ROYAUME-UNI
Les banques populaires telles qu'elles fonctionnent en Allemagne, dans notre pays et quelque peu en France,
(1) Economiste français, 4; décembre 1886.
(2) Economiste français, loc. cit.
4G SOCIÉTÉS GOOPÉaATIVES
n'existent pas, à proprement parler, en Angleterre, ^p Ecosse et en Irlande.
Les banques, et notamment les banques écossaises, dont l'organisation est aussi ancienne que célèbre (1), ont des succursales nombreuses, qui remplissent l'office de banques populaires. La plupart de ces succursales font des avances en espèces aux ouvriers et surtout aux cultivateurs ; le cautionnement solidaire de deux personnes est requis le plus souvent.
Mais il semble qu'jl faille classer parmi les associations coopératives de crédit diverses institutions comme les sociétés de prêts (Loan >-ocieties) faisant à des ouvriers associés des avances supérieures aux secours ou subventions que leur accordent en certains cas les sociétés de secours mutuels (Friendly societies) et les sociétés professionnelles (Trade Unions).
; Au dire de M. Ludlow, Beglstrar gejieral des sociétés anglaises, sur 250 sociétés de secours mutuels non enregistrées il y a quelques dix ans, et fédérées en une union centrale des sociétés de secours mutuels de Newcastle et de Gateshead, il y en avait 160 c[ui pratiquaient le prêt et recevaient les dépôts (2).
Nous n'avons pas eu l'occasion d'étudier de près les Building societies anglaises, dans nos voyages aux Iles Britanniques, mais cette institution a passé les mers ; elle a pris une grande extension aux États-Unis d'Amérique, oij il nous a été donné, en 1876, d'en examiner avec attention le mécanisme.
Nous en dirons quelques mots au paragraphe suivant,
(1) Banques populaires, par Francisco Vigano, 1875, tome I, p. 141-
(2) Hubert Yalleroux, îoc. cit., p. 170.
assez pour faire partager notre avis, qui est aussi celui de M. Ern. Brelay (1) et de M. Georges Picot, membre de l'Institut (2), savoir : les Building societies rentrent dans la catégorie des associations coopératives de crédit.
Or, d'après le relevé de 1 884, dressé par le Begistrar gênerai^ M. Ludlow, on comptait alors dans les trois royaumes 2,134 sociétés de ce type; 1,667 d'entre elles comptaient 544,526 associés; 1,910 sociétés avaient reçu dans l'année 22,105,829 liv. st. Le capital-action de 1,919 d'entre elles s'élevait à 33,604,840 liv. st. ; la somme en dépôts divers à 16,349,347 liv. st.
Les bénéfices de 1,446 Buildîricj societies atteignaient 1,778,422 liv. st.
§ 9. — ÉTATS-UNIS d' AMÉRIQUE
"^^M. A. Raffalovich a fourni dans V Economiste français ■du 4 septembre 1886 des renseignements intéressants sur les Building societies de New- York, Boston et Philadelphie. Nous croyons inutile de les reproduire ici.
Nous nous bornerons à insister sur ce point : on est d'accord, en Amérique, pour ranger les sociétés de ce type parmi les associations coopératives de crédit.
• Dans son remarquable manuel des Building associations, M. Edmond Wrigley prouve facilement par l'histoire de ces sociétés, qui remontent là-bas à un demi siècle, et par les faits présents, qu' " une Building association n'est „ pas une société construisant (building), mais en réalité „ une caisse mutuelle d'épargnes et une association de
(1) Economiste français, loc. cit.
(2) Un devoir social et les logements d'oun'iers, par Georges Picot, membre de l'Institut, p. 188.
„ prêts, basées sur les principes stricts de la coopération „ (1).
Gela n'empêche pas que ces associations peuvent utiliser et utilisent souvent les épargnes accumulées à des prêts remboursables par annuités et servant à la construction de maisons.
Il y avait, en 187 G, à Philadelphie, plus de 500 de ces associations possédant un capital de 125 millions de francs.
Importées à cette époque dans le Massachussets, elles y sont déjà au nombre de 35, avec 68,000 actions, 10,000 actionnaires et un capital de 12 millions.