ÉVOLUTION DU VILLAGE
L'histoire du village est donc très simple.
a) Fondation. — Il est fondé par un membre dissident d'une famille, qui, pour un motif quelconque, surabondance de population, ambition, caractère indépendant, mésintelligence avec ses parents, se sépare du tronc primitif avec femmes, enfants et esclaves. L'emplacement choisi est celui qui paraît réunir les meilleures conditions à tous points de vue : terrain pour les cultures, eau pour les usages domestiques et la poche; surveillance des routes commerciales, etc. Le choix est libre; la terre ne manque pas. Il suffit, pour éviter les procès — ce qui est prudent au début d'une entreprise — de ne gêner en rien les gens qui auraient des intérêts antérieurs dans le môme canton.
Ainsi la multiplication et la dispersion des villages s'opère par une sorte de gemmiparité. La famille, qui forme comme le noyau primordial du village,
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s'accroît par la naissance d'enfants. Les mâles d'entre ceux-ci prennent femme à leur tour, jettent les bases d'une nouvelle famille. Tantôt ils restent adhérents au tronc primitif; tantôt, et plus souvent, ils se détachent et vont au loin former une nouvelle cellule sociale.
b) Dénomination. — Pour la dénomination, l'usage le plus commun est d'employer le nom du fondateur et chef. Cela est naturel et légitime, puisque le village est bien la chose du chef et. pour ainsi dire, le chef lui-même. Les agglomérations qui doivent leur existence à une heureuse situation géograpliique, tirent généralement leur nom de cette situation même : confluent de deux rivières, rochers, rapides, passage difficile, proximité des Européens, etc. Mais, comme ces agglomérations sont souvent composées de la juxtaposition d'un certain nombre de villages, chacun de ceux-ci rentre, pour sa dénomination propre, dans la règle générale, c'est-à-dire est désigné par le nom de son chef.
Les voyageurs ont à se méfier de la pluralité des noms donnés fréquemment à une même localité par des tribus différentes. Chacun, en effet, envisage les choses avec son génie particulier et les caractérise par le côté qui l'a le plus frappé et qui correspond le mieux à sa tournure d'esprit, sans se soucier s'il sera compris des étrangers.