CHRISTIANISME ET SOCIALISME
Avec le Christianisme, l'exaltation devint uu élément social. Il y eut aussi, dans l'antiquité, deS hommes exaltés : des Pythagoréens, des sectateurs d Epictèle, qui, ne trouvant pas dans l'état des choses d'alors un élément au milieu duquel ils pussent vivre et progresser, se séparaient de la société et cherchaient à se frayer des roules nouvelles. Le Christianisme ouvrit pour toutes ces exaltations partielles une nouvelle sphère d'action: il créa un monde où l'esprit exalté pouvait trouver une nourriture et une base ; c'est sur ce principe que se formèrent les couvents, les chevaleries, tous les ordres militaires et religieux. Or, vers la fin du XV* siècle, cet état de choses changea ; l'esprit religieux, l'esprit d'exaltation, qui avait déjà pénétré dans les sociétés particulières, au lieu de faire un nouveau mouvement d'expansion et de pénétrer dans la société politique, sembla
(X) III, p. â43-244.
de nouveau devoir être refoulé dans l'âme des individus.
De cet état de choses, que faut-il présager pour l'avenir? Les couvents et les chevaleries, et toutes les sociétés fO'ndées sur des sentiments moraux, toutes les sociétés sorties du Christianisme et étroitement liées avec lui, doivent-ils disparaître de la terre ? croit-on que la société humaine, en reniant l'exaltation, ne se dirigera désormais qu'en vue des intérêts matériels ? mais ce serait supposer la destruction du Christianisme.
Nous sommes convaincus que cet esprit d'exaltation chrétienne est destiné à une action plus vaste qu'il n'a eu jusqu'ici, qu'il est appelé à ranimer la société politique, et sera reconnu comme source des lois nouvelles. Alors ces individus monstrueux, poussés par leur sentiment en dehors de la société actuelle, tous ces hommes qui ne trouvent plus dans la sphère ordinaire de la vie assez d'air pour respirer, rentreront dans une société analogue à leurs natures; alors la marche aventureuse et souvent destructive deS individus sera réglée, chacun ayant trouvé sa destinée.
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