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LE GÉNIE SLAVE

Chez les Slaves, l'instinct divin, le génie, le Diich est développé à un degré peut-être plus haut que chez aucun peuple : de là vient cette sympathie pour tout ce qui est religieux, profond et élevé, cette préoccupation constante du passé et de l'avenir, cette négligence du présent. Les Slaves ont beaucoup d'imagination, mais ils sont, sous le rapport de l'intelligence, infiniment inférieurs aux peuples germaniques et celtiques. Jamais la masse de la nation slave ne s'ébranlera pour un système philosophique : nous ne voyons dans son histoire aucune grande action qui ait été produite par la pensée.

Les poètes slaves, toutes les fois qu'ils veulent créer des genres pour lesquels il faut une intelligence développée, sont obligés de renier leur

(1) Tome UI, p. 109.

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nature, et de déraciner en eux-mêmes le principe divin, cette aspiration de l'homme vers les hautes régions de la poésie. Ce genre n'a jamais réussi chez les Slaves, et probablement il n'y réussira jamais.

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