‹ Les SlovènesChapitre 10 sur 10 · Plus de 70 ans · texte numérisé non relu

Plus de 70 ans

Avant 1840.

Écrire et lire .

Lire seulement.

Ni lire ni écrire.

Mais les proportions ne sont pas égales dans toutes les provinces. On peut relever, au point de vue de Tétat de culture dans les différentes régions, qu en Istrie et en Carintlne les chiifres sont des plus défavorables, parce que dans la première le gouvernement provincial aux mains des Italiens a tout à fait négligé les écoles, tandis que dans la seconde les écoles slovènes sont principalement supprimées par les Allemands. Dans la Carinthie, qui a, en tout, 396.228 habitants, il y avait, par exemple, dans l'année scolaire 19 10-11, sur 392 écoles, 3 écoles seulement où l'on enseignait en Slovène et cela pour 82.212 habitants dont 82.046 vivant en masse compacte. Certes, il y a

87 écoles « utraquistes » allemandes et Slovènes dont la langue maternelle n'est plus enseignée après les deux premières années ; elle n'y figure que d'une manière facultative, cest-à-dire, pour la plupart des cas, pas du tout. Le grand nombre d'illettrés ne peut donc pas nous étonner ici. En Istrie il y avait en igio 46,61 p. 100 d'illettrés parmi les Slovènes; en Carinthie 23,26 p. 100; à Gorica 14,75 P- 100 i î^ Trieste 12,86 p. 100; en Carniole 12,46 p. 100; en Styrie 11,54 P- ï^o-

Les écoles primaires. — Cela nous amène à parler de notre état scolaire. Comme le gouvernement autonome de province entretient les écoles primaires, leurs conditions varient de province à province. En Carinthie, en St3'rie, à Trieste, le Slovène est plus ou moins négligé. En Carinthie il y a pour 1.008 habitants une école allemande et pour 27 .404 Slovènes à peine une école slovène. Naturellement il y a un plus grand nombre d'écoles entièrement allemandes ou presque tout à fait allemandes. En Styrie le rapport est pour les Allemands de 1.582 : i. pour les Slovènes 1797 : i, à Trieste pour les Italiens 3. 699 : 1, pour les Slovènes 4. 743 : i, Le rapport serait encore plus défavorable si l'on prenait en considération le nombre des

classes, mais les dates nécessaires manquent dans les statistiques officielles. En Carniole 27.915 Allemands ont 32 écoles primaires (872: 1), les 490.278 Slovènes 381 (1.288 : i). A Gorica (Goritz) le rapport est un peu plus favorable aux Slovènes : aux 154.564 habitants reviennent 202 écoles, tandis qu'en Istrie il n'y a que 32 écoles, la plupart pourvues d'une seule classe, pour 55.134 habitants.

Les écoles spéciales et supérieures. — La

vigilance de l'Etat pour les Ecoles secondaires, les écoles techniques, les écoles spéciales, laisse beaucoup à désirer. Bien que pour le nombre total de la population autrichienne (28.324.940 habitants) les Slovènes représentent I : 22,6 (1.252.334 ; sur 420 écoles secondaires (dites « o-ymnases », « gymnases réaux », écoles réaies ») il n'y a que 7 écoles germano-slovènes. Et ce n'est pas, sans doute, que les élèves Slovènes feraient défaut. En Carinthie, par exemple, il vient un élève allemand sur 232,8 habitants allemands, en Carniole, un Slovène sur 258 habitants Slovènes. Le même passe-droit est visible dans les écoles spéciales ; sur 1.4 17 écoles autrichiennes de ce type, 12 à peine sont Slovènes dont 7 pour les travaux féminins (les dentelles), il reste

seulement 5 véritables écoles techniques. Sur le nombre total de 42 écoles d'agriculture où renseignement dure un an il n'y a qu'une seule école slovène ; sur 88 écoles du même genre où on enseigne pendant un semestre, il n'y a de même qu'une seule école slovène. C'est à peine en ce qui concerne les écoles ménagères, qui n'ont pas le caractère officiel, que les rapports nous sont très favorables (24: 3). Les Slovènes ne possèdent pas d'université.

Si l'on prend en considération ces rapports, on doit admettre que les Slovènes, bien que les autorités compétentes aient négligé leurs écoles, ont, rien que par leur application et par leurs talents, réussi à monter au niveau intellectuel très remarquable où ils se trouvent.

Ici ajoutons un mot sur l'aspect physique des Slovènes. En ce qui concerne la classe d'un à dix ans. nous occupons relativement presque la première place parmi tous les peuples de la Monarchie austro-hongroise ; dans les classes suivantes (de 10 à 30 ans) ce rapport change très visiblement parce que l'émigration accuse des chiffres très élevés (on émigré surtout dans la Province Rhénane et la Westphalie, en Allemagne, et aux Etats-

— »5 — Unis d'Amérique). Ces rapports s'améliorent plus tard et au delà de 60 ans les Slovènes occupent de nouveau, relativement, la première place. La population slovène est saine de corps et d'esprit.

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