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LA MISSION POLONAISE DÉFINIE PAR UN ROI

Entre la famille de Jagellon et la race de Wasa,

(1) Longinus, dit Mickiewicz, a formulé la philosophie du système des Jagellons, et tous ses successeurs Tadoptèx-ent et les développement dans leurs compositions historiques.

qui doit lui succéder et continuer son œuvre ou du moins la défendre, le roi Etienne se présente comme l'idéal d'un roi patriote. Les anciens Jagcllons suivaient la politique de leur maison par tradition ; le roi Etienne semble l'avoir embrassée par le mouvement de son cœur. Il aima la Pologne, il s'y attacha, et il s'efforça à réaliser tontes les idées historiques de la politique polonaise. Juste et miséricordieux comme les anciens Jagellons, il les surpassait, s'il se peut, en désintéressement : car il n'était, comme il le disait lui-même, ni Polonais ni Lithuanien ; étranger, il avait épousé la République ; et son désir unique était de la rendre forte et glorieuse. Sa politique consistait à combattre la barbarie, à n'avoir ni paix ni trêve avec les ennemis de l'Église et de la liberté, et à se sacrifier tout entier à la grandeur et à la gloire de son pays...

... C'est la mode aujourd'hui do parler des missions de certains hommes, de certaines nations ! La Pologne peut montrer des preuves historiques et littéraires que, même dès cette époque reculée, les génies supérieurs de la nation comprenaient, sentaient parfaitement la mission providentielle qui lui était confiée.

... Il y a des rapports mystérieux entre les grands génies politiques et littéraires. Le poète Kochanowski resserableau roi Etienne: l'un et l'autre sont

Slaves par le sentiment et par la nature de leur génie; ils reçurent l'éducalion européenne; hardis novateurs, mais sages, connaissant la mesure des ressources dont ils disposaient, ils cherchaient à discipliner, l'un la république, l'autre l'art slave, et à les rendre européens. Amoureux de leur pays, Batory et Kochanowski ne furent ni obéis, ni écoutés pendant leur vie, ni appréciés après leur mort.

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