‹ Les six raisons du Dr Verge contre le Cercle catholique de Québec réfutées [microforme]Chapitre 7 sur 7 · REY · texte numérisé non relu

REY

réconnais encore ici cette jine diplomatre qui me tend'le plus perfide des pièges:

Dieu merci, je saurai l’éviter.

Supposons toutefois que ceite sixième ‘4i80n soit réellement de vous. }

Vous vous êtes fait alors le raisonnément suivant :

Ou bien on ne ine répondra pas, grâce à la mention que je fais du sermon d’un grand-vicaire, ou bien on no discutera que les cinq preinières raisons données, sans oser toucher au sermon, ou bien on répondra an tout.

Dans le premier cas, je sors victorieux, intact, d’une lutte que j'aurai commencée, et non sans avoir porté au Cercle un coup terrible on insinuant que cette institution a été dénoncée, du haut de la chaire de vérité, pa un haut dignitaire de l'Eglise.

Dans le second cas, sion ne répond qu'à mos cinq premières raisons. sans oser toucher à la sixième, je sors victo:ieux quand même, car j'aurai toujours là :ressourco de dire que si on a réfuté mes Cinq premières raisons on s’est bien gardé de toucher à la sixième, qui alors. passera

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pour l4 véritable et qui, en.me sauvant, ne laissera pas moins le Cercle. gisant sur le carreau, et.mortellement atteint par mon habile insinuation.

Enfin, dans le dernier cas, si quolqu'audacieux pousse la témérité jusqu’à vouloir s'attaquer à ma sixième raison,immédiatement. je crie: au profane ! Je dénonce au public le misérable qni osera.. discuter dans la presse ce sermon que j'invoque, je le signalaux autorités religieuses et. il pourra se dire mille fois heureux, le plus fortuné des humains, s’il échappe à la censure, à une condamnation qui. devra le faire entrer sous terre. |

Voilà, mon Cher docteur, quel a dû être votre raisonnement, et volontiers j'admets que ce dernier coup, à première vue du moins, est habilement dirigé.

Seulement, léger inconvénient sans doute, l'arme éclate entre vos mains et le.

coup, au lieu de nous tuer, vous inflige de

| crnelles blessures,

J'aborde la question que soulève votre sixième raison. avec toutes les délicateases

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Len 255 ES:

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N qu’elle demande, et jo veux la traitor avec A) cette réserve quo la prudence n’impose:

1 Laissez moi vous dire do suite que je ne qu discuterai pas le sormon prononcé, le jour Er : de Noël, var M. le grand-vicaire Leogaré. ll Il serait sonverainement inconvenant de ma part et je ne me considère pas le droit, dans les circonstances actuelles, d'apprécier publiquement, dans les journaux, cet acte de l’un de mes supérieurs ecclésias- 1. tiques. jé | Le droit canonique indique ‘une toute autre procédure à suivro, ct si quelqu'un a raison de se croire lésé ou injustement désigné par le sermon du grand-vicaire, et qu'il veuille le redressement régulier des torts dont il pourrait avoir à so plaindre, ‘ qu'il s'adresse alors à l'autorité compétente et que, par ‘une dénonciation judiciaire ou pate=“nelle, il la mette en état lil de se prononcer sur la valeur de l'acte : | incriminé. He À | Comme l’a si bien dit Son Excellence le Commissaire Apostolique, dans sa réponse js à l'adresse de félicitations et de bienvenueË ne que lui a présentée le Cercle : ‘‘il doity E mo

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tor avec 1 pose.

ue je ne ; le Jour Logaré.

nant de le droit, d'apprévux, cet cclésias-

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“avoir un moyen dans Y'Bgtiso ensei- ‘* gnante de corriger pareïlle errotr (celle “d’un supériour ecclésiastique). Oui, ‘ Messieurs, nous avons le vicaire de Jésus-Christ, le Pape.

‘ C’est de là que doit venir 1 correetion.

“Elle doit venir d'en’ haut et non d’en ‘bas .”

Mais, mon cher docteur; si je-n'ai pas le droit de critiquer, dans les circonstances actuelles, le remarquable sormon de M. le grand-vicaire Legaré, où prenez-vous

coluï d’en faire l'étrange application quo

nous indique votre lettre explicative ?

Laissez à d'autres cette inconvenance"* qui ne sied nullement, croyez moi, à un bon catholique comme vous, 4 un citoyen posé, à un professeur de Laval

Que les forçats de la plume fassent sous cette sale besogne et qu'ils mendient aïnsi, au prix même de leur dignité ot de leur honneur, les applaudissements dos badauds.

“ La charité chrétienne, la bishadtice ” ne vous permettent pasà vous dE de moyens si compromettants.

Discutons maintenant .quelques objec.

tions que fait tout naturellement. surgir votre sixième raison.

Vouscommencez par référer le Comité du Cercle au sermon de M, le grand-vicaire Logaré.

Le procédé est un peu singulier. D'abo ce n’est pas au Comité à s’astreindre à Ja corvée d'aller déterrer dans un sormon:ce qui a pu vous décider à sortir du Cercle.

Puisque vous aviez poussé la complaisance jusqu'à donner cinq mauvaises raisons, il était de votre intérêt, ce ame semble, d'en indiquer au moins une bonne,

vous fallût-il pour cola, la dénicher dars

le sermon même où vous prélender qu'e prenait asile, * C’est bien bon à vous de ire : ‘ Cherches dans le sermon et vous trouverez.” Si le Cercle eût cherché, il aurait pu tomber sur une raison que vous auriez ensuite énergiquement désavouée et c'eût été travail à recommencor. ( Mais,. mon cher docteur, vous avez ôu du moins vous devriez avoir .4ne raison pour justifier voire étrange conduite, Que

SOËT dien sep de de: |

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Comité ‘and-vi-

Yabo lre à Ja mon ce Cercle.

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Es

n6 ln donnez-vous alors ? Pourquoi aller la cacher dans la demi-douzaine de sujets que l'orateur sacré a traités, le”jour de Noël ? | |

Ce petit jeu ne vous fait pas ‘honneur ; tout au plus dénote-t-il la faiblesse de votre position et l’inanité des raisons que vous nous donnez.

Et puis, dites-le moi, où est-il ce sermon attquel vous renvoyez si complaisamment le Comité du Cercle ?

Voulez-vous parler des extraits qu'en a publiés Le Canadien du 26 décembre ?

Mais quelle confiance peut-on avoir dans un tel rapport, pris sténographiquement dans l’église même, presque dans le sanctuaire ? Les fidèles, scandaliscs sans doute le Ja nouveauté du procédé, ont dû, plus d'une fois, interrompre le travail du sténographe. D'ailleurs, n'est-ce pas ‘un sormon de fantaisie qu'a publié lo Canadien ?: Comment le sténographe ä-t-il pu se permettre de souligner certains passages de ‘ ce remarquable moreeau d’éloquence de: la Chaire ? ?

{lest vrai, d'un autre côté, que voilà

plus de quin£e jours que le Canadien a donné publicité à ce sermon, avec sex passages en italiques ; il y a plus de quinze jours qu’un commentateur de la parole du grand-vicaire, se faisant jour dans la presse, a jeté aux quatre coi :s du pays uno appréciation quasi autorisée ot, dans un communiqué insolent, m'a pas craint de faire une application de ce sermon à certaines personnes qu'il a sufiisamment désignées.

M. le grand-vicaire m'a point protosté,

hi contre ia publication du sermon, ni |

contre de procédé employé pour én accentuer certains passàges, ni contre les commentaires qui en font zne mercurizle dirigée contre certains catholiques.

Ce silence dé M, le grand-vicaire sembleraïit indiquer qu'après tout l'invisible sténographs n’a pas trop mal rapporté les paroles du prédicateur, qu'il 4 proba:

blement souligné les vrais passages qui méritaient, dans la pensée de l’orateur, une attention spéciale, enfin, que les commentateurs de la parole sacrée ont parfitement mis en relief l’idée dominante,

anadien a À 18 significative portée de ce sermon remar-

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A ce point de vue, dont l'importance n'échappe à personne, le compte-rendu du Canadien devrait être considéré comme fidèle.

Le Canadien d'ailleurs est explicite.

Vciciee qu'il dit :

# Notre rédacteur sur le qui-vive s'est préparé alors à prendre des notes sténo:

“ graphiques plus étenducs et il a réussi à ‘© reproduire textuellement tout le reste du ‘ sermon. ”

‘“ Noire reporter n'hésite pas à faire ‘parler l’orateur sacré lui-même parce

‘qu'il est sûr de l'exactitude de son compte ‘ rendu.”

Eh bien ! mon cher docteur, pour les besoins de la discussion, je vais fairo comme vous, comme le rédacteur du Canadien, corme M. le grand-vicaire lui même, je vais admettre l’exactitrndo du compte rendu donné par les journaux du

{sermon prononcé, le jour de Noël, à la

Basilique de Québec.

Votre sixième raison d'abandonner le

Cercie se trouve, parait-il, ‘“ dans la #

ss M

seconde partie ‘de ce remarquable discours.”

Que contient cette seconde partie ?

Je viens de la relire bien attentivément et voici ce que je trouve, Je ne commente pas, je n'apprécie en rien; je constate seulémerit. |

I. L'orateur établit qu'il y a des-difiicultés religieuses au pays, et il en rend responsables un certain groupe d'hommes :

diffé

gro

pa

| frèr ‘ Je:

met

dénc

| amis publ

prov

cath.

insti désig part:

cran M

[TI Il dénonce ce groupe d'hommes comme coupables : 1. de traduire leurs frères en accusation ; 2. de trouver ici une copie exacte des ‘sociétés perverties. de l’ancien monde ; 3. de ne pas se renfermer dans leur rôle de laïques ; 4. de manquer de respect à l'autorité religieuse. :

JIF Après avoir porté cette quadruple accusation contre ce groupe d'hommes, M. le grand-vicaire fait un appel à son auditoire : “Tous ensemble, mes frères, ditil, rallions nos efforts pour IMPOSER SILENCE à quelques voix discordantes."”

M Aie Voilà «: que contient la seconde partie de “ce remarquable discours, ” comme je ? vous l’uppelez, de cette mercuriale, comme vement À dit lé communiqué de l'Evénement.

mio Pour ma part, je vous le répète, je n'ai constate & tucune appréciation à donner. “ La cha. rité chrétienne ” et “les règles de la : E bienséance ”’ me le défendent impériensedes difti- } ment.

en rend R. Pour vous, mon cher docteur, c’est tout rommes ; È différent. Vous n'appartenez pas à ce if groupe d'hommes, perturbateurs de la hommes £ paix religieuse, vils accusateurs de leurs

ire leurs v ici une irties. de nfermer manquer

| frères ; aussi ‘ la charité chrétienne ” et

“les règles de Ia bienséance ” vous permettent-elles de pouvoir impunément dénoncer aujourd'hui vos confrères et vos

amis de la veille et de vous servir de la

publicité pour faire savoir à toute une

province que vous vous retirez du Cercle

uadruple E catholique, parce que, sixièmement, cette hommes, Finstitution a été, sans erreur possible,

el à son ‘ères, dit- | SILENCE

désignée et mal notée dans la seconde partie du remarquable sermon de M. le grand-vicaire Legaré.

Merci.

* En quoi les paroles de M. Legaré peu.

vont-elles s'appliquer au Cerele ? Vous ne le dites pas.

Peu importe laquelle des quatre aceusn.

tions est celle qui nous doive convenir ; détail purement secondaire pour vous, Une prudence de bon aloi ne doit pas d’ailleurs vous permettre de préciser.

Ce qui vous suffit amplement, lé fait principal pour vous, qui domine tous les autres, c’est que le Cercle catholique de | Québec a été dénoncé, le mardi, vingt cinquième jour de décémbre dernier, du | haut de la chaire de toute vérité, dans la Basilique de Québec.

C'est du moins votre impression, c’est ainsi que vous avez compris les paroles de M. le grand-vicaire Legaré.

Il est heureux, croyez moi, que vous voniez dans un écrit public, portant votre signature, attester que c’est là la signitication que l’on doit donner au sermon prononcé, le jour de Noël, à la Basilique. |

Un pareil témoignage vaut son pesant d'or,

aré peu.

Vous ne e ACCUSAonvénir ; ur vous doit pas iser,

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lique de k di, vingt | rnier, du |

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on, C'est aroles de

Je vous l'ai déjà dit, mon chor docteur, l'arme dont vous vous servez éclate entre vos mains, et le coup, au lieu de.nous tuer va vous blesser.

Permetter que je vous enlève cette arme trop dangereuse et que je brise, en même temps et sans effort, votre sixième et der.

nière raison.

Le sermon de M. le grand-vicaire de garé a été prononcé le 25 décembre.

Vous. vous appuyez sur la prétenduo dénonciation que vous y trouvez du Cerele catholique, pour motiver votre départ du Cercic.

Mais vous oubliez une chose essentielle, c'est que vous avez laissé le Cercle avant Noël, avant ie 25 décembre, avant que le sermon eût été prononcé à la Basilique et publié dans la presse.

Il est done complètement impossible que vous ayez pu avoir pour. motif de votre démission, donnée avant le 24 décembre, un fait qui ne s’est produit que le 25.

Votre sixième raison est donc inadmissible ; elle ne vaut rien.

Qu'elle aille rejoindre ses aînées et que

— 58 — + toutes ensemble elles dorment de l'étérnel sommeil dans 10 fossé profond | 1e vons m'avez généreusement aidé à leur creuser.

Peut-être un jour trouveronsmous la raison véritable de votre démarche, celle que vous n'avez .Pas encore voulu faire connaître,

Tout dépendra de votre réponse,

En attendant, veuillez croire que malgré notre divergence d'opinions sur les faits que je viens de discuter, je n’en reste pas moins et avoc beaucoup de considération,

Votre ami dévoué | Pu. Lanpry.

: Villa Mastaï, 10 janvier 1884.

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