VI MA MIN NADAUD
Constituante, et, après avoir échoué cette première fois, ils firent enfin triompher sa candidature aux élections pour l'Assern* blée législative.
Immédiatement le nouvel élu proposa de modifier la loi de 1841 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique, il démontra la nécessité d'abroger l'art. 1781 du Code civil et les articles du Code pénal relatifs aux coalitions ouvrières, ainsi que l'obligation inquisitoriale du livret, puis il demanda l'achèvement du Louvre, la continuation de la rue de Rivoli, etc. Il prit enfin la part la plus active à l'enquête ordonnée parla Constituante sur la situation des travailleurs dans toute l'étendue de la République.
Arrêté dans la nuit «do 2 décembre, Nfcdaud fut condnit à la frontière belge.
Chassé par la police de Léopold, il se retira en Angleterre, ofc il reprit d'bbovd son métier de maçon, et fhrit par entrer comme professeur dans un pensionnat.
Pendant ce long exil, Nadfcud rerasa deux fois la candidatare dans la Creuse^ ne voulant point prêter serment à l'empire.
Il fut nommé préfet, au 4 septembre, dans son département natal. Mais, à la nouvelle de la capitulation de Paris, il donna sa démission, et commença d'écrire plusieurs ouvrages de littérature et de po-
MARTIN NAÛAUD Vil
litigue. C'est ainsi qu'il a .publié récemment une Histoire des classes ouvrières en Angleterre, et que* dçpuisirois. mois, il lait des conférences puÈiîqnes, trèsHatiivies, très-instructive^ très^pplaudiesy sur la situation! comparée des prolétaires anglais et français.
En G a, travailleur infatigable,, citoyen dévoué, démocrate éprouvé, JVlartin Nadaud al'Aonneur de i siéger en cennoment au conseil municipal de Paris -comme: représentant du quartier du Père -Lachaiee.
Personne ne pouvait écrire avec plus d'autorité que notre nouveau collaborateur ce livre sur- les Sociétés ouvrières, que la Bibliothèque Démocratique se félicite de publier.
La question capitale*, aujourd'hui, c'est l'émancipation de la classe ouvrière. Ge progrès,, au point de vue politique, a été pour partie obtenu par la contacte du suffrage universel. JLa solution économique doitdéfioimaisjûons occuper tout particulièrement.
L'industrie et le commerce sont, en effet, organisés sur des bases absolument contraires à celles qui prévalent dans l'ordre politique, puisque la monarchie, et la monarchie absolue, y est encore la règle.
Dans quelques industries, tout ce que les travailleurs ont pu obtenir, par exception,
VHI MARTIN NÀDÀUD
c'est la monarchie constitutionnelle, à savoir que les ouvriers de certaines professions, groupés en sociétés corporatives, sont parvenus à imposer aux patrons certaines règles, certains usages qui sont comme la constitution de ces industries.
Mais la république, la république démocratique n'existe presque nulle part en industrie, quoique là, comme en politique, elle soit la justice, la logique, et doive devenir la règle.
Le patronat spéculateur, employant des salariés, reste la base de notre organisation économique. Eh bien, à notre époque de démocratie, une pareille situation est une source de conflits et de dangers permanents 1 Pour que le mal disparaisse, il faut une nouvelle organisation industrielle, répartissant les produits du travail d'une façon équitable entre tousles coopérateurs de l'œuvre commune, et en proportion de la part qu'ils y ont prise.
La Société coopérative, résultat des recherches des différentes écoles socialistes, peut seule, jusqu'à ce jour, résoudre ce problème.
Victor POUPIN.