LE TRONC ET LES MEMBRES SUPÉRIEURS
la capsule cérébrale ou la grandeur du visage, comme des caractères qui rapprochent ceux qui les présentent du type pithécoïde, parce que tous les singes ont le cou court et sont relativement encore un peu plus inférieurs au nègre que ne Test celui-ci par rapport à l'Européen. La brièveté du cou des nègres explique en outre sa plus grande puissance comme organe de soutien et l'aisance avec laquelle ceux-ci portent les fardeaux sur la tête; cela serait beaucoup plus pénible aux Européens qui ont le cou à la fois plus long et plus faible » (1).
Cette opinion de Burmeister est beaucoup trop généralisée; elle ne s'applique pas à beaucoup de Nigritiens et surtout pas à ceux des régions supérieures du Nil. Les Funjôs, les Shilluks, les Denkas, les Baris et d'autres grandes tribus de ces régions sont caractérisés par un cou long et mince. On trouve chez eux également des distances de 9 à 10 pouces, même de 11 à 12 pouces (240-260 mm et 260-286 mm ) entre le sommet de la tête et l'acromion. Burmeister parle ici exclusivement des nègres brésiliens. Néanmoins je ne retrouve pas souvent le cou typique court ni dans les figures d'esclaves si connues de Maurice Rugendas (2), ni dans un grand nombre de portraits photographiques de nègres brésiliens que j'ai sous les yeux. Cette constitution du cou ne se voit même pas dans beaucoup de portraits de nègres de l'Afrique occidentale et du Mozambique, qui cependant ont fourni la majeure partie de la population des esclaves brésiliens. Le cou épais et court s'observe aussi chez beaucoup de Mongols, de Malais, de Polynésiens , de Papous ; plus rarement chez les indigènes de l'Amérique et les Européens. Si l'on veut voir dans cette conformation un rapprochement vers le type pithécoïde , on trouve qu'elle est répartie dans des nations différentes, mais en aucune façon restreinte aux nègres seuls, et que même chez ceux-ci elle n'est pas prédominante.
L'allongement considérable des membres supérieurs des singes anthropoïdes ne saurait être comparé avec la longueur de ces mêmes membres de l'homme. Car bien qu'on ait observé par-ci, par-là des Nigritiens et des individus d'autres peuplades sauvages dont les bras avaient une longueur exceptionnelle, ce ne sont cependant là que des phénomènes individuels qui se retrouvent même chez des Européens et ne doivent pas être considérés comme des caractères de race.
La main de l'Orang et du Gibbon est trop longue pour soutenir
(1) Geologiscke Bilder sur Geschichte der Erde und ihrêr Bewohner (Leipzig, 1851-53), t. II, p. 120.
(2) Voyage pittoresque dans le Brésil; Paris, 1839.
une comparaison directe avec celle de l'homme. C'est chez le Gorille et le Chimpanzé, surtout chez le premier, que cet organe se rapproche le plus de la main humaine. Au premier coup d'ceil la main d'un Gorille mâle adulte pourrait rappeler le poing calleux d'un ouvrier ou d'un portefaix nègre, tel que ceux, par exemple, qui, à Rio-de- Janeiro, àBahia ou aLaGuavra, soulèvent de lourds
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sacs de café et les lancent sur leur tète ou sur leurs épaules herculéennes. On a aussi beaucoup parlé de la membrane très développée qui relie la base des doigts dans la main des Nigritiens et de leurs phalanges terminales ou onguéales pointues. Dans son célèbre mémoire: Do naturlijko Geschiedenis van den Negerttam, van der Hcoven a décrit et figuré la main ainsi conformée d'un jeune Aschanti. On a donc èlê enclin à reconnaître en cela un caractère important de la » race nègre ». Comme il existe également dans la main du Gorille des membranes interdigitales et qu'on peut y constater aussi un certain amincissement terminal