de l'humérus ; cet orifice visible, d'un côté ou des deux côtés, audessus de la trochlée, est appelé trou intercondyloïde par Darwin.

La tête du radius est grosse, son corps fortement courbé en avant et en dehors, tandis que dans le cubitus celui-ci est très courbé en dedans et en arrière. Les os du carpe, du métacarpe et des phalanges sont remarquables par leur longueur, leur largeur et leur épaisseur. Le fémur présente un développement en rapport avec celui du squelette entier. La partie moyenne ou corps est courbée en avant et de plus aplatie dans le sens antéro-postérieur. Dans le tibia le corps est le plus souvent arrondi, mais quelquefois aussi un peu comprimé latéralement.

Au tarse le calcanéum est grêle, courbé en dehors dans sa partie moyenne, en dedans au contraire dans la portion formant sa tubérosité. Dans l'astragale la tubérosité articulaire de la tête, c'est-à-dire de la partie antérieure finissant en segment de sphère, présente une protubérance articulaire ovale transverse dirigée en dedans. Le scaphoïde, articulé comme d'habitude avec cette protubérance, est également dirigé vers l'extrémité interne du pied. A cause de cette condition particulière de torsion, on dirait, en voyant le tarse du Gorille, que cette partie du pied a éprouvé, une déviation, une flexion de son axe longitudinal.

Chez le mâle jeune et chez la femelle tant adulte que jeune les os du squelette sont en général plus grêles et moins massifs que chez le mâle vieux. Le squelette de la femelle ne présente pas ces sillons et ces arêtes si prononcées, surtout sur les os des membres. Chez la femelle, la tête de l'humérus, par exemple, est moins nettement détachée, ses tubérosités sont moins considérables que chez le mâle. De plus, le radius de la première a une tête plus petite, un corps d'apparence moins nettement prismatique triant

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