INTRODUCTION VII
incontestablement sincères, mais formés de notes cueillies en passant, de détails localisés, d'anecdotes plutôt curieuses qu'instructives.
Jusqu'à quel point le travail que j'entreprends a-t-il chance de représenter l'histoire générale de 1 humanité vers l'aurore des sociétés.^ Assurément on ne peut admettre l'identité absolue. Plusieurs fortes raisons y contredisent, et, à leur tète, les différences considérables dans la mentalité des races et dans le climat. Cependant on peut rétorquer d'abord que l'homme primitif ne devait pas être extrêmement dissemblable ici ou là ; que, chez les divers spécimens de l'homme à l'état de nature, il semble qu'il doive y avoir similitude de mœurs, d'appétits, de passions. Comme l'atteste l'exhumation des vestiges de la préhistoire, les premiers hommes errants à la surface du globe ne différaient entre eux que par la secrète étincelle enfouie au fond de leur âme et qui devait, ici, devenir un incendie, là, couver indéfiniment sous la cendre. Pendant une immense période de siècles, leur progrès a dû affecter une même courbe, parce qu'il était fonction de mentalités presque identiques. Les écarts ne se sont manifestés qu au bout d'un temps très long. Mais, à partir de ce moment, les divergences sont allées s'accusant sans cesse.
Quant aux climats, assurément ils forment les races sur des moules différents. Mais, en tenant compte des