‹ Les sociétés primitives de l'Afrique équatorialeChapitre 44 sur 122 · EVOLUTION DE LA FAMILLE NEGRE ICJ · texte numérisé non relu

EVOLUTION DE LA FAMILLE NEGRE ICJ

Chez nos Africains, la famille ne se fonde pas par un contrat librement consenti. D'abord, on sait déjà que la famille, organisme indépendant, se tient d'ellemême par les liens d'intérêt qui unissent ses membres naturels ou factices. En second lieu, la femme, physiquement dissemblable à l'homme, et en partie mentalement, n'a pas droit à une égalité, en quelque sorte homologue dans les limites de ses aptitudes propres.

Au sein de la nature rude et indomptée, la force est la loi, l'être fort est souverain absolu. C'est une nécessité et une justice . La concurrence vitale l'impose; l'instinct de conservation l'exige. Il a fallu une longue évolution, un lent dégagement de la matière brute et, pour employer une image platonicienne, une ascension progressive du bas-ventre vers le cerveau, pour faire seulement entrevoir l'utilité sociale des aptitudes tout intuitives et sentimentales de la femme à côté du réalisme rationnel et positif de l'homme. Ce sont deux pôles qui ne se contrarient nullement, mais se complètent.

Dans notre Afrique tropicale, la mentalité féminine n'esquisse point encore son rôle. Le Nègre est aux prises immédiates avec l'âpre nécessité et les besoins cuisants. La chevalerie n'a pas pénétré chez lui. La force est son dieu. Qui la possède a son respect; qui en est dénué mérite son mépris. Aussi n'entrera-t-il jamais dans l'esprit de personne de consulter la femme sur l'union à laquelle on la destine. Tout se passe entre le mari postulant et le père de la

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jeune fille. Celle-ci subit passivement les conditions du marché.

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