‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 52 sur 115 · LE PIED · texte numérisé non relu

LE PIED

privés de leurs bras dans le cours de leur existence, qui pouvaient, pour compenser en quelque sorte la perte de ces organes, se servir de leurs pieds comme de mains. Le fait le plus merveilleux sous ce rapport est celui d'un violoniste sans bras, qui se fait entendre actuellement dans les différentes capitales de l'Europe. Baer aussi mentionne entre autres un calligraphe ne travaillant qu'à l'aide de ses pieds. Mais des gens mêmes qui ont le plein usage de leurs membres supérieurs peuvent souvent saisir avec le gros orteil comme avec un pouce, soulever de terre des objets peu volumineux, les présenter, etc. Un exercice prolongé peut développer en cela une certaine adresse. Les Nigritiens, les Malais, les Polynésiens, les Indiens, etc., se servent de leur gros orteil, largement écarté, pour grimper sur les palmiers, avec autant d'adresse que le font parfois aussi nos jeunes gens et nos matelots quand ils montent sur des mâts de cocagne ou des mâts de navire, etc. Chez ces gens la forme extérieure du pied n'est pas très différente du pied simien, car, par une habitude contractée, ils écartent un peu le gros orteil des autres, même lorsqu'ils se tiennent immobiles. Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner par exemple les belles photographies des Macracas, etc., de l'Afrique centrale, faites par R. Buchta. Haeckel dit fort bien que la distinction physiologique du pied et de la main ne saurait être établie rigoureusement, ni fondée scientifiquement. Il faut pour cela recourir aux caractères morphologiques (1).

(1) Anthropogénie (Leipzig, 1874), p. 482.

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