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CHAPITRE XIV

La production par la coopération de consommation.

Il est naturel que, dès que les sociétés de consommation sont parvenues à un certain degré de développement, elles songent à produire. Et ce but se trouve curieusement indiqué par le nom qu'a pris une des plus grandes et des plus récentes sociétés de consommation, la Production de Hambourg.

Elles y songent d'abord uniquement dans le désir de faire des économies et de se procurer à meilleur marché, en les produisant elles-mêmes, les articles que jusqu'alors elles achetaient chez le producteur. Elles l'ont la réflexion bien simple qu'après s'être approprié le bénéfice du marchand de détail, puis, par le magasin de gros, celui du marchand de gros, elles pourraient encore s'approprier celui du fabricant en se faisant elles-mêmes leurs fabricants. Dès lors, saisissant le produit à sa naissance, elles atteindraient les dernières limites du bon marché.

Ce n'est pas seulement pour le plaisir de réduire au minimum leui' prix de revient que les sociétés

de consommation aspirent à produire, c'est parce qu'elles comprennent bien que c'est seulement par ce moyen qu'elles pourront transformer l'organisation économique. Soit qu'elles s'inspirent du programme collectiviste, la socialisation de tous les moyens de production ; — soit qu'elles restent fidèles au vieil idéal du socialisme associationiste, l'abolition du salariat; — soit enfin que, sans abolir le salariat, elles se proposent seulement d'affranchir les salariés des prélèvements exercés sur eux par les maîtres de la terre et les capitaines de l'industrie, en tout cas elles sentent le besoin de saisir ou du moins de contrôler la production. Ce serait s'arrêter à mi-chemin et faire œuvre nécessairement tronquée et inefficace que de se borner à distribuer conformément aux lois de la coopération des richesses qui continueraient à être produites conformément aux lois de la concurrence.

D'ailleurs, sur ce point encore, les humbles tisserands de Rochdale avaient admirablement aperçu et désigné d'avance du doigt cette conséquence ultime de l'association coopérative de consommation. Qu'on se rappelle les articles du programme que nous avons cité (page 21), et notamment l'avant-dernier :

« Sitôt qu'il sera possible, la Société procédera à l'organisation de la production... dans son sein et par ses propres moyens. »

Cette ambition n'est pas facilement l'éalisable pour une société aussi longtemps qu'elle reste isolée, car, si forte soit-elle et quel que soit le nombre de ses membres, il lui est difficile de trouver dans son propre sein un débouché suffisant pour faire vivre une fabrique de chaussures, de savons, de draps ou

dt' colonnades. Il n'y a guère que les productions de ménage, celles qui autrefois et encore aujourd'hui dans les campagnes se font à la maison, d'abord le pain et la pâtisserie, puis aussi la charcuterie, les confitures', la confection des vêtements, etc., qui puissent être tentées avec succès par une société composée de quelques centaines, voire d"un millier de membres.

Mais, du jour où les sociétés de consommation sont fédérées pour l'achat et offrent un bloc de plusieurs millions d'acheteurs comme en Angleterre, ou seulement de quelques centaines de mille comme en Suisse, elles peuvent aborder sans peur la grande production. La création d'une Fédération d'achats ou Magasin de gros est doiic l'étape préliminaire quasi indispensable, et nous avons signalé déjà comme un de ses principaux avantages celui de rendre possible la production.

Le Magasin de gros des sociétés anglaises, unique en son genre, phénomène économique le plus curieux peut-être du xix'^ siècle, a déjà fondé 18 fabriques qui produisent les articles les plus variés (farine, beurre, lard, biscuits, bonbons, confitures, conserves, pickles, chocolat, tabac, cigares et cigarettes, savons, bougies, chaussures, vêtements, laine et coton, lingerie, corsets, bonneterie, brosserie et mobilier) représentant une valeur globale de 145 millions de francs. 11 a une usine pour la préparation du lard (bacon) en Danemark, une pour la production du suint (de laine de mouton) en Australie, une quaran-

1. Ces trois l)ranches de production semi-domestique sont les seules jusqu'à présent qu'aient abordées les sociétés de consommation françaises.

taine de laiteries en Irlande. Le Magasin de gros écossais ne produit que la moitié environ : 56 millions. Les deux ensemble plus de 200 millions de francs. En plus, la production des sociétés coopératives de vente au détail qui produisent par leurs propres moyens, au nombre de plus de 1 100, s'élève à un chiffre presque égal : 195 millions de francs. C/est donc un gros total de 400 millions de francs qui sont déjà produits par les sociétés de consommation, isolées ou fédérées, de la Grande-Bretagne (tous ces chiffres se réfèrent à 1908 ').

Sans doute ce chiffre, si respectable soit-il, ne représente pas encore le quart du total des marchandises consommées par les coopérateurs anglais. Ils ont donc encore de la marge avant de produire, conformément à leur programme, tout ce qu'ils consomment!

A vrai dire, il est certain qu'ils ne pourront jamais y arriver, car il faut penser que la plus grande partie des produits consommés par eux sont :

1° Des denrées alimentaires, pain, viande, lait, beurre, fruits, légumes, etc. ;

2o Du combustible, c'est-à-dire du charbon;

1. Tuuk'lois plus de la iiioilié do ce chiiïre représente la production du pain et de la farine qui en France n'est pas classée dans la production proprement dite.

Dans ce total ne sont pas compris les articles produits par les associations de production autonomes qui sont au nombre de 120 et dont le chiiïre d'aiïaires est évalué à 78 millions (je dois avertir d'ailleurs que les chillres sont très divers selon les statistiques, parce que la définition qu'on donne de l'association de production varie). Si on veut l'ajouter au cliitrrede la production des sociétés de consommation, le grand total de la production coopérative anglaise approche du demi-milliard. — Voir le Rapport de 1909 de la Coopcralive Union, pp. 17 et tili.

'S° Des denrées exotiques, thé, sucre, café, cacao, épices de toute nature, pétrole.

Par conséquent, pour pouvoir produire tout cela, il faudrait au préalable que les coopérateurs devinssent non seulement propriétaires agriculteurs et miniers dans leurs pays, mais propriétaires-planteurs dans les colonies. Evidemment ils n'en sont pas encore là. Mais ils en prennent le chemin. Non seulement, comme nous Tavons déjà vu (p. 14H), ils achètent des domaines et s'essayent au métier d'agriculteur, mais même ils ont acheté à Ceylan une plantation de thé, ils ont projeté lâchât de terres à blé au Canada, et depuis plusieurs années étudient l'achat d'une mine de houille.

La production agricole semblerait une des premières désignées à l'activité des sociétés de consommation, car ce qu'elles consomment surtout ce sont évidemment les denrées agricoles. Quoi de plus naturel qu'une société qui vend tous les jours farine, vin, beurre, fromage, légumes, fruits, etc., cherche à produire tout cela sur ses terres? Et quelques-unes l'ont essayé en elï'et. Il y a en Angleterre 86 sociétés de consommation qui ont acheté ou affermé un peu plus de 'i OUU hectares de terre (1 300 hectares achetées, 2 700 affermées) pour y faire de la culture, et parmi elles naturellement la Wholesale, qui, sur son grand domaine de l^oden (130 hectares), acheté en 1896. produit des fraises, groseilles, tomates, etc. En somme, il y a déjà bon nombre de coopérateurs anglais qui se régalent de leurs tomates et de leurs fraises et dégustent /e«/' propre thé.

Mais ces essais sont restés rares et, somme toute, peu rémunérateurs: en 1008, le revenu global, déduc-

tien faite des pertes, a été de 340 000 francs, ce qui fait environ 85 francs par hectare, c'est-à-dire ne représente guère que le prix de ferme pour celles des terres qui sont affermées. 11 ne semble pas que les sociétés de consommation, composées généralement d'employés ou d'ouvriers des villes, aient les aptitudes requises pour faire de l'agriculture. Il semble plus avantageux pour elles de traiter avec des associations coopératives agricoles spécialisées pour la production du beurre, du vin, etc. K

D'autre part, les associations coopératives autonomes pour la production agricole sont fort rares par tout pays. En Angleterre, on en compte deux seulement (farming societies) exploitant 190 hectares de terre affermées qui ont donné 11 400 francs de revenu, dont 6 900 représentent le prix de ferme; il ne reste donc que 4 500 francs de bénéfice, soit 23 francs par hectare. C'est encore moins brillant.

Quant aux associations agricoles à objet spécial comme l'achat d'engrais ou semences, ou la vente de certains produits agricoles, tels que beurre, primeurs, etc., elles ne sont pas nombreuses en Angleterre (150 environ); elles sont très nombreuses et ont brillamment réussi en d'autres pays, Danemark,

1. Si les sociétés coopératives de consommation ne réussissent guère à cultiver la terre elle-même, ne pourraient-elles du moins faciliter à leurs membres l'acquisition de terres — par exemple eu France en utilisant la loi dite Ribot, de 1908, qui ouvre un crédit de 100 millions pour l'acquisition de propriétés de moins de 1 hectare, et en Angleterre les lois dites des small holdings et des allotinents (1887-1892-1907)? Déjà, dans les deux pays, des sociétés spéciales ont été créées pour faciliter l'application de la loi en servant d'intermédiaires (en France elles sont même exigées par la loi) mais pourquoi pas des coopératives? En Angleterre deux ou trois sociétés de consommât ion ont commencé à s'en occuper directement.

LA PRODUCTION PAR LA COOPF.RATro.N 221

France, Allemagne, et même en Irlande, mais elles ne rentrent pas dans le cadre de cette étude.

En s'engageant dans la voie de la production. les sociétés de consommation se heurtent non plus seulement à l'entreprise privée, mais à une autre forme d'entreprise coopérative, Yassocialion ouvrière de production, qui prétend que ce domaine lui appartient. Et ici surgit un conflit d'attributions qui est certainement le problème le plus important et le plus difficile à résoudre de tout notre sujet, car il touche par ses racines au fond même de la science économique : à qui appartiendra le profit ravi au capitaliste : sera-ce au travailleur ou au consommateur?

L'étude de l'association coopérative de production ne rentre pas dans le cadre de ce petit livre, mais tout le monde sait qu'on désigne sous ce nom un groupement d'ouvriers d'un même métier qui produisent par leurs propres moyens certains articles, ou exécutent certains travaux, pour répartir entre eux le prix de vente de ces produits ou de leur travail. Ce sont des entreprises de vente au public , semblables à n'importe quelle entreprise patronale, mais avec cette différence capitale que le patron est ici éliminé et remplacé par une petite république, dont la constitution d'ailleurs comporte les types les plus variés.

On sait également que cette forme particulière de l'association coopérative a suscité de grands enthousiasmes, particulièrement en France et durant la révolution de 1848, mais aussi en Angleterre avec les « socialistes chrétiens », et a été regardée pendant toute une génération comme la vraie solution de la question sociale.

Enfin, ajoutons que, sans avoir réalisé les grands résultats qu'on attendait, iout de même ces associations se développent d'une façon continue et ont obtenu, dans divers pays et notamment en France, quelques succès éclatants dont le Familistère de Guise, la maison de peinture Leclaire (aujourd'hui Redouly et Valmé), l'association des Charpentiers de Paris, sont les plus connus.

Gela étant, on comprend que ces associations do production, qui avaient déjà assez à faire de lutter contre les entreprises patronales, ne soient pas très satisfaites de voir les sociétés de consommation venir chasser sur le terrain qu'elles croyaient leur être naturellement réservé'. D'autant plus qu'elles aussi ont la même ambition : accaparer la production en employant pour cela précisément le mômc^ moyen que les sociétés de consommation, c'està-dire en se fédérant pour supprimer la concurrence et pour mieux vendre ce qu'elles produisent - — de

1. 11 est amusant de Auir en France combien les sociétés de production tiennent en petite estime les sociétés de consommation. Le journal officiel des associations de production donnant, il y a quelques années, le compte rendu d'une entrevue avec M. Doumer à propos du projet de loi sur les sociétés coopératives, rapportait ainsi les paroles de M. Ladousse, directeur de l'association de Tajjissiers et aujourd'hui président de la Cliamhre Consultative : - M. Ladousse, interrompant M. Doumer, exprime l'avis que les sociétés de consommation ont une action sociale fort limitée et qu'elles ne peuvent être considérées que comme un moyen d'améliorer la situation matérielle de l'ouvrier en lui procurant des marchandises et en particulier de l'épicerie à meilleur compte (]ue dans le commerce ».

2. Cette Fédération des sociétés coopératives de production existe déjà en France sous le nom de Chambre Consultative, et il y a même eu une tentative, qui n'a pas abouti jusqu'il présent, pour créer un magasin de vente.

même que les autres se sont fédérées pour mieux produire ce qu'elles consomment.

Ces prétentions paraissent donc incompatibles et il semble que. la lutte pour la vie pourra seule décider laquelle de ces deux organisations rivales — la production par les associations de producteurs, ou la production par les associations de consommateurs — devra remporter.

.4 priori, il n"est pas facile de se prononcer entre les deux systèmes, car chacun des deux fait valoir contre l'autre de fort bons arg-uments.

Écoutons d'abord les partisans du système de production par des associations autonomes — ce qu'on appelle parfois le système individualiste, quoiqu'il s'agisse non d'entreprise individuelle, mais par l'association. Ils disent :

1" Des associations de producteurs doivent être, par définition même, plus compétentes en fait de production que des associations de consommateurs. Confier la production aux consommateurs c'est demander à des gens qui ne savent rien de faire tout : c'est abolir la loi de la division du travail et de la spécialisation des fonctions et compromettre tous les progrès économiques qui en ont résulté. L'expérience nous montre d'ailleurs que le consommateur est un personnage passif, inerte, routinier, qui ne suit que de mauvaise grâce les progrès techniques, mais n'en prend jamais l'initiative. Tout ce qu'on appelle « les créations », dans l'industrie et les modes, vient des producteurs.

^2" Des associations coopératives pour la production peuvent seules espérer réaliser l'émancipation de la classe onvfièri^ par l'abolition du salariat : elles

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seules peuvent permettre aux ouvriers de devenir leurs propres patrons et de toucher l'intégralité du produit de leur travail. Au contraire, la coopération de consommation en absorbant la production ne fera que perpétuer le salariat, car les ouvriers au service des sociétés de consommation ne se trouvent pas dans des conditions différentes de ceux employés par un patron quelconque ou par une grande Compagnie. Ils sont et resteront toujours des salariés. Il est vrai qu ils seront des salariés au service d'autres ouvriers. Mais qu'y gagneront-ils?

Est-ce comme indépendance? Ceux qui ont quelque habitude des sociétés coopératives savent qu'un ouvrier trouve encore plus désagréable d'avoir pour maître un de ses camarades qu'un bourgeois.

Est-ce comme salaire? Mais il ne touchera rien de plus que chez le patron, mettons si l'on veut, que chez un bon patron. Il n'aura nullement l'intégralité du produit de son travail puisque sur les produits de son travail sera prélevée une part égale à celle qui va au patron sous le nom de profits, avec cette seule différence qu'elle ira aux consommateurs sous le nom de bonis. Voici un ouvrier employé à fabriquer des chaussures qui en produit pour une valeur marchande, disons de 2 000 francs. Qu'il soit chez un patron ou au service dune société coopérative de consommation, dans les deux cas il ne touchera que son salaire, disons 1500 francs, tandis que dans une association de production autonome il toucherait en plus le profit.

Mais, d'autre part, les partisans de la production par le moyen des consommateurs fédérés (c'est le système que les Anglais appellent fédéraliste et

qu'il vaudrait mieux appeler centraliste) ont beaucoup à répondre à ces deux arguments :

1° Il est vrai que le consommateur est incompétent au point de vue technique, mais aussi ne lui demande-t-on pas de faire lui-même son pain ou ses souliers : il est clair qu'il les fera faire par des gens du métier. La loi de la division du travail n'est donc nullement compromise. Le régime nouveau aurait seulement pour elTet de remettre au consommateur la direction et le contrôle de la production. Or le fait d'avoir pour directeur un homme qui n'est pas du métier n'est pas nécessairement pour une entreprise une cause d'infériorité. Ce n'est pas là un paradoxe : pour bien diriger il est nécessaire de savoir ce que l'on veut et où l'on va, mais il n'est pas indispensable de connaître les procédés techniques d'exécution, à plus forte raison n'est-il pas nécessaire de savoir exécuter soi-même '.

Il faut avouer que dans l'état économique actuel le consommateur se montre peu apte à exercer la royauté économique qu'on veut lui décerner. Mais les gens, qu'ils soient consommateurs ou non, ne font rien tant qu'on ne leur demande pas de faire quelque chose. Or ce n'est que d'aujourd'hui qu'on commence à faire sentir au consommateur ses droits et ses responsabilités. Les Ligues d'acheteurs, constituées depuis quelques années aux Etats-Unis et

1. Voir, dans VAlmanack de la Coopération française de 1904, un très judicieux article de M. le professeur lluinbert sur les Compétences. 11 cite fi Pappui de cette thèse une preuve curieuse trouvée dans les statuts d'une société coopérative de production de Sens, la Laborieuse, association de cordonniers r|ui ont décidé que le gérant ne serait jamais pris parmi les cordonniers! De fait, c'est un ouvrier typographe.

LES SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES. lo

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qu'on vient de créer en France, en sont une preuve très frappante. L'entrée des consommateurs associés dans le domaine de la production sera le meilleur moyen de faire leur éducation économique et sociale.

2° Il est vrai que la société de consommation, lorsqu'elle produit elle-même, n'abolit pas le so/arm/ et qu'en cela elle ne réalise pas le rêve des socialistes français de 1848. Mais du moins elle abolit le patronat capitaliste et au fond c'est là tout ce qu'ils voulaient. Les ouvriers employés par une société de consommation ne sont pas simplement au service de leurs camarades, comme le disaient tout à l'heure les critiques; ils peuvent et doivent devenir membres de la société s'ils ont l'esprit coopératif. Alors, travailler pour une société dont on fait soi-même partie, cela ressemble beaucoup à travailler pour soi-même : en tout cas c'est un état bien différent de l'ancien salariat et — ceci est à noter — pas très différent de l'association coopérative de production, car celle-ci elle-même se trouve presque toujours dans la nécessité de recourir à une main-d'œuvre salariée.

Il est vrai qu'en apparence l'ouvrier employé par une société de consommation ne touche que son salaire et non l'excédent qui est versé dans la masse et réparti ensuite entre tous les consommateurs sociétaires. Mais on ne réfléchit pas que si l'ouvrier est lui-môme membre de la société de consommation et s'il y dépense la totalité de son salaire de 1 500 francs, il touchera dans la répartition des bonis loO ou 200 francs et se trouvera par là dans la même situation que l'ouvrier membre d'une association de production, à cette seule différence près qu'au

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lieu de toucher le profil en qualité de producteur il le touchera en qualité de consommateur. Or qu'il touche dune main ou de l'autre, que lui importe'?

D'autre part, les l'édéralistes déclarent dédaigneusement que l'association coopérative de production autonome sera toujours impuissante à réaliser une transformation sociale de quelque envergure telle que l'abolition du salariat, quelle pourra seulement élever de quelques crans de petits groupes d'ouvriers, les faire passer de la condition de salariés à celle de petits associés, mais que ces entreprises dispersées, sporadiques, n'apporteront aucune amélioration à la classe ouvrière. Bien pis! elles l'affaibliront en drainant les individualités plus énergiques ou plus intelligentes. Et l'histoire de l'association coopérative de production prouve cette impuissance. Qu"a-t-elle fait, même en France, sa terre natale, depuis plus de soixante ans? Elle est arrivée à grouper 16 ou 18 000 ouvriers et à faire pour une cinquantaine de

1. Croit-on ijuil touclierait beaucoup plus dans l'association de production? Nullement! Nous voyons par exemple qu'en 19US, en Anf:leterre, les 1U3 associations coopératives de production autonomes ont vendu pour 54 millions de francs de marcliandises, sur lesquels elles ont touché 2 010 000 i'r. de profit (déduction faite de 50 000 Ir. de perte). Cela ne donne pas même 4 p. 100: donc, dans l'exemple ci-dessus de l'ouvrier cordonnier ])roduisant une valeur de 2 000 fr., ce serait pour lui 80 fr. Pour la France les chilfres généraux des bénéfices ne sont pas connus, mais nous les avons pour quelques sociétés spéciales. Or, bien rares celles où le dividende atteint 10 p. lOO du salaire. A l'association des peintres dite Le Travail, qui est une des plus prospères, les dividendes distribués au dernier exercice (1907-100!^) ont été de 57 313 fr. pour ."573 000 fr. de salaires, donc juste 10 p. 100, et encore ces 57 313 fr. comprennent-ils non seulement les dividendes aux travailleurs, mais les dividendes aux actionnaires, lesquels ne sont pas tous «nivrieis travaillant dans la maison.

millions de francs cralïaires, — guère plus en Angleterre et bien moins dans les autres pays.

Le président de la Wholesale, M. Shillito, au Congrès de Doncaster de 19U3, opposait fièrement les progrès de la production par les consommateurs fédérés à ceux de la production par les associations de production autonomes : en effet, si nous prenons la période 1892 à 1908 (nous remplaçons les chiffres de 1902 cités par M. Shillito, par ceux plus récents de 1908), la production des coopératives autonomes s'est élevée seulement de 63 à 78 millions de francs, ce qui représente un accroissement de 24 p. 100, tandis que la production des deux Wholesales, anglaise et écossaise, s'est élevée, dans la même période, de 20 à 202 millions de francs, ce qui représente un accroissement de 680 p. 100, autrement dit la production des unes n'a augmenté que d'un quart, tandis que la production des autres a presque octuplé ' !

Et en admettant même que les coopératives de production puissent se développer jusqu'à conquérir toute l'industrie, que serait une société ainsi cons-

1. Cette comparaison, t'crasanto pour les associations de production autonomes, se trouve cependant un peu atténuée si l'on défalque les meuneries coopératives. Celles-ci ne devraient pas figurer dans les sociétés de production autonomes, ]iarco qu'elles appartiennent à des sociétés de consommation et sont destinées à leur fournir leur farine : au cours de cette décade, elles ont diminué d'importance, parce que concurrencées par les meuneries de la Wliolesale. Cette déduction faite, les ventes des autres industries coopératives autonomes se sont élevées de 29 à 32 millions de francs, soit 80 p. 100 d'accroissement. C'est peu, néanmoins, en comparaison des fabriques des sociétés de consommation.

En Allemagne, la production par les coopératives de consommation, quoique de date très récente, atteint déjà 32 millions de francs, tandis que celle par les coopératives de production ouvrières ne dépasse pas 8 millions de francs.

lituée et de quel esprit serait-elle animée? Uniquement de lesprit professionnel; les intérêts généraux du public seraient sacrifiés aux intérêts corporatifs. Ce serait, tout comme aujourd'hui, le règne de la concurrence et de la chasse au profit, à cette difTérence près seulement quil n'y aurait plus de gros patrons. Le progrès serait bien mince.

Le système dit Fédéraliste a la bonne fortune d'avoir pour lui — rare coïncidence — et les gens pratiques et les socialistes : les gens pratiques {business men), à cause de la supériorité des résultats obtenus; les socialistes, parce qu'un régime social où toute la production serait mise entre les mains de tous les consommateurs associés et où la production, au lieu d'être constituée en entreprise indépendante, serait organisée sous forme de « services sociaux », ressemblerait beaucoup au régime collectiviste. Ce serait déjà « la socialisation des instruments de production » qui figure en tête de tous les programmes collectivistes. 11 suffit d'agrandir indéfiniment par la pensée la Wholesale de Manchester, jusqu'à ce qu'elle ait accaparé toute l'industrie manufacturière et agricole de l'Angleterre, pour que cette grande administration, gouvernant souverainement tout le mécanisme de la production et élue par tous les consommateurs — c'est-à-dire par tous les citoyens, car quel est le citoyen qui n'est pas consommateur? — nous donne une représentation très exacte de ce que pourrait être la société collectiviste, la Démocratie Sociale, comme disent les Allemands.

Voilà pourquoi tous les congrès des coopératives socialistes en France réclament l'organisation de la

production par les sociétés de consommation '. En effet, puisque les socialistes n'assignent à la coopération d'autre but que le but même du socialisme, à savoir transformer la propriété capitaliste en propriété collective, il est clair qu'un bon moyen de s en rapprocher c'est que les coopératives de production deviennent la propriété de tous les consommateurs, ^lais précisément cette perspective est loin de plaire à tout le monde, et c'est à cause de cette ressemblance compromettante entre le coopératisme fédéraliste et le collectivisme, par peur de voir la coopération aboutir au règne de la bureaucratie et de la centralisation, que beaucoup de coopérateurs restent fidèles, malgré ses imperfections, au vieux système, celui de la production par les libres associations de producteurs, isolées ou mieux fédérées.

Faut-il donc nécessairement opter entre les deux systèmes? Nous pensons qu'il faut les prendre tous les deux, non par éclectisme, mais par nécessité. En effet la coopération de consommation ne pourra de bien long-temps produire elle-même tout ce qu'elle consomme — notamment les produits de

1. Par exemple, le Coagrès de SoUeville-lés-Rouen (juillet 1903) :

" Considérant que la Coopération socialiste a pour but les applications intégrales du parti, notamment la réalisation de la propriété collective et la suppression du bénéfice individuel.

<- Engage les coopératives à créer partout où elles pourront des sociétés de production sous forme de services fi'di'raux ou inlerfédéraiix, sous la gestion des organisations ouvrières. »

Seulement cette prétention de la part des coopératives socialistes de consommation d'approprier les coopératives de production a provoqué des iiuerelles avec celles-ci. et notamment la brouille avec les associations vilicoles auxquelles les coopératives socialistes se fournissaient de vin.

LA PROI) 1(711 ON l'AR LA COOPERATION 231

la IciTc, de la nier cL des mines, — alors il y a là un immense domaine qui peut être réservé à l'association de production agricole, maritime ou minière. D'autre part, il y a des branches énormes de l'industrie qui ne produisent pas pour les sociétés de consommation : ce sont celles qui produisent pour les classes riches, et aussi celles qui produisent pour l'exportation, bien des milliards par an. Là aussi il y a place pour lassocialion coopérative de production '. Gomme l'a fait remarquer Vansittart Neale, en supposant que toute la classe ouvrière entrât dans les sociétés de consommation et même que celles-ci en arrivent à produire tout ce qu'elles consomment, ces sociétés ne pourraient employer encore qu'une partie de la population ouvrière. Et \c reste des ouvriers alors que deviendra-t-il?

Il faut donc en arriver non à supprimer l'une au profit de l'autre, mais à les concilier. C'est en elTet cette solution intermédiaire qu'enseigne en France l'Ecole de Xîmes et qui est connue en Angleterre sous le nom de Coparlnership-. Cette école ne veut |)as supprimer les associations de production et ne souhaite pas de les voir absorbées par les sociétés

i. Pourquoi, dira-t-on, les socitHi-s de consoniiiifilida n"arrivcronlelles pas un jour à fnbriiiuer ce qui est deslint' ù la consommation des classes riches ou de l'élrangor? — .Mais alors, si elles produisent pour d'autres (ju'elles-mèmes, pour des non-sociétaires, elles ne seront plus coopératives: elles leront du commerce, de la spéculation — à moins pourtant, en ce (|ui concerne re.xportatioii, qu'elles ne vendent seulement à d'autres sociétés coopératives faisant partie d'une coopérative internationale et auxquelles elles restitueraient les liénédces perçus sur la vente.

2. ("est aussi Topinion d'économistes éminents, comme le professeur Marshall, de (Cambridge, dans son disc(mrs d'ouverture du Congrès coopératif de 18S1).

de consommation. Mais elle estime qu'elles ne pourront se développer et faire de grandes choses qu'autant qu'elles coopéreront avec les sociétés de consommation. Celles-ci doivent prêter appui à leurs sœurs sous une double forme ' :

D'abord comme clientèle. Qu'elles réservent aux associations de production leurs achats pour tout ce qu'elles ne produisent pas elles-mêmes et même, autant que possible, qu'elles s'abstiennent de leur faire concurrence là où les coopératives de production ont réussi. Nous avons dit tout à l'heure qu'en ce qui concerne la production agricole les essais de production directe par les sociétés de consommation n'avaient pas été très heureux. De même, en Italie, les sociétés de consommation qui avaient acquis des vignobles pour faire elles-mêmes leur vin préfèrent aujourd'hui traiter avec des associations vinicoles de propriétaires.

Ensuite comme capitaux. Qu'elles fournissent aux associations de production les fonds que celles-ci ont tant de peine à se procurer, alors que les sociétés de consommation très souvent ne savent qu'en faire (voir ce que nous avons dit ci-dessus de l'emploi des capitaux, p. 95). C'est un placement un peu périlleux, il est vrai. Mais là où les associations de production ont une Banque à elles, ce qui est précisément le cas en France -, en ce cas les

1. Les sociétés de consommation, disait Vansittart Neale au Congrès de 1889, doivent faire pour les sociétés de production •' ce qu'une mère fait pour son bébé, le nourrir, le vêtir el lui apprendre à marcherjusqu'àce (ju'il soit en état d'aller tout seul ».

2. C'est « la Banque des Associations ouvrières de production » qui a été créée par un don de .""iOû 000 fr. d'un disciple de Fourier et qui reçoit déjà les subventions annuelles (jne l'État accorde

sociétés de consommation peuvent leur prêter des capitaux de la façon la plus simple et la plus sûre en versant leur argent disponible en dépôt à cette Banque. C'est ce que fait déjà la Société de gros de notre Union Coopérative.

C'est ainsi que les sociétés de production anglaises, quelque peu écrasées par les Wholesales, sont d'autre part très aidées par les sociétés de consommation qui ne font pas la production. Celles-ci sont les meilleurs clients des sociétés de production et, d'autre part, la plupart des sociétés de production sont commanditées par les sociétés de consommation. La moitié des actions de la société de production de Paisley, le tiers de celle d'Hebden Bridge, les 6/7 de celle d'Airedale, se trouvent entre les mains des sociétés de consommation. Il en est même, comme les sociétés d'Ecosse, dont on ne saurait dire si elles sont indépendantes ou de simples annexes des coopératives de consommation. Mais ceci tient à ce que les sociétés de consommation anglaises cherchent un emploi pour leurs capitaux surabondants '.

aux associations de production à titre de pnHs. — Si les sociétés de consommation avaient de leur côté une grande Banque, comme en Angleterre, ces deux organes pourraient faciliter le transfert des capitaux de la consommation à la production.

1. .Vinsi la Société des Pionniers de llochdale, sur un capital réalisé de 9 millions de francs, n'utilise dans son commerce que 2 250000 francs de fonds de roulement; elle a donc plus de 6 millions et demi de francs disponihles. En admettant ((ue la proportion soit la même pnur les 870 millions de capitaux (actions, réserves ou emprunts) des sociétés de consommation anglaises, cela ferait environ 571) millions de lianes disponibles pour commanditer les sociétés coopératives de production — beaucoup plus que la somme que le socialiste allemand Lassalle demandait ù l'Etat (100 millions de tbalers) pour les associations fiuvrièrés, se faisant fort avec cette somme de réaliser la Démocratie sociale.

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Or il n'en saurait être de môme des sociétés de consommation françaises qui, en fait de capitaux, n'ont guère que ceux qui sont strictement indispensables à leurs besoins ou même les ont trop souvent immobilisés en construction (voir p. 98). Et si elles ne peuvent guère fournir aux sociétés de production Tappui dune commandite, elles ne peuvent guère davantage leur fournir celui de leur clientèle, et cela par la raison péremptoire que la plupart d'entre elles ne vendent que de Fépicerie ou du pain. Oue pourraient-elles donc acheter aux associations ouvrières de production? Voilà pourquoi l'entente entre les sociétés de consommation et celles de production, si souvent préconisée dans les Congrès, est restée jusqu'à présent à l'état de desideratum. On peut citer cependant quelques essais heureux mais isolés. C'est ainsi que la verrerie ouvrière d'Albi, une association d'ouvriers fabricants de sacs en papier à Paris (et en Belgique le tissage de Gand) ont été créées avec des capitaux qui leur ont été fournis en partie par les sociétés de consommation et n'ont plus ou moins réussi que grâce aux achats de celles-ci. Pour soutenir la verrerie d'Albi dans ses débuts, certaines sociétés de consommation avaient même consenti à lui payer les bouteilles à 20 p. 100 au-dessus du prix courant.

Assurément, il y a d'assez graves difficultés pratiques à cette double collaboration, comme M. Cernesson l'a très bien fait remarquer. Si la commandite vient de n'importe quelle société de consommation individuellement pour n'importe quelle société de production individuellement, ce sera développer une production anarchique qui ne vaudra peut-être

guère mieux que le régime de concurrence actuel. D'autre part, si la commandite vient d"un Magasin de gros agissant pour le compte des sociétés locales, alors les sociétés de production se trouveront à la merci de ce formidable client, non moins que les petits fabricants qui travaillent aujourd'hui pour le Bon Marché ou le Louvre.

En effet, ce concours implique nécessairement un contrôle. Les sociétés de consommation, en leur double qualité de principaux clients et de principaux actionnaires des associations de production, exerceront nécessairement sur celles-ci une action prépondérante. Et, quoique cette action puisse être très salutaire pour maintenir dans l'association ouvrière la direction qui lui fait trop souvent défaut, il faut néanmoins reconnaître que ce contrôle pourrait être tel — par exemple, si les sociétés de consommation étaient les seuls commanditaires et les seuls clients de l'association de production — qu'il rendît l'autonomie des associations de production quelque peu illusoire et aboutît à un état de choses très voisin du coopératisme fédéraliste. C'est évidemment dans cette voie qu'on marche en Angleterre, malgré les elTorts de ^'ansittart Neale et de Holyoake durant la génération précédente, et ceux d'Aneurin Williams et de l'école de la Coparlnersliip actuellement. Les sociétés de consommation, arrivées à un bien plus haut degré d'organisation et de fédération que les sociétés de production, étouffent celles-ci plutôt qu'elles ne les soutiennent'. Peut-

1. Ainsi en Angleterre, tout récemment, une des plus puissantes associations coopératives de production, celle des ouvriers en

être aurait-il mieux valu que les Wholesales d'Angleterre et d'Ecosse, au lieu de créer tant de fabriques, eussent employé ces mêmes capitaux à commanditer les associations de production : — peut-être, disonsnous dubitativement, car pourtant il nest pas sûr qu on eût obtenu les mêmes résultats.

Comme conclusion sur cette difficile question, que faire? Laisser la coopération de production et la coopération de consommation se développer librement chacune dans sa sphère, alors même que ces deux sphères sembleraient empiéter Tune sur Tautre : à force de se pénétrer elles finiront par se confondre en une seule.

Remarquez, en effet, que c'est précisément en suivant la loi naturelle de leur développement que ces deux formes de la coopération se rapprochent si bien l'une de l'autre qu'on finit par ne plus guère les distinguer lune de l'autre. Si, en effet, les sociétés de consommation ouvrent des ateliers pour la production de leurs denrées, les sociétés de production aussi peuvent ouvrir des magasins pour la vente de leurs produits. Si les sociétés de consommation accordent à leurs ouvriers une participation aux bénéfices, il y a beaucoup d'associations de production en Angleterre qui accordent à leurs clients

bonneterie de Leicesler, a été achetée par la Wholesale, et par conséquent supprimée en tant qu'association indépendante, pour devenir une simple fabrique de la Wholesale. Les ouvriers-sociétaires ont bien protesté — mais les sociétés de consommation, qui possédaient les deux tiers des actions et fournissaient la plus grosse part des commandes, ont voté la cession à la Wholesale, et les ouvriers-sociétnires (jui ne possédaient qu"un septième du capital n'ont pu empêcher ce suicide.

LA l^ROUUC.ÏION PAU LA COOPERATION 237

aussi une part des bénéfices. Alors supposez, d'une part, une société de consommation qui partage ses bénéfices par moitié entre ses sociétaires-acheteurs et ses ouvriers — et, d'autre part, une société de production qui partage aussi ses bénéfices par moitié entre ses sociétaires-ouvriers et ses clients (qui sont peut-être les sociétés de consommation elles-mêmes) — ne seront-elles pas quasi pareilles '? C'est précisément dans ces deux voies convergentes qu'il faudrait chercher à pousser à la fois les sociétés de consommation et les sociétés de production.

Ainsi ces deux grands mouvements coopératifs, quoique partis des deux pôles opposés, pourront se rejoindre dans une forme supérieure qui, tout en assurant au consommateur le rôle dirigeant que la logique économique lui assigne, assurerait en même temps aux travailleurs producteurs une indépendance supérieure à celle qu'ils ont aujourd'hui et surtout le sentiment très précieux qu'ils se gouvernent eux-mêmes, qu'ils travaillent pour euxmêmes et qu'ils recueillent du fruit de leur travail tout ce qui doit leur revenir. Et la réalisation de cetle synthèse est d'autant plus vraisemblable que ce sont sans doute les mêmes pei-somies qui figureront dans ces deux organisations — mais sous deux faces dilférenfcs.

I. IJi II' ciiii coiicerno la |)ai'li(i|i;ili(iu {it'> ouvriers aux hciiùlii-cs <lan.s les sdciétcs de consoriiiriation, voir lo cliapilre suivant.

Kii l'C <|ui loiicerne la |)arliiipaliou des rlicnls aux béiielicos dans les associalions de productiun, il y a de nomlinuix exemples en Anj;lelerre. D'ailleurs les fraudes Compajinies d'assurance avaient ddum- l'exemple. A Gand, « le Tissage coôpéralil' ■■ aUrilnic 35 p. lUO de ses bénéfices aux travailleurs sociétaires et 25 p. 10(J aux clients.

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