LES VERTÈBRES LOMBAIRES ET SACRÉBS
rapport avec l'Hion. Chez l'Orang-Outan c'est généralement la vingt-quatrième qui devient la vertèbre fulcrals.
Fig. il. — Squalatte du Gorille mâle vieux.
Chez les Gibbons on peut considérer la vingt-cinquième>ertèbre
comme étant la vertèbre de soutien. Chez le Siamang, qui a cinq vertèbres lombaires, j'ai encore trouvé la cinquième entre les liions. Des cinq vertèbres sacrées, la première et la seconde s'articulent avec ces os du bassin. Chez VHylobaies agilis, qui possède six vertèbres lombaires , la cinquième et la sixième se trouvent entre les ilions avec lesquels s'articulent la première et la deuxième des cinq vertèbres sacrées.
La colonne vertébrale du Gorille, du Chimpanzé et de l'Orang présente, entre l'avant-dernière vertèbre cervicale et la deuxième ou troisième vertèbre dorsale, une faible courbure à convexité antérieure. Dans la région située au-dessous de la deuxième vertèbre lombaire se montre une seconde courbure de même sens, mais plus faible encore que la précédente. Le promontoire de l'entrée du bassin, c'est-à-dire le prolongement développé dans la région intermédiaire aux vertèbres lombaires et sacrées et décrivant les trois quarts d'un cercle, qui est si prononcé chez l'homme, n'est que faiblement marqué chez les anthropoïdes. En arrière, la colonne vertébrale présente un arc ; elle a une courbure dorsale à convexité postérieure (voy. fîg. 17 et 23).
Aeby prétend que les corps des vertèbres du Gorille s'amincis^sent en avant. Il en est ainsi en effet. Lorsqu'un anthropoïde grimpe ou qu'il marche, la courbure dorsale de sa colonne vertébrale conserve sa position fixe. Elle se manifeste encore mieux lorsque, en grimpant sur un arbre, un mât ou quelque autre support de ce genre, l'animal écarte son tronc de l'objet sur lequel il s'élève et qu'il courbe en même temps la tète fortement en avant. Une semblable courbure dorsale se remarque aussi chez les hommes qui grimpent à l'aide des mains et des pieds, en tenant le corps écarté, sur un arbre, un mât ou tout autre objet de ce genre. Lorsqu'un anthropoïde se dresse suffisamment, pour pouvoir en même temps porter ses mains derrière la tète, la courbure dorsale de sa colonne vertébrale diminue naturellement et il se produit même une courbure antérieure ou ventrale plus ou moins forte de la même région.
Le bassin osseux des anthropoïdes avec ses palettes iliaques , hautes, étroites, dirigées en avant, avec ses dernières vertèbres lombaires profondément enfoncées entre ces palettes, avec ses vertèbres sacrées et coccygiennes rappelant d'une manière frappante des rudiments de vertèbres caudales, est la partie du squelettes de ces animaux qui présente le moins d'analogie humaine (voy. fig. 40 et 41).
La cage thoracique des anthropoïdes se distingue de la cage thoracique normale de l'homme en ce qu'elle s'élargit fortement
l'humérus et les os de l'avant-bras 103
et brusquement vers sa base ouverte. A ce thorax et aux os du bassin, divergeant fortement en avant, s'attachent les parois de l'abdomen qui s'arrondissent régulièrement comme un tonneau et n'ont pas cette forme si gracieuse que l'on connaît aux parties correspondantes de l'homme.
Certaines particularités des os de la ceinture scapulaire et des extrémités des anthropoïdes, ainsi que les différences qu'ils présentent avec les mêmes organes de l'homme ont déjà été décrites plus haut (p. 52, etc.)*