IO
Carniole .
Trieste .
Gorica . .
Istrie . .
Il va de soi que nous ne donnons pas Trieste comme un facteur compétent et nous ne le citons que pour être complets ; les régions Slovènes de la Vénétie accusent à peu près les mêmes chiffres que Gorica (Goritz) ; celles de la Hongrie à peu près les mêmes que la St)'^rie orientale . Il faudrait ajouter que le froment, nécessitant une plus forte chaleur, est relativement plus abondant dans les parties Slovènes que dans les parties allemandes de la Styrie et de la Carinthie ; tandis que, pour le seigle, les rapports sont inverses. Le froment gagne en extension vers le Sud. Le seigle est la principale céréale utilisée pour le pain dans le Nord et disparaît presque complètement au Sud ; l'orge gagne en extension en partant du
Nord vers le Sud ; l'avoine y perd dans la même proportion que le seigle ; la culture des pommes de terre est surtout florissante en Carniole. La culture du maïs ne date que des temps les plus récents ; elle est caractéristique pour les pays situés plus au Sud et doués d'une chaleur plus forte. A Salzbourg on ne la connaît pas du tout; dans la haute Styrie et dans le nord-ouest de la Carinthie, elle n'est pratiquée qu'en très petite proportion, mais ensuite les plaines labourées à cet usage commencent à croître rapidement et arrivent à prendre sur le littoral un tiers à deux cinquièmes du terrain cultivé. Nulle part dans la Monarchie, il n'est, en proportion, cultivé comme ici (Bukovina par exemple, 24 p. 100 — Dalmatie, 29 p. 100 — Hongrie, 21 p. 100 — Croatie, 31 p. 100). Sur un hectare on gagne en moyenne 13 quintaux de froment, un peu moins de seigle, 15 quintaux d'orge, 12 quintaux d'avoine et ainsi de suite. Les chiffres ne sont pas si élevés que dans la région des Sudètes ou en Allemagne, mais dans les derniers temps ils ont fait des progrès rapides. Les légumes secs prospèrent partout, ainsi que le chanvre et le lin, bien qu'en moindre proportion. La culture des légumes, pratiquée partout, va toujours croissant, et offre des résultats remar-
quables. principalement dans la Styrie orientale.
Mais le labourage des champs ne suffit pas à nourrir la population : la farine doit être importée. La grande richesse en forêts supplée à cette lacune. Le bois est, en quelques endroits, la principale matière d'exportation, — viennent ensuite les plaines — prés ou pâturages — qui servent à l'élevage du bétail. Le tableau suivant va nous relever ces faits.
On a compté par exemple en l'an 1910 :
Par Par Par
Nombre I 000 Nombre l ooo Nombre l ooo absolu. habit. absolu. habit, absolu, habit.
Styrie . . . 683 000 474 837 000 580 87 000 60
Carinthie. . 222000 563 186000 470 71000 181
Carniole . . 227000 432 177000 338 24000 46
Littoral . . 139000 155 112 000 125 219000 245
L'élevage des bêtes bovines sert surtout à la production du lait et des produits accessoires ; il donne lieu également à une forte exportation. L'élevage des porcs donne tous les jours des résultats de plus en plus appréciables. En Carniole seulement, le nombre des porcs s'est élevé, dans la période décennale 1900-19 10, de 64,4 p. 100. L'oviculture accuse une tendance opposée, phénomène commun à toute l'Europe
centrale. Le chiffre important des brebis mérite d'être signalé dans la Carinthie ainsi que dans le Littoral, où le nombre en est plus élevé dans le Sud croate que dans le Nord Slovène. Le petit chiffre surprenant des bœufs et des porcs dans le Littoral, doit être attribué au caractère méditerranéen de cette région.
En général, on rencontre le Slovène dans le champ labouré, le pâturage et les bois. Il s'occupe tout particulièrement du labou= rage, de l'élevage du bétail et de l'économie forestière, jusqu'à 60 p. 100 en Styrie et en Carinthie, 65-70 p. 100 en Carniole ainsi que dans le comté de Gorica et en Istrie. La diminution constante de ces chiffres est la conséquence du progrès réalisé par l'industrie.
L'industrie du bols, — Les abondants matériaux forestiers dont nous avons déjà parlé, ont offert depuis longtemps une des sources les plus importantes aussi bien pour le commerce que pour l'industrie. La stérilité de la région du Kras (Carso) a été causée par l'exploitation irrationnelle des marchands vénitiens ; dans toutes les autres régions on a conservé et observé une meilleure économie, puisque non seulement les forêts appartenant aux grandes propriétés mais aussi les petites
forêts des paysans, sont cultivées avec soin — surtout dans les derniers temps — et exploitées selon les méthodes modernes. La richesse en forêts et les conditions favorables de l'exportation par Trieste et Rijeka (Fiume) ont posé les bases d'une importante industrie du bois en Carniole, en Carinthie et en St3'rie.
Il existe aussi en Carniole, à l'heure actuelle, plus de 60 scieries à vapeur et environ 800 scieries hydrauliques.
Dans les scieries, on emploie surtout les bois de sapin et les bois tendres (les pins, les pins sauvages, les mélèzes) ; pourtant la plupart des fabriques de parquets peuvent s'alimenter en bois de chêne chez elles. Le hêtre, qui croît en abondance, est employé surtout comme bois à brûler et comme charbon \
Le hêtre s'emploie aussi dans les fabriques modernes de meubles faits de ce bois, pour les productions de qualité supérieure (les meubles d'exportation en pays méditerranéens). Les industries du papier et de la cellulose de bois, représentées par plusieurs fabriques, et la tonnellerie pratiquée surtout comme industrie
I. La Carniole produit annuellement 120.000 mètres cubes de bois de charpente dur, 300.000 mètres cubes de bois de charpente tendre, plus de 500.000 mètres cubes de bois dur à brûler, et 100.000 mètres cubes de bois à brûler tendre.
domestique, trouvent également des matériaux en abondance à proximité de leurs sièges. Une branche toute spéciale, très prospère même au moment actuel, est la confection d'ustensiles pour l'agriculture, et pour la cuisine, que l'on pratique comme une industrie domestique aux alentours de Ribnica (Reifnitz). Les objets sont exécutés en bois de sapin, de tilleul et d'érable.
L'exploitationdesmines. — De rares couches de minerai de fer combinées avec une production abondante de charbon de bois, rendaient possible, dans les temps antérieurs, l'avènement des petits points florissants de l'industrie métallurgique (Zelezniki - Eisnern , Kropa , Trzîc-Neumarktl, Kamnik-Stein) qui ont formé les points d'appui pour les entreprises de grandes industries actuelles en Kropa (la fabrication de clous en coopérative), Trzic-Neumarktl (ustensiles en fer, faux, faucilles, pioches, etc.), Jesenice-Assling (forges de fer, rouleaux). La fabrication des armes de Borovlje (Ferlach), en Carinthie, est bien connue.
Si la nature n'a que très pauvrement pourvu de fer les pays slovènes, elle les a compensés par d'importantes couches de lignite qui sont exploitées en Trbovlje (Trifail) , Zagorje
(Sagor), Kocèvje (Gottschee) et Johannistal, par des entreprises en grand V
Idria, avec ses mines de mercure, jouit d'une renommée mondiale. Avec son extraction de 800 tonnes par an elle occupe la deuxième place en Europe, et elle prend part pour 50 p. 100 dans la production mondiale. On extrait du plomb et du zinc à Raibl, à Pliberk (Bleiburg) et autre part, dans les plus grandes quantités.
La pittoresque vallée de Bohinj (Wochein) fournit la terre alumineuse, dite Wocheinite, matière servant à l'extraction d'aluminium ou d'alun.
L'argile de poterie abonde partout, mais elle est façonnée particulièrement dans les régions de Ribnica (Reifnitz) et Kamnik (Stein) , pour la vaisselle qui pourvoit aux besoins^ surtout à ceux des localités et des économies rurales situées au Sud. Le défaut de conditions de perfectionnement fait que cette industrie attend encore une évolution dans le sens d'amélioration et de raffinement. Peut-être la bonne volonté de l'État et des gens du métier dans la province, réussirait-elle à être couronnée de succès, avec le temps, dans cette branche.
L'industrie qui approche de plus près la
I. La production annuelle du lignite donnait en 1914 un total de 5.500.000 tonnes, rien que dans la Carniole.
poterie, c'est-à-dire l'industrie verrière, est représentée par une verrerie à Zagorje (Sagor), Les moyens de chauffage très abondants, qu'on a déjà mentionnés, facilitent l'essor de la tuilerie, de l'industrie des poêles en argile, du charbon à brûler et du ciment. Dans la Carniole seule, ces industries sont représentées par plus de dix fourneaux pour la fabrication des tuiles, et plusieurs fabriques pour le ciment et pour la chaux.
Par rapport au caractère agricole du pays, les industries chimiques sont assez bien représentées, telles que l'industrie des cuirs et des souliers à Trzic(Neumarktl), Ljubljana, Kranj (Krainburg), la brasserie à Ljubljana, la distillation de l'eau-de-vie, la production de l'huile de lin, l'extraction de la cire d'abeilles. La fabrique de tabac d'État à Ljubljana doit être mentionnée comme une des plus grandes dans son genre.
L'énergie des eaux. — Les abondantes énergies des eaux favorisent les progrès de la scierie et de l'industrie des moulins ; on les utilise aussi pour les entreprises électriques pourvues d'un outillage moderne, à la production de la lumière et de l'énergie électriques. Dans cet ordre, il faut mentionner surtout les centrales de
la transformation de l'énergie dans l'usine métallurgique de Jesenice (Assling), dans la filature de Trzic (Neumarktlj et les fabriques de cuir au même endroit ; ensuite la toute récente centrale de la province de Carniole à Zavrsnica avec un maximum de 3.000 chevaux-vapeur. Il y a encore une série d'usines centrales locales avec une moindre énergie, et dans beaucoup de villages perdus dans les montagnes le pauvre agriculteur prolonge ses journées avec la lumière électrique.
Au total, selon les données du bureau hydrographique central, dans la Carniole seule, de la région du cours de la Save supérieure, peuvent être utilisés cent mille chevaux-vapeur, ce qui est une force suffisante pour alimenter l'industrialisation de toute la province.
Les sources de chaleur et d'énergie électrique ont permis à l'industrie textile de prendre racine. C'est à elles que nous devons la fondation des grandes fabriques textiles de Ljubljana, Trzic (Neumarktl)en Carniole, Ajdovscina (Haidenschaft) dans le comté de Gorica, Vetrinj (Viktring) en Carinthie. Nombre de fabriques de chapeaux de paille trouvèrent surtout à Domzale et aux alentours un terrain bien préparé par l'industrie domestique antérieure.
Les points de ralliement. — Toutes les industries dont on a parlé trouvent leurs points de ralliement à Trieste et à Rijeka (Fiume), les deux portes de sortie des Slovènes vers la mer. L'industrie du bois et celle des tuiles trouvent le meilleur accueil dans ces deux endroits, qui, étant deux ports de mer, ont eux-mêmes une grande industrie d'importation (les raffineries de riz, de café ou de pétrole ; les fabriques d'huile et de savon, les brasseries). Dans les chantiers est concentrée l'industrie des machines, qui ne prospère pas trop à cause de la concurrence excessive.
Les communications, qui s'améliorent constamment par la construction de nouvelles voies ferrées, ainsi que les conditions géographiques si favorables, nous font espérer une industrialisation croissante, dans les provinces habitées par les Slovènes. Elle ne peut être que hâtée par l'industrie touristique, florissante en plusieurs endroits de la Haute Carniole qu'illustre la beauté de la nature.
Détails de rorganisation économique. —
Les débuts de l'organisation économique ne doivent pas être recherchés, chez les Slovènes, dans un passé très reculé. Les premières institutions de crédit n'ont été fondées qu'en 1872, sous
— 41 — ■ forme d'associations coopératives répondant au caractère démocratique du peuple. On a attendu assez longtemps avant d'atteindre, vers 1895, une activité plus extensive et plus intensive en même temps, dans le travail social. Les faibles essais d'indépendance économique ont engendré, dans un délai de temps d'une étonnante brièveté, une organisation économique relativement très forte dans laquelle les associations coopératives occupent la place la plus marquante.
Les associations coopératives. — Selon le rapport de la commission statistique centrale de Vienne, il existait, à la fin de l'an 1912, 952 associations coopératives Slovènes, dont 424 en Carniole, 254 en Styrie, 36 en Carinthie, 47 à Trieste et dans les environs, 135 à Gorica (Goritz), 56 en Istrie. Mais pour les résultats d'affaires, nous n'avons des détails statistiques à notre disposition que pour l'année 1910, tandis que les chiffres suivants ont été dépassés de beaucoup, ces dernières années, par l'essor non interrompu des associations.
Parmi les différents groupes des associations coopératives, celles de crédit passent à la première place, comme partout; il y en avait en 1910, 543. — 512 associations ont
donné leurs rapports pour la statistique : associations coopératives de crédit selon le système Schulze-Delitsch io8, caisses de RaifFeisen 404. Les associations de deux systèmes accordaient, en 1910, 46.604.845 couronnes de crédit, parvenaient à un bénéfice de 1.2 15. 556 couronnes et comptaient 164.954 membres. Si on prend en considération le nombre de la population Slovène, on voit quel a été le succès de ces associations de crédit.
Pour 47 associations coopératives de consommation qui ont envoyé leurs rapports (il y en avait en tout 56 en 19 10 selon la statistique officielle), nous avons les chiffres suivants : membres 6.686, ventes 2.968.609 couronnes, profits 116.227 couronnes, pertes 16.407 couronnes.
En 19 10, il y avait 274 coopératives agricoles dont nous n'avons pourtant que 200 rapports. Elles comptaient 21.312 membres, les recettes étaient de 4.744.313 couronnes, les bénéfices de 167 759 couronnes. Le groupe le plus fort parmi les associations coopératives agricoles est formé par les laiteries (leur nombre 97, rapports disponibles 72, membres 8.731, recettes 1.930.739 couronnes, profits 64.012 couronnes, pertes 6.291 couronnes). Viennent ensuite les associations coopératives d'achat
et de vente (nombre 71, rapports faits 55, membres 8.914, recettes 2.381.563 couronnes, profits 57.898 couronnes, pertes 3.740 couronnes), 62 associations coopératives pour rélevage du bétail, 33 associations coopératives pour la culture des fruits, et des associations coopératives de mise en valeur, 9 syndicats ouvriers et une série d'autres coopératives agricoles.
Moins bien développées sont les associations coopératives industrielles ; dans l'année en question on en comptait 29. 24 d'entre elles ont envoyé des rapports. Le nombre de leurs membres est de 2.136, tandis que les recettes étaient de 1.574.053 couronnes, les profits de 29.025 couronnes et les pertes de 8.280 couronnes. Par ordre de groupe il y avait : 3 associations coopératives de matières brutes, 3 pour les achats, production ou élaboration des matières premières pour l'usage commercial des membres ; 4 de magasin ; i de production ; 3 de travail ; 3 de commerce ; 9 de petites industries électriques et 2 autres associations industrielles.
Il existe 4 sociétés de revision qui en même temps fonctionnent en centrales : l'Union des associations coopératives à Ljubljana (fondée en 1899), l'Union des associations coopé-
ratives Slovènes à Ljubljana (fondée en 1907), l'Union des associations coopératives à Celje en Styrie (fondée en 1883) et l'Union des associations coopératives économiques à Gorica (fondée en 1904).
La plus grande et la plus importante parmi elles, est l'Union des associations coopératives à Ljubljana, à laquelle, à la fin de 1914, 59 1 associations appartenaient comme membres (entre lesquelles 73 croates : 4 en Dalmatie, 69 en Istrie). L'Union avait en cette année un roulement de 79.544.415 couronnes. Les versements étaient de 408.310 couronnes. Tétat des crédits 12.804.125 couronnes, Tétat des dépôts 15.418.777 couronnes, les fonds de réserve de 226.495 couronnes. L'Union des associations coopératives Slovènes à Ljubljana comptait à la fin de l'an 19 10, 177 coopératives — l'Union de Celje (Cilli) 135 — et l'Union de Gorica (Goritz) 80.
A côté de ces sociétés de revision, il y a encore deux unions professionnelles, c'est-àdire une union des laiteries à Ljubljana avec 37 associations membres et une centrale pour l'écoulement des produits de 500 associations coopératives, siégeant également à Ljubljana.
Les caisses d'épargne. — La première
caisse d'épargne à sûreté pupillaire slovène a été fondée à peine en 1869 à Slovenski-Gradec (Windischgràtz) dans la Styrie méridionale. Les trois caisses d'épargne suivantes ont été également fondées en Styrie méridionale.
La première caisse d'épargne slovène qui fut érigée en Carniole a été appelée à la vie par le municipe de Ljubljana en 1889. Aujourd'hui il y en a 17. Les districts respectifs ou les communes citadines ou villageoises, répondent de la sûreté des dépôts. Une seule caisse existe sous forme d'association, à Trieste. Les dépôts ont atteint une valeur suffisante. A la fin de l'an 1 9 1 4 les caisses d'épargne Slovènes accusaient les sommes suivantes :
En Carniole 65.963.338 couronnes.
En Styrie et à Trieste . 10. 17 1.236 —
Total 76.134.574 couronnes.
Les banques- — Exclusivement à l'entretien du crédit hypothécaire et communal, sert la Banque provinciale de Carniole à Ljubljana, érigée par la représentation provinciale de Carniole. L'institution ne travaille que depuis 1912. Malgré sa récente fondation, elle a eu, à la fin de l'an 1914, un roulement de 1 12.076.616 couronnes. L'état des prêts communaux se montait à 6.973.788 couronnes, celui des prêts hypo-
thécaires à 806.054 couronnes, celui des avances sur titres 848 . 6q2 couronnes ; le fond des réserves était de 104.828 couronnes ; la somme de tous les actifs et passifs atteignait 13.520. 193 couronnes. A la poussée de la vie commerciale et de l'industrie servent, à côté des grandes associations coopératives de crédit, deux institutions proprement bancaires : la Banque de crédit de Ljubljana (fondée en 1900) et la Banque Adriatique de Trieste (fondée en 1 905) . La première institution avait, à la fin de 191 2, un capital en actions de 8 millions de couronnes, ses réserves montaient à 848.802 couronnes, ses dépôts à 13.237.170 couronnes, débiteurs 6.315-647 couronnes, lettres de change et traites 6.305.871 couronnes, prêts aux gages 3.493.522 couronnes, portefeuilletitres 2. 242. 484 couronnes, créditeurs 15.130.350 couronnes, immeubles 1. 190. 162 couronnes, bénéfice net 664.476 couronnes. La Banque a des succursales à Split (Spalato), Celovec (Klagenfurt) , Trieste, Sarajevo, Gorica (Goritz) et Celje (Cilli). Dividende pro 19 12, 6 p. 100. La Banque Adriatique à Trieste avait à la fin de l'année 191 2 également un capital d'actions de 8 millions de couronnes, les réserves montaient à 642.283 couronnes, les dépôts à ^6.556.868 couronnes, débiteurs
iS. 018.517 couronnes, lettres de change et traites 7.207.618 couronnes, portefeuille-titres 2. 2 18. 030 couronnes, créditeurs 22.196.575 couronnes, immeubles 670.862 couronnes, bénéfice net 680.246 couronnes. Cette institution a des succursales à Dubrovnik (Raguse), Kotor (Cattaro), Metkovic, Split (Spalato), Sibenik (Sebenico), Zadar (Zara), Opatija (Abbazia) et Ljubljana. Les dividendes pro 1Q12 étaient de 6 1/2 p. 100. La Banque seconde surtout la navigation sur les côtes du Littoral et de la Dalmatie.
En même temps que ces deux Banques nationales, de nombreuses succursales d'autres Banques travaillent, surtout à Trieste et à Ljubljana.
L'échange. — Le commerce se meut principalement dans les lignes profondes indiquées par la nature. Leur importance n'est diminuée que par les perfectionnements récents de la technique, qui aplanit les difficultés du terrain. Une ligne mène de Maribor (Marburg) par Celje (Cilli) à Ljubljana et au delà à travers le Kras (Carso) vers Trieste et Rijéka (Fiume) ; une seconde utilise les vallées de Zilica (Gailiz) et de Kanal en Carinthie ; elles sont reliées par la vallée qui s'étend le long
de la Save supérieure. La ligne Ljubljana- Zagreb est d'une grande importance, mais surtout le morceau Ljubljana-Karlovac (de Croatie) faisant partie de la ligne Vienne- Dalmatie dont on parle beaucoup, en lui attribuant la plus grande signification. Une autre voie toute nouvelle, la voie des Karavankes, mène du bassin de Carinthie, bravant toutes les difficultés du terrain, vers Trieste. Comme voie de communication entre la Styrie, la Carinthie et le Tyrol, fonctionne la voie Maribor-Franzensfeste, qui suit pas à pas la Drave, L'automobilisme prend, grâce à la solidité parfaite des routes, un essor tous les jours grandissant.
Les centres du trafic. — Les plus grandes localités sont situées dans les points centraux du trafic, qui sont d'ordinaire aussi les centres de l'industrie, parce que celle-ci est favorisée parles bonnes communications. Il n'y a que de rares exceptions là où un don de la nature a provoqué la formation d'une grande localité comme par exemple à Idria, ou encore, là où de grandes forces d'eau sont favorables à la formation d'une ville malgré les faibles communications, comme à Trzic (Neumarlctl). En Carinthie nous avons deux centres de com-
merce : Beljak (Villach) avec 19.000 habitants et Celovec (Klagenfurt) qui en a 29,000. Au point où la route de la Drave se croise avec la grande ligne Vienne-Trieste, se trouve, en Styrie, Maribor (28.000) dont les environs sont entièrement Slovènes. Celje (7.000) est restée une petite ville, Ptuj (Pettau) également (5.000).
Le centre prédestiné de la Carniole est Ljubljana-Laibach (50.000 hab.), le foyer intellectuel et moral du slovénisme tout entier. Toutes les lignes du commerce qui mènent à travers les pays s'y réunissent. Il y a beaucoup d'industrie, un grand commerce, un avenir important. Aucune autre localité de ce pays ne peut être comparée, même de loin, avec Ljubljana ; il n'y en a pas une seule qui compte 10.000 habitants; une seulement dépasse le nombre de 5.000 : Idria. Mais un plus grand avenir semble attendre Jesenice (Assling) dans la Haute Carniole. Novomesto (Rudolfswert) peut-être, en Basse Carniole, ou Postojna (Adelsberg) dans la Carniole intérieure [(là se trouve la célèbre grotte de Postojna qui est un phénomène du Kras (Carso)]. Il faudrait aussi nommer Kranj (Krainburg), Skofjaloka (Bischoflack), Kamnik (Stein), Vipava (Wippach). Au point de rencontre de
la vallée de la Soca (Isonzo) avec la vallée de la Vipava (Wippach) se trouve Gorica (Goritz) — 31.000 Habitants. La population de la ville est à moitié slovène, celle des environs Test entièrement,
Trieste. — Nous l'avons mentionné, nos côtes sont le seul endroit où nous respirons librement. Le point le plus proche est Trieste, des routes et des voies ferrées y mènent. Depuis qu'il a embrassé, dans une de ces dernières années, le golfe de Milje (Muggia), ce port est devenu le plus grand de la mer Méditerranée. Jusqu'ici, Trieste est principalement un port d'importation : café, coton, riz, froment, fruits méridionaux, peaux, ferrailles ; l'importation est envers l'exportation dans les proportions de 7 : 3. Le commerce est fait par douze mille bâtiments pai^tants. et un nombre égal d'arrivants, qui représentent g millions de tonnage brut. La Compagnie principale d'échange est le Lloyd autrichien, avec 65 bateaux à vapeur de 225.000 tonnes qui naviguent pour le Levant, l'Inde, l'Asie orientale, l'Amérique du Sud. D'une fondation toute récente est l'Austro-Amèricana, 27 bâtiments avec 212.000 tonnes. D'autres Compagnies de navicration ont été créées ; elles ont des noms
exclusivement slaves. Au moment actuel, Trieste compte avec les environs 250.000 habitants' dont un tiers est slovène. Il faut ajouter que le nombre des Slovènes s'accroît très vite, non seulement d'une manière absolue, mais aussi relativement. Il n'y a rien en cela d'étonnant, attendu que les environs de la ville sont Slovènes et que leur population est poussée vers le centre urbain par les besoins économiques. Dans ce procès il y a un facteur, qui n'est pas à dédaigner, c'est la conscience nationale slovène qui s'éveille de plus en plus, secondée qu'elle est par l'application au travail et par la capacité intellectuelle du peuple.