I. — LE CRANE
Si maintenant nous voulons entreprendre une comparaison méthodique du crâne des anthropoïdes avec celui de l'homme (fig. 34), il faudra , pour le Gorille, le Chimpanzé et l'Orang-Outan, considérer d'abord la charpente osseuse céphalique d'animaux jeunes, non complètement développés. Car, chez les singes vieux de ces espèces, le développement colossal des crêtes osseuses de la voûte crânienne et de la denture, la saillie du cadre des orbites et l'aplatissement de l'occipital engendrent des différences si profondes que nous sommes obligés de nous imposer dans ce cas les plus grandes restrictions dans l'application de la méthode comparative. Mais, pendant le développement du squelette des anthropoïdes, nous rencontrons des états qu'il est permis de comparer directement avec ce qu'on observe chez l'homme. La forme arrondie de la capsule cérébrale des jeunes anthropoïdes permet déjà de faire un parallèle entre la tête du singe et celle de l'homme. On sera "forcé de convenir qu'il existe, surtout chez certains peuples sauvages, des formes de la voûte crânienne, qui, dans leur ensemble, ne diffèrent que fort peu de celle de la voûte crânienne des Gorilles , des Chimpanzés et des Orangs jeunes. L'arrondissement de l'occipital atteint fréquemment chez de jeunes anthropoïdes et chez certains hommes le même degré de développement. Il arrive même assez souvent que l'écaillé occipitale d'un Nigritien, d'un Papou ou d'un Malais jeunes se montre plus plane, plus aplatie que celle d'un jeune Gorille ou d'un jeune Chimpanzé. Il faut avouer que nous sommes obligés de renoncer à trouver une entière égalité d'âge chez les individus comparés ;