‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 37 sur 115 · CRANE DU CHIMPANZÉ JEUNE · texte numérisé non relu

CRANE DU CHIMPANZÉ JEUNE

osseuse partant de l'occipital. C'est l'apophyse découverte par Virchow et appelée par cet auteur apophyse carotidienne (processus caroticus).

Les orbites du Chimpanzé sont le plus souvent arrondies, limitées par une ligne plus nettement circulaire; mais les os nasaux sont aussi longs et aussi étroits que chez le Gorille. Dans la région maxillaire, fortement prognathe, l'orifice externe du nez se montre plus bas, plus arrondi, que chez ce dernier singe. Les saillies des alvéoles des canines du Chimpanzé mâle proéminent également comme des piliers (fig. 18). L'espace compris entre ceux-ci et les bords alvéolaires des maxillaires supérieurs est souvent très large et plus convexe que chez le Gorille. Les canines bien que fortement développées (fig. 18) restent plus rondes, plus coniques chez le Chimpanzé que chez le Gorille où elles acquièrent presque la forme de pyramides triangulaires. Dans le reste de la denture il existe chez ces deux espèces certaines différences que nous expliquerons plus tard.

Chez le Chimpanzé mâle jeune la boîte crânienne est encore plus voûtée que chez le mâle vieux. Les lignes temporales sont encore très écartées. La crête occipitale transverse n'est encore visible qu'à l'état de rudiments aliformes, près des apophyses mastoïdes. Dans les crânes des mâles très jeunes on voit cependant déjà se développer le bourrelet occipital transverse (torus occipitalis transoersus) mentionné plus haut (p. 49). Les orbites sont nettement saillantes par rapport à la boîte crânienne ; le dos du nez est enfoncé, les piliers des canines sont moins prononcés à cause du développement encore faible de ces dents; le triangle antérieur de la mâchoire compris entre ces piliers n'est pas encore aussi convexe que chez l'animal plus âgé.

Le crâne du Chimpanzé adulte est plus régulièrement voûté, plus allongé, plus étroit dans ses régions pariétale et occipitale que celui du mâle vieux. Le bourrelet occipital transverse s'y développed'habitude dans la région des lignes semi-circulaires supérieures ou dans l'espace osseux compris entre celles-ci et les lignes moyennes. La région nasale et la région maxillaire supérieure sont déprimées. Les maxillaires supérieurs sont peu élevés dans leur partie antérieure qui renferme les alvéoles des incisives et des canines. La mâchoire inférieure — et cela s'applique aux crânes de Chimpanzés des deux sexes et de n'importe quel âge — présente un corps relativement peu élevé et deux branches basses, mais larges, dont les apophyses coronoïde et articulaire sont séparées de chaque côté par une échancrure relativement considérable. De plus, chez le Chimpanzé, ces branches se dirigent

encore plus obliquement en arrière qu'elles ne font généralement chez le Gorille.

Le crâne de la femelle toute jeune aune forme à peu près hémisphérique dans sa partie cérébrale ; les orbites ne sont pas très saillantes par rapport au front; leurs arcades sont peu élevées et le prognathisme de la région maxillaire, séparée des régions nasale et frontale par une profonde dépression, est moins prononcé (fig. 19).

Le tissu spongieux des os crâniens du Chimpanzé présente tout un système de cavités communiquant entre elles, qui ont déjà le caractère des' sinus ou grandes cavités osseuses, qui existent dans le frontal, le sphénoïde, l'éthmoïde et le maxillaire supérieur de l'homme ; mais chez le Chimpanzé ces cavités sont plus spacieuses que chez l'homme et que chez le Gorille même. Les vastes sinus frontaux communiquent avec les sinus nasaux et maxillaires. Ceux de l'ethmoïde et du sphénoïde sont hauts et profonds. Les grandes ailes du sphénoïde et les apophyses ptery-

Fig. 19. — Crâne du Chimpanzé femelle, très jeune.

goïdes de cet os sont creusées de cavités considérables. Les cellules de la portion mastoïde des temporaux sont en communication avec celles des grandes ailes et des apophyses pterygoïdes du sphénoïde; elles s'étendent de plus à travers la portion écaillèuse et l'apophyse zygomatique des temporaux et se perdent vers le haut dans les cellules spongieuses, plus étroites, situées entre là paroi interne et la paroi externe de la boîte crânienne. Ces dernières ont une forme et des dimensions plus régulières.

Le squelette du Chimpanzé présente, en rapport avec la taille moindre de cette espèce simienne, des dimensions plus faibles que la charpente osseuse du Gorille. Les sept vertèbres cervicales du premier ont des apophyses épineuses plus faibles, à extrémité indivise. Les apophyses transverses des cinquième et sixième vertèbres cervicales sont absolument conformées comme des côtes cervicales.

Il existe 13 vertèbres dorsales, dont les corps sont comprimés latéralement. Cette ^compression, est ici plus forte, que chez

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