LA NATURE DANS LES PAYS SLAVES
L'art emploie mille moyens pour réveiller dans l'âme des Occidentaux l'instinct du merveilleux. Chez nous, la nature seule y suffit. Cette nature vierge, majestueuse et sauvage, qui déploie chaque jour des splendeurs nouvelles et des horreurs nouvelles, a un double caractère de sainteté et de sublime terreur. Je vous ai lu la description des aurores boréales et des tempêtes de la Pologne, qu'un voyageur français, Vautrin, appelait la patrie des ouragans.]^, voudrais par des strophes poétiques, pouvoir vous rendre leffet des vents du Nord, de ces terribles vents qui, en s'élançant des plateaux de l'Asie centrale, font mugir nos
(1) Tome V. p. 108.
forêts, et parfois les renversent et les dévastent. Le peuple y entend les hennissements des chevaux invisibles, montés par les esprits des anciens conquérants mongols et lithuaniens.
• La voix d'une telle nature ébranle les organisations les plus fortes, et. semblable à la trompette de l'archange, elle rappelle à la vie les esprits les mieux morts. Tout vrai paysan slave est spiritualiste.