‹ Les SlavesChapitre 1 sur 99 · DE COMMINES A JOSEPH DE MAISTRE · texte numérisé non relu

DE COMMINES A JOSEPH DE MAISTRE

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Plua que de mainU écrivains étrangers illustres la lecture de Mickiewicz est précieuse aux Français.

D'abord son génie Idéaliste mais positif , verbal mais sincèrement et activement enthousiaste^ illuminé mais lucide, peut être très aisément compris et aimé comme fraternel. Puis il répond aux aspirations de notre esprit, et de la 'majorité de nos socialistes autant que de tous nos patriotes ; il attise en nous le sentiment d'une mission humanitaire mais propre à notre nation, donc précise. Il nous rappelle à nos ardeurs les plus pures, aux leçons les 2^lus hautes de notre histoire et aux élévations

radieuses de notre littérature : parlant, on peut dire prêchant aie Collège de Finance près de Michelet et de Qumet sous la monarchie de Juillet, il professa contre le matérialisme comriuDi à la bourgeoisie industrielle et au socialisme, économiste trop préoccupé de cette conquête du bien-être qui attira à la même époque l'indignation étincelante d'un autre polonais, Rrasinski <^K

En ce sens, son Cours ait Collège de France s'impose utile à la formation d'ime conscience fratiçaise. Ce n'est 'point par^ce quil apporte une méditation nouvelle, si noble, si grave; mais il fortifie en nous le désintéressement ardent et expressif, l'idéalisme altruiste, le mysticisme — plus ou moins celtique — des patriotes de notre race et en particulier de nos 2^ ères de la Révolution. Il s'accomplit œuvre française tout en s'attestant la déclaration d'une âme essentiellement polonaise. Elle est très importante dans notre littérature cary rédigée en finançais, elle mérite de rester comme un exemple d'éloquence française par l'ordre latin de la syntaxe, Vampleur enveloppante de la périodcy la netteté et l'éclat

( 1) Correspondance avec 'ReQ\e, publiée avec une introduction du professeur KaUenbach de Lwow, chez Delagrave, Paris^ 2 vol, (de premier intérêt).

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des ùnagetf, la chaude propriété des termes, Vintimité de l'accent, la clarté du timbre et pour mieux dire la pureté du feu. Célébrons encore une beauté de simplicité, une verve qui s entretient de la confiance à la fois dans son idéal et dans son auditoire , V aisance d' une âme ho?inête, chevaleresque et démocratique, la dignité, la mémoire fière et sobre des terribles épreuves. Le lyrisme des grands cœurs humains a une vertu internationale : pour nous révéler Vâme slave, le poète polonais Mickiewicz parle en français, et V y voilà grand écrivain !

Emu, vous serez tôt eut rainé, saisi pa)- le ton d'Adam Mickiewicz. Vous le reconnaissez vite : u C'est u?i prophète ! » Il triomphe en lui une sorte d'autorité sacerdotale, mais en même temps une douceur logique de simplicité égalitaire, communiste; Mickiewicz ne domine pas de sa chaire comme un prédicant, il persuade seulement^ il parle au milieu de son auditoii^e et non ex cathedra, avec la franchise poétique de l improvisation. C est qu'il est un prophète

non de religion maia de patriotisme. Et d'un patriotisme strictement démocratique. Il y a certes là de l'évangile^ mais philosophique.

Rien de plus polonais. Son ouvrage est la Somme des traditions de la République de VEsl, de Rey. Kochanoivski, Hoslus, Sharga. Ko7^dechi, Konarshi, Staszic. Ses compatriotes ne sauraient assez souvent méditer son enseignement., relire quotidiennement quelques-unes de ses pages.

Grande œuvy^e poétique s' exalte et se dévoile cette série de volumes de prose. Mickiewicz a fait d'un « Cours » une épopée ! Epopée spirituali'^te, récitation haute, pure, chaude et radieuse comme un vaste poème qui s'apparente à ses Aieux, au Roi-Esprit de Sloioacki et à la Comédie non divine de Krasinski.

Elle développe un symbolisme rayonnant d'une intense ferveur religieuse comme les Paroles de Lamennais. Elle est si sincère, si vibrante de l'expérience personnelle et des souvenirs du drame de l' insurrection polonais^

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