CRANE DU GORILLE JE UNE
pas mort à cette phase de son développement, les deux lames de la crête se seraient probablement soudées ultérieurement en une production unique; car cette disposition ne caractérise qu'un état de développement transitoire se reproduisant che? tous les individus.
Sur le milieu du vertex, où la crête longitudinale, déjà plusieurs fois mentionnée, s'élèvera plus tard d'avant en arrière, il se produit souvent déjà dans les crânes jeunes, suivant la suture sagittale, une éminence longitudinale qui ne s'élève que très lentement. On voit aussi apparaître déjà de bonne heure un bourrelet transversal dans la région des deux lignes semi-circulaires supérieures (lineœ semictrculares s. nuchœ suprcmœ) de la partie écailleuse de l'occipital ou entre celles-ci et les deux lignes moyennes mentionnées plus haut. Ce bourrelet transversai s'étend en outre jusqu'à la suture lambdoïdale ou même envahit celle-ci. Cette saillie osseuse appelée torus occipitalis transccrsus, dans le langage anatomique, correspond à la première ébauche de la crête transversale de l'occiput, si typique chez le Gorille mâle vieux (voy. p. 45 et fig. 15).
Beaucoup de crânes jeunes de Gorilles présentent, dans la région de la suture coronale, un petit os intercalaire, en forme d'ilot (os epiptericum, de Virchow) situé entre la portion écailleuse du temporal et la grande aile du sphénoïde. Ce petit os peut se souder complètement avec la grande aile du sphénoïde. Mais, alors même, il existe encore assez souvent au-dessus de cet os intercalaire une connexion directe entre le temporal et le frontal par l'intermédiaire de l'apophyse frontale de l'écaillé temporale (processus frontale squanxœ tcniporalis y de Virchow) qui existe assez souvent chez les anthropoïdes (p.. 46) (1). Cette apophyse doit assez fréquemment son origine à l'os intercalaire même, décrit plus haut, qui peut de bonne heure se souder également avec le temporal. Je reviendrai plus tard encore une fois sur cette apophyse frontale.
Les orbites sont plus arrondis dans les crânes jeunes que dans les crânes vieux, où ils se montrent toujours anguleux, bien que les angles, surtout les angles supérieurs externes, deviennent tantôt plus, tantôt moins obtus. Virchow remarque que, dans le crâne du Gorille très jeune, la hauteur des orbites excède leur largeur, qu'à
(1) Virchow, Ueber einige Merkmale niederer Menschenrassen am Schœdel (Berlin, 1815), p. 41. — Zeitschrift f. Ethnologie, 1880, XII, 23. — Monatsber. d. Kônigl. Akademie d. Wissenschaften zu Berlin, 1880, p. 523. Cet os intercalaire est également développé dans lé jeune crâne appartenant au n° 92 du Muséum de Paris. On le reconnaît encore assez nettement dans la fig.. 4, p. 127, du petit ouvrage : Ueber Darivinismus und T hier production (Mûnchen, 1876) que j'ai fait dessiner d'après ce crâne. Voy. Bischoff, Schœdelwerk. . .
Hartmann. — Les Singes. 4
50 COMPARAISON DÉ t/HOMNE Et DÉS SlNfcES ANTHROPOÏDES
cet âge, par conséquent, le crâne est haut (hypsiconque)* Chez le Gorille mâle vieux, la hauteur de l'orbite oscille, d'après différentes mensurations que j'ai prises, â peu près entre 39 et 52 mm r sa largeur entre 37 et 45 mm .