LES SOURCILS
singulière preuve de notre ancien état; car personne n'admettra que nos poils aient, actuellement, aucune utilité pour faciliter l'écoulement de la pluie, usage auquel ils ne se trouveraient d'ailleurs plus appropriés par leur direction, vu notre attitude verticale actuelle. «
Fig. 30. — Capucin (Cebu$ capucinut).
Darwin remarque encore qu'on a nié à tort l'existence des sourcils chez les singes. En effet, chez tous les anthropoïdes on trouve des sourcils longs , sétacés et bien distincts ; mais ils ne sont pas aussi rapprochés que chez l'homme; il s'élèvent, au contraire, plus rares au-dessus du revêtement pileux plus court et plus dense des arcades sourcillères et n'affectent aucune direction déterminée. Chez les Gibbons à mains blanches, ces sourcils se distinguent par leur longueur et leur rigidité. On peut d'ailleurs constater au-dessus des paupières supérieures des productions correspondant aux sourcils dans tout le veste de la série des mammifères,
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même chez les phoques et les pachydermes. On observe également, sur la lèvre supérieure des Gorilles, dos Chimpanzés et des Orangs, un grand nombre de poils un peu plus longs et un peu plus raides, qui proéminent au-dessus du revêtement pileux d'ailleurs court des lèvres et qui rappellent des poils tactile». Chez VHylobates atbimanut, j'ai même vu de semblables poils tactiles atteindre une longueur très considérable (fig. 10).
La Conformation extèrieuredu trotte des anthropoides ne diffère pas essentiellement dans son ensemble de celle du tronc humain. Il n'offre pas la forme si avenante et si gracieuse de la taille qu'on observe dans le torse bien conformé de l'homme ; on y voit aussi la saillie coecygienne, dont nous avons parlé plus haut (p. 18, 31), développée dans une mesure disiirvieious-e et ijui n'a rien d'humain par suite du faible développement du siège (voy. fig. 1 ot 0). Il ne faudra certes jamais songer à comparer le torse de l'Apollon du Belvédère ou du Mercure olympien avec celui d'un Gorille ou d'un Chimpanzé. Mais il sera fort bien permis de mettre en parallèle le torse rasé d'un Gorille mâle robuste et celui d'un de ces êtres débiles à gros ventre, à hanches g (lacées, tels qu'on on rcneontre partout et qui sont comme des caricatures vivantes de leur race. Une telle comparaison ne serait peut-être pas entièrement défavorable au Gorille 1
Le cou des anthropoïdes est en général court et épais. Chez le Gorille la région do la nuque se montre fortement voûtée en arrière, sur les longues apophyses épineuses des vertèbres cervicales et leur revêtement musculaire, comme nous l'avons décrit plus haut (p. 17). On rencontre aussi, chez beaucoup d'hommes, un cou épais et court, un développement considérable de la région cervicale (cou de taureau). Très souvent on regarde le cou épais et court, la nuque puissante comme une particularité des peuples nègres de l'Afrique. « L'épaisseur de la nuque, dit Burmeister, devient d'ailleurs d'autant plus frappante chez le nègre qu'elle semble liée à un raccourcissement du cou. J'ai mesuré chez tous les nègres la distance du sommet de la tête à l'acromion e.t j'ai trouvé qu'elle variait entre 9 pouces 3/4 et 9 pouces 1/4. Chez l'Européen de taille moyenne la même distance est très rarement inférieure a 10 pouces; je la trouve habituellement de 11 pouces chez la femme et de 12 pouces chez l'homme. Il est bien légitime de considérer la brièveté du cou, de môme que le petit volume de