COMMINES
Commines nous donne une idée encore moins avantageuse de la noblesse française, à cette époque, que Longinus ne nous en fournit une sur celle de la Pologne,
Commines, d'abord serviteur des ducs de Bourgogne, entré plus tard au service du roi de France, ressent quelque sympathie pour Tancien ordre féodal. Il a besoin d'avoir un suzerain, mais on chercherait vainement dans son attacheil; II, p. 14. 18.
ment la sincérité et la naïveté d'nn Joinvilie ol d'un Villehardouin. Il ne croit pas au féodalismc; il croit peu à la tradition ecclésiastique ; il sépare déjà la politique de la morale. Ses prédécesseurs expliquaient tous les événements par l'action immédiate de la Providence ; lui, il voit la raison de ctiaque événement et la cause définitive dans les passions et les intérêts des individus. Il admire surtout Thabileté. Il s'attache à la personne de Louis XI, à cause de son habileté. On a dit de lui qu'il produisit des hérétiques en politique, Il commence réellement une grande hérésie dont le signal est la séparation de la politique et de la morale...
... Le seigneur de Commines, qui avait employé sa vie au service des intérêts du moment, qui ne voyait rien au-dessus du pouvoir royal dans la sphère morale et rien au-dessus de l'habileté dans la sphère politique, mourut dans la disgrâce. Disgracié, il jugeait avec aigreur le présent, lui qui avait été toute sa vie le serviteur des intérêts du jour.