‹ Les sociétés primitives de l'Afrique équatorialeChapitre 1 sur 122 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

ces arriérés, ce rebut de rhumanité, dont l'intellect ténébreux et imperfectible rebute la sympathie, dont les mœurs animales soulèvent le dégoût, dont le génie maladroit décourage tout essai d'éducation. Ceux qui les ont bien connus dans leur nudité native les ont appréciés, j'allais dire « estimés », précisément pour la candeur de leur barbarie et la franchise de leur naturalisme. Ils furent dignes de curiosité et d'intérêt parce qu'ils étaient des âmes vierges, parce qu'ils étaient les témoins actuels de l'humanité des premiers âges, peu de temps, je veux dire quelques centaines de milliers d'années, après qu'elle se fut dégagée des langes de l'animalité pure. Depuis plus de vingt années, je les ai étudiés, au Congo Français, sous tous leurs aspects et dans toutes les régions de ce vaste territoire. Je les ai examinés à tous les degrés de leur progrès, depuis l'homme de la simple nature jusqu'au citoyen des petits royaumes. Je les ai vus, comme en une série de tableaux vivants, incarner l'ébauche des civilisations. J'ai parlé leurs idiomes, j'ai vécu leur vie. J'ai pu ainsi m'exercer à penser leur pensée, autant que le peut faire un esprit très dissemblable du leur.

Je puis donc tenter de retracer l'origine de leurs sociétés comme il me semble bien qu ils 1 ont conçue dans une œuvre spontanée et inconsciente. Il ne s'agit nullement d'ajouter une nouvelle relation à tant d'autres faites par de distingués explorateurs, récits

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