‹ Les SlavesChapitre 71 sur 99 · EMERSON · texte numérisé non relu

EMERSON

D'après le système psychologique des philosophes polonais, l'intelligence est rangée parmi les facultés inférieures de l'âme. Un philosophe américain, lui aussi, assigne à l'intelligence une place inférieure. M. Emerson croit ainsi que le germe, le centre de toute action, est l'âme. Cette âme agit soit par Y Uitelligflnce, soit par le sentiment : elle crée une philosophie, une poésie. Mais, dans son action inférieure, elle apparaît d'abord comme prudence ; elle s'élève à peine au-dessus de la brute ; elle devient plus tard philosophie : elle s'élève peu à peu vers la poésie, qu'Emerson place au-dessus de la philosophie ; et, enfin, elle devient sagesse. Ainsi, dans l'échelle de l'humanité, les hommes prudents occupent la dernière place ; viennent ensuite les hommes Intelligents ou intellectuels ; puis les 'poètes ; et. enfin, les vernis sages. Emerson croit que, comme dans la nature, les forces, les fluides,

a) IV, p. 178-179 et 217.

que nous appelons impondérables, tels que le magnétisme, la lumière et l'électricité, ne sont que des forces matérielles plus subtiles et mieux dégagées ; ainsi l'intelligence de Thomme n'est autre chose qu'une force matérielle de ce genre, élevée à une troisième ou quatrième puissance. L'âme de l'homme peut s'emparer de la terre, de la vapeur, de l'électricité, de l'intelligence, l'employer à ses fins ; mais elle doit s'élever vers ce qu'il appelle l'àme universelle, c'est-à-dire vers Dieu...

Emerson n'est pas partisan des écoles philosophiques de l'occident ; il les combat, et il les tourne même en ridicule. Il ne paraît appartenir à aucune des sectes de l'église établie : c'est un philosophe pratique, une espèce de Socrate américain.

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